Andorre-France : comment Didier Deschamps compte relancer la machine

Football

FOOTBALL - Didier Deschamps attend une réaction de champion de la part de ses Bleus, fantomatiques contre la Turquie samedi, lors de l’ultime match de la saison ce mardi soir en Andorre. Une réaction que le sélectionneur veut lui-même provoquer.

En exagérant volontairement, on pourrait dire que l’équipe de France, sacrée championne du monde l’été dernier, tremble avant d’affronter l’Andorre, 134e nation au classement Fifa, ce mardi soir pour le compte de la 4e journée des éliminatoires de l’Euro 2020. Et même en étant plus mesuré, il faut bien constater que les Bleus n’abordent pas ce rendez-vous dans la plus grande des sérénités, après la "belle gifle" - dixit le sélectionneur Didier Deschamps - reçue samedi en Turquie, qui les oblige non seulement à gagner pour reprendre éventuellement les commandes du groupe H (si les Turcs s’inclinent dans le même temps en Islande), mais aussi à le faire avec la manière, étant donné le profil de l'adversaire, histoire de rassurer.

On doit retourner à nos basiques.- Didier Deschamps

Si, comme à son habitude, le coach n’a rien laissé filtrer de ses intentions lors de la conférence de veille de match, en l'occurrence dans les entrailles du petit Stade National d’Andore-la-Vieille, la mise en place tactique effectuée ensuite sur la pelouse synthétique abîmée par les entraînements quotidiens des petits clubs andorrans de football et de rugby, a en revanche montré que le sélectionneur compte modifier dans de très grandes largeurs son onze de départ par rapport à celui de samedi, l’idée étant de sortir certains titulaires de leur zone de confort et de relancer la concurrence dans son groupe.

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Ben Yedder avec Thauvin, Mbappé et Griezmann ?

Ainsi, les deux arrières latéraux Lucas Digne et Benjamin Pavard, particulièrement à la peine en Turquie, céderont leurs places à leurs doublures supposées, Ferland Mendy et Léo Dubois, chargés de créer le surnombre sur les ailes pour écarter le bloc défensif  "très bas" (on cite encore Deschamps) andorran. En défense centrale, le nouvel appelé Clément Lenglet suppléera Samuel Umtiti au côté de Raphaël Varane. Au milieu, Paul Pogba sera cette fois associé à Tanguy Ndombele, et non plus à Moussa Sissoko, catastrophique samedi. Enfin, en attaque, Florian Thauvin prendra le flanc droit, ce qui repositionnera Kylian Mbappé à gauche. Et il se dit même que Wissam Ben Yedder, auteur d’une belle entrée en Turquie, pourrait être aligné en pointe, en lieu et place d’Olivier Giroud, juste devant Antoine Griezmann, pour offrir plus de mouvement.

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Soit six changements sur onze, une proportion jamais atteinte par Didier Deschamps s’agissant de deux rencontres officielles de compétition à trois jours d’intervalle, signe du caractère urgent, à ses yeux, de créer une forme d’électrochoc dans l’esprit de ses joueurs, à quelques heures de leur départ en vacances. Et pour ce faire, le sélectionneur a aussi musclé son discours, les invitant à plusieurs reprises, selon RMC, à "se remettre en question" dans l’intimité du vestiaire.

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Il avait, du reste, exprimé l’essentiel de son message dès le coup de sifflet final de Turquie-France, à chaud au micro de TF1 : "Il n’y a rien à retenir de positif. On n’a pas fait le match qu’il fallait. On n’était pas là. C’est ça, le haut niveau. On va analyser, on a un match qui nous attend dans trois jours. On doit retourner à nos basiques."

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Turquie - France D. Deschamps : "Y'a rien à retenir de positif"

Leurs basiques ? En fait les deux grands principes qui ont toujours défini le mandat de Didier Deschamps sélectionneur : appétit de gagner et solidarité dans les efforts. Car oui, il était utile de les rappeler, de les répéter. Ce qui fait de ce déplacement, a priori anodin, un véritable tournant sur la route des Bleus vers l’Euro. Un match qui devra acter pour de bon le deuil de l’état de grâce post-Mondial, qui les a longtemps portés. Trop longtemps, visiblement.

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