PSG : auteur d’un triplé en sortant du banc, Kylian Mbappé frappe un énorme coup (et réaffirme son ambition)

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FOOTBALL - Le Paris Saint-Germain s'est largement imposé (0-5) sur le terrain du Club Bruges, mardi 22 octobre lors de la 3e journée de la Ligue des champions. Il doit principalement ce succès à l’entrée en jeu de Kylian Mbappé en seconde période, qui devrait rester dans les mémoires.

Sortant à peine de la douche, les cheveux luisants et le teint frais, Thiago Silva, comme il le fait souvent, quel que soit le résultat, s’est arrêté en zone mixte (l’espace dévolu aux échanges entre footballeurs et journalistes après les matchs), ce mardi soir, dans la foulée de la large victoire du PSG à Bruges (0-5), dans le cadre de la 3e journée de la phase de groupes de la Ligue des champions. Et il a dit ceci : "Cette année, c'est, à mon avis, l'équipe la plus forte depuis huit ans que je suis là."

La phrase a une véritable portée. D’abord parce que le capitaine parisien est arrivé dans la capitale française au début du projet qatari, voyant ainsi les stars internationales s’empiler dans l’effectif au fil des années, parmi lesquelles des joueurs à l’ego aussi surdimensionné que leur talent (et leurs émoluments), tels Neymar ou, avant lui, Zlatan Ibrahimovic. Mais surtout parce que, en l’occurrence, le Brésilien l’a prononcée en répondant à une question portant exclusivement sur Kylian Mbappé.

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Je voulais rentrer et montrer que c'est difficile de se passer de moi.- Kylian Mbappé

Dans son rôle de capitaine, Thiago Silva a, certes, voulu rappeler le caractère collectif de cette dernière victoire. Mais il lie aussi, dans son esprit, la force de l’équipe actuelle à celle de son jeune Français. Lequel avait débuté la rencontre sur le banc des remplaçants... Avant d’en jaillir à la 52e minute pour inscrire un triplé et distiller une passe décisive, le tout en vingt minutes.

Sur le coup, beaucoup y ont vu une réaction d’orgueil de l’attaquant, dont on sait qu’il goûte encore moins que les autres de ne pas être titulaire. L’intéressé l’a confirmé quasiment dès le coup de sifflet final, c’est-à-dire très à chaud, encore dans l’adrénaline du match, au micro de RMC Sport. "C'est vrai que je voulais débuter, je pensais que j'allais débuter. Le coach a choisi et il faut accepter. Alors je voulais rentrer et montrer que c'est difficile de se passer de moi", a-t-il déclaré.

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Avant de continuer à vider son sac : "Le foot est une passion, j'adore ça. Et là ça fait deux mois que je n'ai pas pu jouer un match. C'était très douloureux pour moi mais, maintenant, j'ai eu la chance de revenir. Bien sûr que je veux jouer tous les matchs, reprendre le rythme que j'avais et remettre des buts. (...) C’est toujours le but de ma présence : aider l’équipe."

Une sortie qui lui a valu d’être taxé d’arrogance ces dernières heures sur les réseaux sociaux, comme quand il avait pris la parole, en mai aux Trophées UNFP, pour réclamer "plus de responsabilités, peut-être au PSG, peut-être ailleurs"... Qu’en pense, d’ailleurs, le principal intéressé, à savoir l’entraîneur Thomas Tuchel, à qui son joueur vient indirectement de reprocher de ne pas l’avoir titularisé ?

Ce n'était pas facile de dire à Kylian qu'il serait remplaçant, mais il est très intelligent et il sait que c'est la meilleure chose pour lui.- Thomas Tuchel

L’Allemand, en conférence de presse, a commencé par qualifier de "match de merde" toute la partie de la rencontre ayant précédé l’entrée en jeu du champion du monde, manière de reconnaître que ce dernier, à lui seul, a transformé ledit match. Puis il s’est expliqué sur son choix : "Si Kylian peut jouer 90 minutes, il joue. On sait qu'il est décisif, c'est très clair, il le prouve à chaque fois. Il a eu une blessure musculaire. Et voilà, il est de retour à Nice pour 15 minutes et ici sur un terrain pas facile, glissant. Kylian, je veux toujours jouer avec lui mais il connaissait la décision."

Il ne l’a pas appréciée pour autant, donc. Mais le coach, sur ce point, s’est voulu le plus transparent possible, poursuivant en ces termes : "Ce n'était pas un choix tactique, mais individuel, car on doit gérer ses minutes. C'est très différent dans la tête après une blessure quand tu débutes un match, car tu te gères pour jouer le plus possible. Quand tu rentres, c'est plus simple, tu sais combien de minutes tu as, tu es plus libre. Ce n'était pas facile de le lui dire mais il est très intelligent et il sait que c'est la meilleure chose pour lui. Ça s'est bien passé, même s'il veut toujours jouer."

C’est une question vieille comme le football : dans quelle mesure, dans un cadre strictement collectif, peut-on accorder de l’importance au joueur qui vous fait gagner ? À l’épreuve des faits, à travers les carrières de Pelé, Diego Maradona, Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi, il est apparu qu’à un certain degré de talent, ce sport, comme les autres, charrie des considérations plus individuelles que collectives. Il est également apparu que Kylian Mbappé est de cette trempe-là, ce que son discours dénué de toute fausse modestie tend à appuyer. 

Le mot de la fin est pour le défenseur parisien Abdou Diallo qui, après le match, a filé cette métaphore pour le moins explicite : "Tout le monde doit être engagé à fond et doit apporter sa pierre à l'édifice. Et Kylian, c’est un rocher qu’il apporte."

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