Ballon d’or 2018 : Raphaël Varane en arbitre du match Griezmann-Mbappé

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FOOTBALL - Après le président de la FFF Noël Le Graët, Michel Platini s’est à son tour prononcé en faveur de Raphaël Varane pour le prochain Ballon d’or. Une manière de remettre en avant le palmarès collectif, et d’éviter que les voix se perdent dans un duel Griezmann-Mbappé.

Selon l’expression consacrée, le silence est d’or. Soit de la même matière que le Ballon figurant le statut officieux de meilleur joueur de l’année, derrière lequel courent bien des stars du sport-roi, conscientes des répercussions qu’il offre médiatiquement et financièrement. Ce n’est pas un hasard. 


Ainsi, pendant qu’Antoine Griezmann et Kylian Mbappé se livrent à une joute verbale à distance pour revendiquer le prestigieux trophée individuel, Raphaël Varane, lui, ne dit rien. Et voit des soutiens de poids prendre position pour lui, dont le dernier en date n’est autre que le triple Ballon d’or Michel Platini.

Le seul qui a tout gagné cette année, il s’appelle Raphaël Varane.Michel Platini

Pour l’ancien numéro 10 des Bleus, en effet, "ça n'a jamais été aussi simple que cette année" de choisir : "Un seul joueur a gagné la Ligue des champions et la Coupe du monde, c’est Varane. D’habitude il y a toujours le débat Ronaldo-Messi, là on peut avoir des avis sur Griezmann, Mbappé, Giroud, Lloris, Modric... Mais le seul qui a tout gagné cette année, il s’appelle Raphaël Varane. En plus, c’est un excellent joueur. J’aurais voté pour lui. Les résultats, c’est la seule chose objective. Tout le reste, c’est du subjectif. Et n'oublions pas qu’en 2006, c’est un défenseur, Fabio Cannavaro, qui a gagné le Ballon d’Or", a-t-il plaidé sur les ondes de RMC mardi soir.

Michel Platini considère donc qu’en cette année où aucune individualité ne se dégage nettement, le palmarès collectif doit prévaloir, comme c’était le cas avant que Lionel Messi et Cristiano Ronaldo ne vampirisent la récompense ces dix dernières années. Interrogé sur qui la mériterait dans Le Parisien le 9 octobre, Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football (FFF), n’a pas dit autre chose : "Le nom de Raphaël Varane n’est pas assez cité. En tant que vainqueur de la Ligue des champions, puis de la Coupe du monde, il mérite à mon sens de gagner le Ballon d’or. Même si je sais bien que les défenseurs sont très rarement au palmarès."

Plus fort que Cannavaro

Le patron du foot tricolore privilégie-t-il Varane pour ne pas avoir à trancher entre Griezmann et Mbappé ? "Mettez-vous à ma place... Si je me prononce pour l’un ou pour l’autre, ce sera forcément mal interprété. Mais ce n’est pas une façon de botter en touche. Je pense vraiment que Varane le mérite", affirme-t-il. Ce choix, du reste, correspondrait à la trace laissée par les Bleus champions du monde en Russie, où ils se sont bien plus signalés par leur solidité défensive que par les envolées offensives des attaquants. Là encore comme l’Italie de Fabio Cannavaro en Allemagne en 2006...

L’élection de Varane ferait ainsi à la fois flotter un sympathique parfum vintage sur le Ballon d’or, tout en rendant hommage au travail de l’ombre des défenseurs. D’ailleurs, contrairement à Cannavaro (qui n’avait, lui, même pas gagné la Ligue des champions), Varane a été un buteur décisif durant le Mondial, qu’il a survolé de manière impressionnante, comme tout le premier semestre de 2018. Et depuis la rentrée, il tient son rang en charnière, contrairement à son partenaire Sergio Ramos, même s’il s’est raté dans ses deux derniers matchs, avant de se blesser à l’adducteur samedi à Barcelone.

Moi je pense au collectifRaphaël Varane

"Le but face à l’Uruguay récompense tout le travail qu’il fait depuis le début. Il a également beaucoup de confiance après sa saison au Real Madrid. Il s’affirme de plus en plus, je n’ai que des éloges à faire sur lui. Il est très appliqué et très sérieux. C’est le leader de la défense, il joue également avec sa tête, il est toujours bien placé, il a un bon timing et est très bon dans le domaine aérien. Et il est de plus en plus agressif dans les duels", s’enthousiasmait cet été son capitaine, Hugo Lloris, aux premières loges pour constater ses progrès et son désormais immense abattage. Au fait, qu’en pense l’intéressé ? "Le Ballon d’or n'est pas un objectif", assure-t-il. "Je ne suis pas un joueur mis en lumière. Je n’y pense pas. C'est une récompense individuelle, moi je pense au collectif." Cannavaro ne devait pas dire autre chose.

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