Manchester United-PSG : comment "MU" a fait sa mue

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(R)ÉVOLUTION - Le Manchester United actuel, que le PSG affronte ce mardi soir en huitièmes de finale aller de Ligue des champions, n’a plus grand-chose à voir avec l’équipe en souffrance de la fin 2018.

À chaque tirage au sort de la Ligue des champions, c'est la même rengaine : alors, bon ou mauvais tirage ? Premier du groupe C, le PSG devait surtout éviter, parmi les deuxièmes de groupe sur lesquels il pouvait tomber, l’Atlético de Madrid. Il y a donc eu une forme de soulagement chez les supporters parisiens, à la mi-décembre, en apprenant que leur club de cœur affronterait au printemps (aller à l'extérieur ce mardi 12 février, retour à domicile le 6 mars) Manchester United, cet ex-ogre européen alors en souffrance dans son Championnat (6e, à 18 points de son éternel rival, City).

"Intérim"

Presque deux mois plus tard, tout a changé. Tandis que le PSG n’apparaît plus aussi sûr de sa force, et se présente diminué par la blessure de Neymar, voire celle de Marco Verratti, les Red Devis, eux, se sont refait une belle santé. En janvier, Manchester United a remporté 10 points sur 12 possibles en Premier League, revenant ainsi à deux petits points du 4e, Chelsea. Surtout, il affiche des qualités nouvelles dans le jeu, alliant désormais à une solidité retrouvée une verve offensive plus vue à Old Trafford depuis l'âge d'or des années Ferguson (1986-2013). Tant et si bien que les observateurs tendent maintenant à considérer le club anglais comme le favori du 8e de finale de Ligue des champions à venir.

L'origine de cette transformation est toute trouvée : elle date précisément du 19 décembre dernier, jour où Ole-Gunnar Solskjaer, ex-attaquant (366 matchs et 126 buts sous le maillot des Red Devils) devenu depuis entraîneur de l’équipe réserve, a été nommé en lieu et place de José Mourinho à la tête de l’équipe première. Le Norvégien de 45 ans a été officiellement présenté en tant qu’"intérimaire" (le temps de trouver un successeur digne de ce nom), avant que sa direction n’annonce qu’il restera jusqu’à la fin de la saison, puis qu’elle n’envisage sérieusement de lui laisser les rênes à encore plus long terme.

Solskjaer a redonné vie au Manchester United old school.Jesse Lingard

Même s’il s’en défend, Solkjaer a bâti son succès (neuf victoires et un nul en dix matchs) sur le contraste avec son prédécesseur, jugé trop autoritaire et psychorigide par le vestiaire. "Tout repose sur les valeurs d'une famille. Que vous vous souciez les uns des autres, que vous vous souteniez et que vous vous connaissiez, bien sûr. Kath (la réceptionniste du centre d'entraînement) est la première personne que j'ai vue à mon arrivée. Ensuite, j'ai rencontré le personnel qui travaille ici depuis que je suis joueur. Ils m'ont appelé ‘boss’. Je leur ai dit : ’Arrêtez ça. Je m'appelle Ole. Nous travaillons ensemble depuis tant d'années.’ Je ne voulais pas qu'ils m'appellent boss", a-t-il récemment déclaré. Le distant Mourinho, lui, était appelé "boss".

C’est donc d’abord une ambiance que le nouveau coach a changé. L’attaquant Jesse Lingard, au club depuis l’âge de 8 ans, y voit une forme de recyclage. "Solskjaer a redonné vie au Manchester United old school, a-t-il en effet affirmé dans les colonnes du Telegraph jeudi. Il connaît le club à fond, alors partager ça avec nous, c’était vraiment parfait. On ne peut rien lui reprocher. Il savait tout de suite ce qu’il avait à faire quand il est arrivé. Il a immédiatement été soutenu par les joueurs. Il nous comprend. Il nous a dit qu’il y avait beaucoup d’attente et de pression autour de ce club, mais que nous devions faire avec et jouer comme une vraie équipe de Manchester United."

L'identité de MU, c’est une mentalité de gagnant, vouloir prendre des risques, attaquer pour marquer le 2e, le 3e, le 4e but.Ole-Gunnar Solskjaer

Quand Mourinho exigeait une discipline de fer pour détruire le jeu de l’adversaire (comme une vraie équipe de Mourinho), Solskjaer demande, lui, de l’enthousiasme, de "jouer avec le sourire", toujours dixit Lingard. "Ma conviction, c’est de faire confiance aux joueurs. Croire en leur capacité à bien jouer. Essayer de dominer l’adversaire, gagner de la bonne manière, tel que nous le faisons actuellement. Je leur parle, je leur confie des responsabilités. C’est plus facile pour moi car je connais l’ADN et l’identité du club, je sais ce que c’est d’être un joueur de Manchester United. Cette identité, c’est une mentalité de gagnant. C’est vouloir prendre des risques. Attaquer pour marquer le deuxième, le troisième, le quatrième but parce que c’est comme ça que sont les choses à MU. Si tu ne comprends pas ça ici, alors tu es dans le mauvais club", a-t-il expliqué à Sky Sports.

Authentique symbole de ce renouveau, Paul Pogba, sur lequel semblaient peser tous les atermoiements liés au prix de son transfert (115 millions d’euros, record historique un an avant l’arrivée de Neymar et Mbappé à Paris) et à son incompatibilité avec Mourinho, marche sur l'eau. Repositionné en meneur de jeu, c’est-à-dire débarrassé de toutes tâches défensives, le Français multiplie depuis un mois gestes techniques de classe, percées ébouriffantes et efficacité devant les cages : il est directement impliqué sur huit des 17 buts mancuniens depuis l’arrivée de Solskjaer, dont il dit qu’il lui a "redonné le plaisir de jouer". Son frère Mathias, sur RMC, a tenu à ajouter : "Sa renaissance est due au départ de Mourinho."

Même son de cloche, mais avec d’autres mots, du côté de son coéquipier Anthony Martial, interrogé là-dessus par Sky Sports ce jeudi : "On connaît tous les qualités de Paul. Mais maintenant, il a cette liberté de jouer, je pense qu’on commence à voir jouer le vrai Paul Pogba. Même dans le vestiaire, il parle beaucoup plus. C’est à la fois un leader technique et par la parole. Il va continuer à nous conduire vers de grandes choses." Non, vraiment, ce n’était pas un aussi bon tirage que ça pour le PSG.

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