Ballon d'Or : Griezmann, Mbappé, Varane... pourquoi un Bleu ne l'a t-il pas remporté ?

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REGRETS - Lundi soir, Antoine Griezmann, Kylian Mbappé et Raphaël Varane ont été frustrés par Luka Modric, lauréat du Ballon d'Or 2018. Les trois Français, bien que champions du monde avec les Bleus l'été dernier et favoris tricolores dans cette course au titre suprême, ont payé leurs manques collectifs et individuels.

Ce ne sera pas non plus pour 2018. Vingt ans après le sacre de Zinedine Zidane, Ballon d'Or 1998 et dernier Français à avoir ajouté son nom sur le socle du prix après Raymond Kopa (1958), Michel Platini (1983, 1984, 1985) et Jean-Pierre Papin (1991), la France lui cherche toujours un digne successeur. Aucun Bleu n'a réussi à se hisser sur la plus haute marche du podium, se contentant des places d'honneur tels Franck Ribéry en 2013 et Antoine Griezmann en 2016. C'était pourtant l'année idéale pour les Français, vainqueurs de la Coupe du monde en Russie. Mais, malgré la présence de sept Français dans les 30 nommés, la récompense tant convoitée est revenue à Luka Modric, le Croate du Real Madrid, très large vainqueur de l'élection.


Au bout du compte, trois Français se sont classés dans le Top 10 avec Antoine Griezmann (3e), Kylian Mbappé (4e) et Raphaël Varane (7e). Pourtant, même Cristiano Ronaldo, vainqueur certes d'une troisième Ligue des champions avec le Real Madrid mais éliminé dès les huitièmes de finale de la Coupe du monde en Russie, a grillé la politesse aux Bleus. De quoi s'interroger.

Le choix ubuesque... de ne pas choisir

"On pourrait donner le Ballon d'Or à la moitié de l'équipe de France pour ce qu'ils ont réalisé pendant le Mondial", résumait Gianni Infantino, président de la Fifa, lorsqu'il a été interrogé sur les chances françaises par l'AFP le week-end dernier. En y regardant de plus près, plusieurs éléments viennent expliquer la contre-performance tricolore. 


En classant trois joueurs dans le Top 10 de l'édition 2018, les Bleus ont été victimes d'un éparpillement inéluctable des voix, qui a profité à Modric. Avant et pendant les votes, Didier Deschamps, le sélectionneur de l'équipe de France, ne s'était pas mouillé en affirmant qu'il serait "juste que le Ballon d'Or soit un Français". Sans doute par peur de froisser les égos des uns et des autres. Le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, avait lui confié qu'il récompenserait Raphaël Varane, après son année riche en titres aussi bien en club (une Ligue des champions) qu'en sélection nationale (une Coupe du monde). 


Cette stratégie électorale bancale a desservi Griezmann et Mbappé qui, à eux deux, réunissent 761 votes. Soit suffisamment pour devancer Luka Modric dans la course au Ballon d'Or, si un choix avait été fait entre l'un et l'autre. Une aubaine pour le Croate. Il a ainsi profité de la force médiatique du Real Madrid et de la campagne de la Croatie en sa faveur pour convaincre les 192 journalistes. En faisant donc le choix de ne pas se prononcer, la France s'est tirée une balle dans le pied. Comme si elle n'avait pas appris du passé. En 2010, après son sacre mondial en Afrique du Sud, l'Espagne n'avait pas su trancher entre Iniesta et Xavi. Les deux joueurs, qui évoluait alors sous les couleurs du Barça, s'étaient neutralisés au bénéfice de Lionel Messi.

Mieux vaut gagner la C1 plutôt qu'un Mondial

Ce large vote en faveur de Modric amène à deux constats. Contrairement à l'idée que l'on s'en fait, une victoire en Coupe du monde n'est pas synonyme de Graal en fin d'année. Depuis sa création en 1956, seuls six joueurs ont réalisé le doublé Mondial-Ballon d'Or (Bobby Charlton en 1966, Paolo Rossi en 1982, Lothar Matthaüs en 1990, Zinedine Zidane en 1998, Ronaldo en 2002 et Fabio Cannavaro en 2006). D'ailleurs, aucun des trois derniers gagnants de la récompense lors d'une année de Coupe du monde n'a été lauréat du trophée dans la foulée (Lionel Messi en 2010, Cristiano Ronaldo en 2014 et Luka Modric en 2018).


De fait, s'il paraît clair que les résultats en Mondial n'ont pas une influence décisive sur les votes, la Ligue des champions si. Et à ce petit jeu là, les Français ne sont pas les mieux lotis. Kylian Mbappé a été sorti en huitièmes de finale avec le PSG tandis qu'Antoine Griezmann a été éliminé dès les poules. L'attaquant de l'Atlético de Madrid a beau avoir gagné ensuite la Ligue Europa et signé un doublé en finale contre l'OM (3-0), en fin de compte, cela ne pèse pas bien lourd au moment de refaire l'année. D'autant, qu'en face, Modric et CR7 ont grandement participé à la conquête de la troisième C1 consécutive du Real Madrid. Seul Raphaël Varane peut se vanter d'avoir fait aussi bien (et même mieux) qu'eux. Sauf que voilà... c'est un défenseur. 

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