PSG-OM : pourquoi le "Classico" a encore de l'intérêt

Football

RAISONS - Ce dimanche, c'est le "Classico" entre le PSG et l'OM. Une confrontation que l'on annonce déjà jouée d'avance en raison des déclarations d'André Villas-Boas et du fossé grandissant entre les deux clubs ennemis. Mais c'est oublier qu'un PSG-OM reste un PSG-OM.

Huit ans bientôt. Huit ans que l'Olympique de Marseille n'a plus battu le PSG. Pour revoir l'OM aller droit au but contre son rival historique, il faut remonter au 27 novembre 2011, date du premier "Classico" de l'ère QSI. Ce soir-là, dans un Vélodrome en fusion, les joueurs de Didier Deschamps avaient taloché le club parisien (0-3), alors entraîné par Antoine Kombouaré, remplacé plus tard par Carlo Ancelotti. Depuis ce soir de liesse sur la Canebière, de l'eau est depuis passée sous les ponts. Beaucoup d'eau. Et le rapport de forces s'est déséquilibré. Le club de la capitale reste sur une série de 19 matches sans défaite (16 victoires et 3 nuls). Ainsi, à Paris, les Marseillais n'ont plus connu le succès depuis le 28 février 2010 (3-0). 

C'est à se demander si le résultat du "Classico", programmé ce dimanche 27 octobre (à 21h, en live commenté sur LCI) au Parc des Princes, n'est pas couru d'avance. On en est pas loin, selon le coach olympien André Villas-Boas. "C'est un match totalement différent qui arrive, contre une équipe qui ne fait pas partie de ce championnat, à mon avis, avec tous les investissements effectués depuis des années. Ce n'est pas un match qui compte trop pour moi", a-t-il déclaré après la victoire contre Strasbourg (2-0). "Nos chances ne sont pas trop élevées. Ils jouent un championnat différent du nôtre, ils sont dans une autre ligue." Une façon de démystifier le "Classico" instauré au début des années Tapie/Canal+.

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S'il serait présomptueux d'affirmer qu'il y a encore match tant le fossé entre les deux clubs ennemis se creuse au fil des années, le suspense dû à la nature cette affiche qui sent bon les années 90 demeure. Tout comme l'intérêt qu'elle suscite chez les supporters et amateurs de football.  

Parce que "AVB" rêve de faire un coup au Parc

En la jouant profil bas, Villas-Boas se veut lucide quant aux chances de l'OM de réaliser un "exploit" majuscule chez son rival. "On essaie, on rêve, mais le Classico, c'est du passé", a assuré le Portugais. Il est pleinement conscient que la dynamique actuelle joue en faveur du PSG. Avec ses déclarations tout en retenue, "AVB" cherche aussi à dédramatiser l'enjeu d'une rencontre pas comme les autres. Pour lui, il s'agit d'un match qui vaut trois points et qui n'influera pas le cours de la saison olympienne. 

Pourtant, il se dit, en interne, que cette communication défaitiste n'est pas si marquée. Débarqué cet été, le "Special Two" - son surnom, en référence au sobriquet de son mentor José Mourinho auprès duquel il s'est aguerri - a eu le temps de s'imprégner de la culture olympienne. Il sait pertinemment qu'un "Classico" contre le PSG a une place particulière dans le cœur des supporters de l'OM, qui gardent en travers de la gorge le cycle infernal de défaites entamé depuis maintenant plus de sept ans. S'il calme le jeu, l'ancien entraîneur du FC Porto ne rend pas les armes. Il est déterminé à ramener quelque chose du Parc des Princes. D'autant que son équipe se comporte plutôt bien à l'extérieur avec un seul revers en cinq déplacements (2 victoires et 2 nuls). Et le football est ainsi fait que l'OM peut toujours "rêver"... comme "AVB" l'a lui-même souligné.

Parce que c'est le PSG version QSI "le plus fort"

Mais gare à ce que le rêve ne tourne pas au cauchemar pour les Marseillais, qui ont toujours en tête la "rouste" encaissée au Vélodrome le 26 février 2017 (1-5). Car, en face, le PSG dégage une force rarement vue. Leader de Ligue 1, avec huit points d'avance sur Marseille, 4e, et vainqueur de ses trois premiers matches de Ligue des champions, face au Real Madrid (3-0), Galatasaray (0-1) et Bruges (0-5), le club parisien ne laisse que des adversaires désœuvrés sur son passage. "À mon avis, c'est l'équipe la plus forte depuis huit ans (sept ans, ndlr) que je suis là", a affirmé Thiago Silva, à quelques jours du choc. "C'est l'équipe la plus forte, la plus costaude, la plus solide défensivement. Et offensivement nous sommes prêts."

L'attaque parisienne, portée par Mauro Icardi, Kylian Mbappé et Angel Di Maria, et qui a fait oublier les blessures de Cavani et Neymar, pourrait à nouveau assurer le spectacle après avoir fait vriller Bruges, invaincu depuis le début de la saison. Et si, par le passé, on a pu lui reprocher de prendre certains matches par dessus la jambe, ce PSG version 2019-2020 ne mange pas de ce pain-là. Rivalité historique oblige, les Parisiens veulent poursuivre leur série d'invincibilité. "C'est le 'Classico', on joue au Parc. "On sait que c'est un des matches de la saison pour nous et pour les supporters", a intimé le capitaine brésilien.

Parce que... Kylian Mbappé

S'il fallait une raison pour vous convaincre de suivre ce PSG-OM, elle se nomme Kylian Mbappé. Entré en jeu à Nice (1-4) le week-end dernier, l'attaquant des Bleus a fait exploser la défense des Aiglons (un but et une passe décisive). Le prodige tricolore, frustré de démarrer le banc face à Bruges quatre jours plus tard, a remis ça de manière encore plus spectaculaire en signant un triplé et une passe décisive en 20 minutes. "C'est vrai que je voulais débuter, je pensais que j'allais débuter. Le coach a choisi, il faut accepter", a-t-il déclaré à RMC Sport après son "coup du chapeau" qui a ébloui l'Europe. "Je voulais montrer que c'est difficile de se passer de moi. Je veux me bagarrer pour garder ma place et aider l'équipe." 

Absent lors des deux premières grosses affiches du PSG cette saison, contre Lyon (0-1) et le Real Madrid (3-0), car blessé, Mbappé va troquer sa place sur la touche pour une place de titulaire à l'occasion de la réception de Marseille. L'occasion pour l'ancien Monégasque de lancer, si ce n'était pas encore le cas, sa saison en grandes pompes. Pas sûr que cela enchante vraiment les joueurs de l'OM et leurs supporters. 

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