Benjamin Leroy, gardien de l'AC Ajaccio, privé de montée en Ligue 1 : "On ne peut en vouloir à personne"

Benjamin Leroy, gardien de l'AC Ajaccio, privé de montée en Ligue 1 : "On ne peut en vouloir à personne"
Football

TÉMOIGNAGE - Troisième de Ligue 2 avant l'arrêt de la saison, l'AC Ajaccio ne pourra disputer les barrages pour monter en Ligue 1. Benjamin Leroy, gardien de but du club corse, partage auprès de LCI sa déception, à la hauteur de la belle saison ajaccienne.

Un espoir de montée et puis plus rien... Troisième de Ligue 2 à la 28e journée, au moment de l'interruption des championnats par la Ligue de football professionnel (LFP) jeudi 30 avril, l'AC Ajaccio a vu ses rêves se briser. Le club corse, qui pointait à une unité de Lens, deuxième, et de Lorient, leader, tous deux promus en Ligue 1, ne retrouvera pas l'élite la saison prochaine. Alors que seules deux montées et deux descentes ont été actées par l'instance décisionnaire, la LFP a précisé que les barrages d'accession, que l'ACA était en position de disputer, à l'instar de Troyes, Clermont et du Havre, ne clôtureraient pas la saison.

Cette décision ne manque pas de décevoir ces candidats aux "play-offs". Joint par LCI, au lendemain de l'arrêt définitif de la saison, Benjamin Leroy, gardien de but de l'équipe corse, se dit déçu de ne pas avoir pu jouer sa chance jusqu'au bout. Tandis que les clubs de Ligue 1 s'écharpent autour du classement final, il nous explique encore espérer un autre dénouement.

On n'est pas amer mais forcément déçu - Benjamin LEROY, gardien de but de l'AC Ajaccio

LCI : L'AC Ajaccio était 3e à deux points du leader Lorient et un de Lens, deuxième. Vous étiez bien parti pour jouer la montée en Ligue 1. Comment avez-vous accueilli cette décision de stopper le championnat ?

Benjamin Leroy : Nous, on y croyait de plus en plus. Le dernier match qu'on a joué, on a reçu Lorient chez nous et on les a battus (1-0, le 7 mars dernier). On était complètement relancé. On était dans une spirale positive, à l'inverse de Lorient ou de Lens qui, malgré les résultats, peinaient un peu dans la manière. On ne pensait pas que l'arrêt allait être définitif. Mais, petit à petit, on s'est rendu compte que ça allait être très long.  Après, il y avait toujours la carotte de dire que s'il y avait la montée au bout, ça valait le coup. Mais, pour en avoir parlé entre nous, on se demandait même si ça n'allait pas tout gâcher de reprendre dans ces conditions. On ne savait pas trop où tout ça pouvait nous emmener. Et puis la décision est tombée... On s'y attendait un peu mais on est forcément très déçu. On avait un super groupe et on aurait aimé pouvoir finir la saison ensemble. On a joué un dernier match sans savoir que c'était le dernier. Jouer ces possibles matches de barrage ensemble, ça aurait été top.

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Le calendrier des 10 dernières journées vous offrait l'occasion d'affronter Lens, Troyes, Clermont ou encore Le Havre, des adversaires directs pour la montée. C'est là qu'aurait pu se faire la différence... 

C'est vrai qu'on avait une belle fin de saison sur le papier. Sur les quatre dernières journées, on recevait Troyes, on allait à Lens et au Havre. Cela aurait été super à jouer, on se sentait juste chanceux. On n'était pas programmé pour jouer la montée. On a failli descendre sportivement la saison dernière, puis administrativement cet été. On a construit une équipe en faisant beaucoup de paris et ça a pris. Nous, on ne se prenait pas la tête. Cela aurait été une force pour la fin de saison parce qu'on n'avait aucune pression. Après, c'est comme ça, on ne peut rien y changer. On ne peut pas dire que Lorient et Lens déméritent. On a joué 28 matches, ils étaient devant nous donc c'est normal qu'ils montent. On n'est pas amer parce que cela voudrait dire qu'on en veut à quelqu'un. Mais déçu, oui, forcément, déçu de ne pas être allé au bout. 

Il y a un dernier recours, c'est de jouer des barrages au mois d'août- Benjamin LEROY, gardien de but de l'AC Ajaccio

Vous réalisiez une grosse saison avec Ajaccio en gardant vos buts inviolés à 16 reprises en 28 matches, un record dans les championnats du Top 5 européen. N'est-ce pas trop dur de s'arrêter en si bon chemin ?

Il y avait quelques petits challenges individuels que je pouvais relever. Je pouvais faire un record de clean-sheets dans l'histoire de la Ligue 2, dans l'histoire de l'ACA. Mon entraîneur des gardiens Thierry Debès en avait réalisé une de plus que moi (17 matchs sans encaisser de but en 2010-2011, ndlr). C'était un petit truc entre nous. Mais c'est surtout collectivement qu'on a un goût d'inachevé. Je ne veux pas non plus parler trop vite parce que ce serait un manque de respect pour Clermont qui était en très grande forme, Troyes qui avait une super équipe et Le Havre qui n'était pas complètement décroché. Mais, de l'intérieur, on sentait que tout allait dans le bon sens pour que ce soit cette année. Même si sportivement, cela ne l'aurait peut-être pas fait. 

Vos rêves de Ligue 1 ne sont peut-être pas tous envolés...

Oui, il y a un dernier recours, c'est de jouer des barrages au mois d'août. Cette proposition a été faite par notre président (Christian Leca, ndlr), les présidents de Troyes (4e de Ligue 2), Clermont (5e) et Boulogne (3e de National), qui vise la montée en Ligue 2. On se raccroche un petit peu à ce plan commun pour finir cette aventure. Qu'on monte ou qu'on ne monte pas, ce n'est plus l'objectif. On a envie de jouer ces barrages, de vivre ces moments-là les uns avec les autres. On veut savoir que nos derniers matches seront nos derniers matches ensemble, car on sait qu'il va y avoir des départs cet été. 

Les recours juridiques en Ligue 1 ? Ils ont eu 28 matches pour être mieux classés- Benjamin LEROY, gardien de but de l'AC Ajaccio

En parlant de départ, est-ce que cette fin vous fait reconsidérer votre avenir ?

Même s'il y a de la déception, au moins on a eu une réponse sur la fin de saison. Maintenant, la fatigue et l'attente accumulées retombent un peu. On va un peu couper, même si on espère une issue favorable avec les barrages au mois d'août. Je suis très bien ici, j'ai prolongé trois ans au club cet hiver. Dans le foot, rien n'est jamais fermé, rien n'est jamais cloisonné mais pour l'instant, je ne me pose pas trop la question. Je ne vois pas plus loin qu'ici, pas plus loin que la possibilité de jouer ces barrages au mois d'août. Voir la Ligue 1 avec l'AC Ajaccio, ce serait le top, ce serait magique. 

Vos belles performances cette saison vont forcément attirer des clubs l'été prochain...

Continuer à l'ACA, ça fait partie des mes objectifs. J'ai connu des saisons compliquées avant d'arriver ici. Il y a eu les deux ans à Evian, qui se sont soldés par deux descentes, ça marque. J'ai tenté de rebondir à Dijon, j'ai grandi humainement mais cela ne s'est pas fait sportivement, puisque je n'ai pas joué du tout. Deux ans, c'est long. Et puis Ajaccio est venu me chercher, j'en suis reconnaissant. J'ai retrouvé beaucoup de plaisir à l'entraînement et en match. Après, s'il y a un intérêt au-dessus, pourquoi pas. Il faudra se poser autour d'une table, en discuter et voir si cela convient à toutes les parties. Mais aujourd'hui, je suis très bien ici. Je suis heureux. Ma famille se plaît ici, cela entre aussi en ligne de compte.

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Alors qu'en Ligue 2 vous espérez ces barrages, plusieurs clubs de Ligue 1, se sentant floués par l'arrêt des championnats, dont l'OL, menacent de possibles recours en justice. Les comprenez-vous ?  

Nous, on part du principe qu'on ne peut en vouloir à personne. C'est le virus qui a voulu ça, sinon on aurait continué la saison comme celles d'avant. Malheureusement pour nous, Lorient et Lens méritent de monter. On a joué 28 matches, ils ont plus de points que nous au bout. 28 matches, ce n'est quand même pas rien. C'est pareil pour Lyon, Amiens et Toulouse. Ils ont eu 28 matches pour être mieux classés. Après, si j'étais à leur place, peut-être que je ferais des recours aussi.  C'est dommage mais chacun défend son terrain. En Ligue 2, les présidents ont préféré essayer de trouver une solution sportive. On espère maintenant que ces barrages auront lieu au mois d'août pour mettre un point final à notre aventure. 

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