Avant PSG - OM : ''Marseille peut faire un coup'' à Paris selon Franck Sauzée

Avant PSG - OM : ''Marseille peut faire un coup'' à Paris selon Franck Sauzée

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FOOTBALL – Paris-Marseille, c'est dimanche. Ce classique du Championnat, Franck Sauzée le connaît bien. ll y a pris part en tant que joueur lorsqu'il évoluait à l'OM (1988-1990, 1991-1993). Et c'est désormais avec l'œil de l'expert que l'actuel consultant de Canal+ observe ce match à la saveur unique. Pour metronews, il revient sur ce moment fort de la L1.

A l'heure du PSG version qatarie, d'un Monaco sous pavillon russe, et d'un OM en difficulté cette saison, que vaut encore ce Clasico ?
La rivalité entre les deux clubs existe toujours. Du côté de Marseille, il y a un désir de se réhabiliter par rapport au match aller où le PSG était prenable et jouait en infériorité numérique. L'OM n'avait alors pas su en profiter [défaite 1-2, le 6 octobre dernier, ndlr]. Cette rencontre n'avait pas du tout plu à José Anigo, qui était à ce moment-là directeur sportif. L'attitude des joueurs n'étaient pas en adéquation avec celle qu'ils auraient dû avoir pour un derby. Bref, à Marseille, la motivation sera là. Mais ça ne suffit pas pour gagner un match.

A Paris, ce derby ne semble pas revêtir la même importance que par le passé…
La culture du Clasico est moindre, c'est vrai. Le PSG a des étrangers de très grande valeur, et leur objectif, je pense que c'est avant tout la Ligue des champions. Ils n'ont pas disputé beaucoup de PSG-OM, ils ne connaissent donc pas forcément l'histoire autour de ce match.

''A mon époque, avant le Clasico, on sentait beaucoup d'engouement"

Est-ce encore un Clasico tel que vous l'avez connu en tant que joueur ?
[Catégorique.] Non, c'est incomparable. Car les deux équipes, à mon époque, jouaient le titre. Et il n'y avait qu'une place qualificative pour la Coupe d'Europe des clubs champions, [l'actuelle Ligue des champions, ndlr]. La pression était énorme. On sentait beaucoup d'engouement la semaine avant le match. Il y avait des tentatives de déstabilisation, des petites phrases… Sur le terrain, c'était âpre, c'était musclé, il y avait beaucoup d'engagement. Aujourd'hui, ça s'est normalisé, même si la passion est toujours là.

Qui a le plus à perdre dans ce match ?
Les deux équipes jouent gros. Même si ce n'est pas un match couperet, car il reste encore pas mal de journées, ça reste une rencontre à enjeux. Paris n'a que 5 points d'avance sur Monaco. Marseille, de son côté, se doit de faire un résultat pour rester au contact de la 3e place.

Vous évoquiez les fameuses petites phrases. Que vous inspirent les propos tenus par Florian Thauvin dans le magazine
Surface Le Marseillais a notamment déclaré qu'il n'y avait plus de valeurs au PSG, et qu'il ne pensait qu'à l'argent.
[Hésitant.] Ça ne m'inspire rien. Je ne sais pas trop ce qu'il a voulu dire, dans quel contexte il a parlé… Je me demande si ses propos ont été bien retranscrits… En tout cas, ce que je constate, c'est que les Parisiens n'ont même pas daigné répondre. Ce qui signifie qu'ils sont sûrs de leurs forces.

''Paris est une machine''

Le PSG n'a jamais semblé aussi puissant. L'OM a-t-il vraiment les moyens de l'inquiéter ?
Si Paris joue sur le tempo de la Ligue des champions, c'est clair, il n'y aura pas photo. A l'échelle européenne, ses statistiques sont impressionnantes. C'est une machine qui peut gagner n'importe où, contre n'importe qui. L'une de ses forces, c'est que Laurent Blanc a rapidement trouvé son dispositif tactique : le 4-3-3 est complètement maîtrisé. Les adversaires vont devoir s'adapter. Mais Marseille peut faire un coup et le déstabiliser. C'est vraiment difficile de prévoir l'issue de ce match.

Le club de la capitale n'a-t-il pas un défaut qui pourrait lui être rédhibitoire, notamment sur la scène européenne ?
Le seul risque, c'est que Paris tombe dans la facilité. Ou qu'un de ses joueurs pète un plomb pendant un match.

L'entraîneur olympien, José Anigo, oscille entre le 4-4-2 en losange, très offensif, et le 3-5-2 hyper défensif vu à Saint-Etienne. Quelle option, selon vous, va-t-il choisir contre Paris ?
José Anigo n'a pas de schéma tactique attitré car il a repris l'équipe il y a trois mois à peine. Mais, à mon avis, ce n'est pas anodin d'avoir vu Marseille jouer à Saint-Etienne avec cinq joueurs derrière [1-1, le 16 février dernier, ndlr]. La logique voudrait qu'il applique le même dispositif contre Paris.

L'opposition PSG-Monaco est-elle vouée à devenir la nouvelle affiche majeure de la L1 ?
C'est déjà le cas ! Ce sont deux équipes qui caracolent au sommet du Championnat. Paris fait un parcours exceptionnel, Monaco est remarquable. En termes de points pris, c'est énorme. De toute façon, aujourd'hui, ce sont les clubs qui ont le plus de capacités pour recruter qui font la différence, et qui suscitent le plus d'engouement.  

PSG - OM, dimanche soir sur Canal+, à 21 heures.

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