"Il insistait énormément sur les points faibles de l’adversaire" : Solskjaer vu par un de ses anciens joueurs à Molde

"Il insistait énormément sur les points faibles de l’adversaire" : Solskjaer vu par un de ses anciens joueurs à Molde
Football

INTERVIEW - Le PSG s'apprête à affronter Manchester United en huitième de finale de Ligue des champions ce mardi soir à Old Trafford. Thomas Tuchel aura notamment l'occasion de se frotter à Ole Gunnar Solskjaer, son homologue mancunien nommé en décembre dernier. Abdou Karim Camara, qui a évolué sous les ordres du Norvégien de 2011 à 2013 à Molde, revient sur le profil du coach de 45 ans.

Ce mardi soir (21h), le PSG se déplace sur la pelouse mythique d'Old Trafford pour défier Manchester United, quatrième de Premier League, en huitième de finale aller de la Ligue des champions. En difficulté en début de saison sous les ordres du Portugais José Mourinho, les Red Devils ont depuis relevé la tête grâce à l'apport du nouvel entraîneur, le Norvégien et ancienne gloire du club Ole Gunnar Solskjaer. A la tête des Mancuniens, le technicien de 45 ans présente un ratio affolant de 2,82 points/match, pour un bilan de 10 victoires et un match nul en 11 rencontres disputées.

Après avoir coaché les catégories de jeunes de Manchester United, dont Paul Pogba, de juillet 2008 à décembre 2010, et avant son accident de parcours à Cardiff en 2014, celui que l'on surnommait "Baby-faced Assassin" a entraîné avec succès son club formateur de Molde, en Norvège, glanant deux titres de champion en 2010-2011 et 2011-2012. Abdou Karim Camara, milieu défensif sénégalais de 26 ans, a côtoyé le manager de 2011 à 2013 à Molde et a accepté, pour LCI.fr, de dresser le portrait du Scandinave.

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LCI - Quel genre d’entraîneur était-il ?

Abdou Karim Camara - Oui, c'était quelqu’un de très, très proche des joueurs. Il était toujours ouvert au dialogue, il donnait énormément de conseils et d’exemples pour faire progresser ses joueurs. On le voyait rarement s’énerver, crier sur ses joueurs, son staff. Il était proche de nous mais il ne nous surveillait pas non plus. C'était quelqu’un de calme, toujours joyeux. Il faisait des blagues sans arrêt avec les joueurs, était très gentil, généreux. Il veillait à mettre une belle ambiance dans le groupe, dans le vestiaire. 

Il était vraiment ouvert. J’ai vraiment eu de la chance de le côtoyer. Une fois, j’étais blessé et il est très vite venu vers moi pour me soutenir, me parler longuement. Lors de cette période, il m’a lui-même payé le voyage au Sénégal, où je suis allé pendant dix jours pour voir ma famille, me changer les idées et revenir. C’est vraiment quelqu’un qui se préoccupe beaucoup de ses joueurs.

LCI - Quelles sont les principales caractéristiques qui vous a marqué chez lui ?

Abdou Karim Camara - Il était passionné, cela lui arrivait même de s’entraîner avec le groupe, d’être avec nous (rires). Il participait souvent aux séances spécifiques, notamment celles des attaquants, pour montrer le type d’actions à réaliser. Cela ne l’empêchait pas non plus de venir nous donner des conseils, à nous les milieux de terrain, pour nous montrer comment se projeter, attaquer … Mark Dempsey (l'adjoint de Solskjaer, ndlr) s’occupait de nous mais Solskjaer était très souvent à côté pour intervenir sur des petits détails, rectifier quelques exercices pour que cela lui convienne.

Après les entraînements, cela lui arrivait d’appeler les joueurs, discuter avec eux de manière plus approfondie sur les consignes. Avec certains joueurs, il débriefait individuellement les matchs avec eux, notamment un dont il était très proche, Magnus Wolff Eikrem, qu’il avait fait venir directement de Manchester United qu'il avait entraîné chez les jeunes. Dans la préparation des matches, tout était très bien calibré, la vidéo, l’analyse de l’adversaire … Rien n’était laissé au hasard, tout était carré.

LCI - Quel style de jeu adoptait-il à Molde ?

Abdou Karim Camara - On a été champion les deux premières années et dans son style de jeu, il aimait jouer au ballon mais appréciait surtout la vitesse.  Il s’inspire beaucoup de Sir Alex Ferguson mais en parlait très rarement à Molde, il restait focalisé sur son travail. Alors que la Norvège est souvent vue comme un pays où le football est rugueux et peu technique, lui voulait mettre le ballon au sol, tout en allant le plus vite possible vers l’avant. Il cherchait toujours le jeu vers l’avant. Ce qui était intéressant également, c’est qu’il s’adaptait beaucoup aux équipes qu’il rencontrait, il insistait énormément sur les points faibles de l’adversaire. Il produisait du beau jeu mais visait avant tout l’efficacité et mettait beaucoup d’intensité, demandait beaucoup d’efforts.

LCI - A l’époque, perceviez-vous déjà qu’il avait l’étoffe pour entraîner à un échelon supérieur ?

Abdou Karim Camara - Vu la simplicité de la personne, son engagement et le sérieux qu’il dégageait, on pouvait se dire qu’il pouvait aller loin dans son nouveau métier. Quand j’ai vu que cela n’allait plus à Manchester pour Mourinho, et que le nom de Solskjaer est apparu, j’y ai tout de suite cru. Beaucoup de jeunes actuellement en équipe première ont déjà joué sous ses ordres, je pense notamment à Paul Pogba. Il est bien parti pour réussir à Manchester, c’est un style de football fait pour lui.

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