Robert Pirès : "Thierry Henry doit réparer ce qui est cassé" à Monaco

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COACH TITI - Thierry Henry se lance enfin. Ce samedi à Strasbourg, le nouvel entraîneur de Monaco va disputer son premier match sur le banc du club princier. Une première attendue par son ancien coéquipier Robert Pirès que LCI a pu interroger quelques heures avant la rencontre.

"En tant que n°1, pour moi, c'est le grand saut." C'est à la Meinau, samedi soir contre Strasbourg (à 20h, en direct sur beIN SPORTS), que Thierry Henry va donc effectuer ses grands débuts sur le banc de Monaco. Un premier rendez-vous d'ores et déjà à ne pas manquer pour le champion du monde 98. Nommé entraîneur le week-end dernier, en lieu et place de Leonardo Jardim, limogé alors que l'ASM occupe une inquiétante 18e place de Ligue 1, à quatre points du 17e, l'ancien adjoint de Roberto Martinez avec la sélection belge a conscience qu'il y a "urgence", étant donné la situation dans laquelle se trouve le club de la Principauté.


À quelques heures de ce Strasbourg-Monaco, LCI a pu s'entretenir avec Robert Pirès. Ancien coéquipier de "Titi" à Arsenal et en Bleu, le consultant beIN SPORTS croit en la réussite de son ami pour sa première expérience comme coach. Pour lui, l'urgence est de "redonner confiance" aux Monégasques, qui n'ont plus gagné depuis le 11 août contre Nantes (3-1).

Thierry va tenter des choses avec l'AS MonacoRobert PIRÈS, ami et ancien coéquipier de Thierry Henry

LCI : Robert, vous êtes proche de Thierry Henry. Vous avez joué ensemble à Arsenal et en équipe de France. Que ressentez-vous avant sa première sur un banc de Ligue 1 ?


Robert PIRÈS : J'ai hâte de le voir à l'oeuvre comme les supporters de l'AS Monaco, la presse française et internationale. On a tous envie de voir comment il va positionner son équipe sur le terrain, quelle tactique il compte mettre en place et comment il va manœuvrer son groupe. Je suis impatient de découvrir comment "Titi" va se comporter à la Meinau ce week-end. 


LCI : Ce sera l'occasion d'en savoir plus sur son style. Lors de présentation, il avait indiqué qu'il "s'adapterait" en fonction de l'adversaire. Comment voyez-vous l'ASM jouer avec lui ? 


Robert PIRÈS : Je sais comment il prévoit de jouer, on en avait déjà parlé mais je ne vais rien dévoiler ici. Il arrive à Monaco avec des idées bien précises en tête. Je le connais par coeur. Il a sa propre conception du jeu et il sait la manière dont il souhaite faire évoluer son effectif. Après, cela ne veut pas dire qu'il aura raison. D'ailleurs, lui non plus, il ne sait pas si la mayonnaise va prendre mais, en tout cas, il va tenter des choses. Ça peut faire du bien au football français. 

LCI : On connaît son admiration pour Wenger, Guardiola, mais aussi le jeu "à la nantaise" de 1995. Est-ce que le "patte Henry" ne serait pas un mélange de toutes ces influences ?


Robert PIRÈS : Peut-être bien. Il ne faut pas oublier que "Titi" est un attaquant. Il aime que le jeu aille vite ! Son équipe doit être portée vers l'attaque et jouer pour surprendre l'adversaire. Dans le passé, il a côtoyé de grands entraîneurs, comme Arsène (Wenger) ou Pep (Guardiola). Pendant toutes ces années, il a emmagasiné énormément d'informations. C'est quelqu'un de très intelligent. Il savait déjà, qu'un jour ou l'autre, il serait sur le banc. C'était son objectif. Il a toujours été un petit peu entraîneur sur le terrain. Au-delà de son goût pour le dialogue, il aimait quand ça se passait comme il le voulait. C'est pour ça que je ne suis pas surpris de le voir aujourd'hui reprendre un club comme Monaco, là où en plus tout a débuté pour lui. 

Titi doit redonner confiance aux joueursRobert PIRÈS, ami et ancien coéquipier de Thierry Henry

LCI : Il récupère une équipe en fin de cycle. Va-t-il repartir sur une page blanche ? 


Robert PIRÈS : Il ne faut pas oublier le travail qu'a pu faire Leonardo Jardim ces dernières années à Monaco. Il a réalisé quelque chose d'assez remarquable, un travail qu'il faut saluer. Les gens ont tendance à vite l'oublier parce que, malheureusement, le début de saison n'est pas à la hauteur des ambitions du club de la Principauté. Les dirigeants ont décidé de s'en séparer et de faire appel à "Titi". Il arrive dans un club en chantier. Il faut refaire des choses, rebâtir une équipe. Thierry s'y est préparé. J'ai vu quelques images à l'entraînement où il est déjà proche de ses joueurs. Il les touche, il leur parle. Il a besoin de les rassurer très vite.


LCI : Car Monaco est actuellement en proie au doute...


Robert PIRÈS : Quand vous n'arrivez pas à gagner, que vous perdez ou que vous faites match nul, vous vous retrouvez dans une spirale négative dont il est difficile de sortir. La mission principale de "Titi", c'est de l'inverser et comprendre ce qu'il se passe dans la tête des joueurs. Si l'équipe est si fragile défensivement (13 buts encaissés en 9 journées de Ligue 1, ndlr), c'est justement parce que dans la tête ça ne se passe bien. Thierry doit réparer ce qui est cassé. Il sait qu'il doit leur redonner confiance. Une fois qu'ils auront retrouver cet aspect-là, les joueurs vont enchaîner les victoires et ça ira de mieux en mieux.

LCI : N'est-ce pas déstabilisant, pour lui, de débarquer en cours de saison ? 


Robert PIRÈS : Je le connais bien, rien ne peut le déstabiliser. Il calcule tout, il est malin. Il a tout pris en compte. Par exemple, avant le déplacement à Strasbourg ce samedi, il sait que certains internationaux, comme Radamel Falcao, reviennent d'un long voyage tandis que d'autres ont eu une semaine plus légère. C'est à lui de trouver la bonne équipe, le bon équilibre sur le terrain et enfin la bonne formule pour que les joueurs adhérent à sa méthode et puissent s'imposer à la Meinau. Mais attention il ne faut pas croire que ça sera facile. Ce match va être compliqué. 

LCI : À Monaco, Leonardo Jardim a avalé un bon nombre de couleuvres en voyant partir ses meilleurs joueurs chaque été. Va-t-il devoir lui aussi se plier à cette politique ? 


Robert PIRÈS : C'est une bonne question. Je ne sais pas ce que Thierry a pu négocier avec les dirigeants de Monaco. Jardim a passé quatre saisons sur le banc, a formé une très belle équipe et a participé à l'éclosion de plusieurs jeunes joueurs (Thomas Lemar, Benjamin Mendy ou encore Kylian Mbappé, ndlr). Aujourd'hui, malheureusement, Leonardo a payé ce qui a été fait. C'est aussi simple que ça. Mais je respecte les choix des dirigeants de l'ASM, qui ont établi pour stratégie de vendre leurs meilleurs éléments dès qu'ils reçoivent une très belle offre. C'est comme ça, c'est leur façon de faire. Ce sont eux qui ont le dernier mot. 

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