Ballon d'or : comment Ribéry a digéré sa déception

Ballon d'or : comment Ribéry a digéré sa déception

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RÉCIT - C'est dans un silence troublant que Franck Ribéry, troisième au classement final du Ballon d'or, a quitté Zurich lundi soir. Très déçu, l'attaquant international français a trouvé refuge auprès de ses proches. Et quelques autres personnes.

Lorsque l'on prend une grosse claque, il n'a pas mille façons de réagir. Plutôt que de répliquer ou de tendre l'autre joue, Franck Ribéry, finalement 3e derrière Cristiano Ronaldo et Lionel Messi au classement du Ballon d'or 2013 , a, lui, opté pour la fuite. Il faut dire qu'il a donné la troublante impression de croire sincèrement en ses chances de l'emporter jusqu'au tout dernier moment. Et un certain malaise a escorté ses pas tandis qu'il quittait, sans mot dire, le Palais des Congrès de Zurich où se tenait la cérémonie lundi soir. Récit d'une amère fin de soirée.

Le Français n'avait, de toute façon, pas besoin d'exprimer à chaud son sentiment, comme le voulait pourtant le protocole (des représentants de la Fifa ont tenté de le rappeler à l'ordre, en vain, ndlr). D'autres s'en sont chargés pour lui. Sans surprise, Karl Heinz Rummenigge, le président du directoire du Bayern Munich, a été le premier à dégainer :"Nous sommes vraiment fiers de Franck. Il a gagné tous les championnats et Coupes importants qui se sont présentés à lui en 2013, en Allemagne, en Europe et sur la scène mondiale. Après avoir été désigné meilleur footballeur par l'UEFA, cette troisième place est, malgré tout, une nouvelle reconnaissance de ses magnifiques prestations individuelles."

Gérard Houiller : "Franck appartient à la galaxie des très, très grands joueurs"

Cet hommage a-t-il suffi à le consoler ? Rien n'est moins sûr, le joueur ayant ces éléments en tête depuis de longues semaines. À vrai dire, on n'a vu Ribéry sourire qu'une fois lundi soir, au moment où son ex-coach Jupp Heyckes a soulevé le trophée du meilleur entraîneur de l'année. Sa présence dans le onze de 2013 ne faisait visiblement aucun doute pour lui. Très tendu dès son arrivée en début d'après-midi, en compagnie de son épouse Wahiba et de ses agents Jean-Pierre Bernès et Alain Migliaccio, il est ensuite resté longtemps incrédule face au résultat final. Il a même fallu lui répéter trois fois qu'il terminait troisième pour qu'il le comprenne...

"Franck doit se dire qu'il appartient, lui aussi, à la galaxie des très, très grands joueurs. Il n'y a pas de défaite ou de victoire à ce niveau-là. Lui aussi a touché les étoiles et il va avoir envie de prouver qu'il peut passer un cran au-dessus, ce que je crois", a, pour sa part, réagi l'ancien directeur technique national Gérard Houiller. Oui, celui-là même qui avait été sévèrement pris à parti par Ribéry durant l'automne pour l'avoir classé un cran en-dessous de Messi et Ronaldo...

Philipp Lahm : "Franck ne m'a pas paru particulièrement triste"

Plus étonnante encore, la sortie de Michel Platini, président de l'UEFA, qui n'a pas défendu le bilan du Français par simple chauvinisme, disant plutôt tout haut ce que l'ailier bavarois pensait tout bas : "Cristiano Ronaldo fait un très beau Ballon d'or. Mais l'an prochain, on va revenir, et ce sera Messi-Ronaldo, dans deux ans ce sera Ronaldo-Messi, dans trois ans ce sera Ronaldo-Messi... Je suis déçu car le Ballon d'or, pendant cinquante ans, a tenu compte du résultat, du palmarès sur le terrain. Franck, qui a tout gagné, aurait pu l'avoir, ça pose problème. Un Espagnol qui ne gagne pas en 2010 [après avoir remporté le Mondial, ndlr], ça pose problème. Pour Franck, c'était l'année ou jamais, comme pour les Espagnols en 2010."

Loin de ce qui passera sans doute pour de l'aigreur de l'autre côté des Pyrénées, la trentaine de personnes réunies au siège du FC Conti, club où Ribéry a fait ses débuts, dans le quartier du Chemin-Vert à Boulogne-sur- Mer, se dispersait, le chagrin à peine contenu. "Franck ne m'a pas paru particulièrement triste", dira, de con côté, le capitaine du Bayern, Philipp Lahm, le dernier à avoir croisé le Français en coulisses avant son départ précipité, vite suivi de celui, tout aussi discret, de Jean-Pierre Bernès et Didier Deschamps. Quelques instants plus tard, les deux hommes ont retrouvé le joueur, en fait très touché, et sa femme au restaurant du Park Hyatt, un hôtel cossu. Un dîner auquel a aussi participé Zinedine Zidane... après avoir réaffirmé son soutien à Ronaldo quelques heures plus tôt.

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