Mythique finaliste de la Coupe de France 2000, le club de foot de Calais va disparaître ce jeudi

Mythique finaliste de la Coupe de France 2000, le club de foot de Calais va disparaître ce jeudi
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FOOTBALL - Les dirigeants du Calais Racing Union football club (CRUFC) ont demandé, il y a deux semaines, au tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer de prononcer la liquidation judiciaire du club finaliste de la Coupe de France en 2000. La décision sera rendue ce jeudi.

Dites "Calais" à un amateur de football et une image ressurgit aussitôt dans son esprit : celle du capitaine du FC Nantes, Mickaël Landreau, soulevant la Coupe de France avec son homologue calaisien, Réginald Becque, le 7 mai 2000. Le gardien international avait ainsi voulu associer à la victoire de son équipe la défaite d’un adversaire héroïque, premier club amateur à atteindre la finale de la vénérable compétition. Une épopée qui avait alors passionné le monde entier. L’eau, depuis, a coulé sous les ponts. Jusqu’à noyer le Calais Racing Union football club (CRUFC), dont la liquidation judiciaire va être prononcée sans nul doute, ce jeudi, par le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer.

En cause : des déboires financiers ayant abouti au placement du club en redressement judiciaire dès 2010. Ces sept dernières années, le CRUFC ne vivait plus que des subventions de la mairie. Laquelle, le 6 septembre dernier, a refusé de verser les 248.000 euros demandés par le club. En réaction, la Ligue de football des Hauts-de-France a rétrogradé l’équipe seniors en Régional 4 (l’équivalent de la 16e division). Élément décisif dans la liquidation à venir.

De mystérieux documents manquants

"Nous avons reçu un appel de la Ligue qui voulait vérifier les propos des dirigeants du CRUFC, venus avec la promesse du versement de 248.000 euros par la Ville. Nous avons nié, il n’en a jamais été question et nous ne comprenons pas le montage pour obtenir cette somme", s’est justifiée, le 6 septembre, Natacha Bouchart, maire de Calais. Avant d’ajouter : "Depuis trois ans, nous avons mis en place un contrôle de gestion, avec la présentation des pièces en conseil municipal, pour se garantir du bon fonctionnement du club. Nous n’avons pas eu, pour la saison 2016-2017, les éléments que nous réclamions pour permettre le versement des subventions."

Je suis dans une situation très précaire.Kader Hassan, milieu de terrain du CRUFC arrivé l'année dernière

Me Alexandre Delezenne, mandataire judiciaire chargé de faire appliquer le plan de sauvegarde ouvert en décembre 2009, partage ce point de vue soupçonneux, ce jeudi, dans les colonnes de La Voix du Nord : "Comme toujours avec le CRUFC, cela a été compliqué d’avoir les documents. C’est incroyable : il ne s’agit tout de même pas d’une multinationale avec 2000 salariés. Je suis étonné de la légèreté coupable dont font preuve les dirigeants. C’est trop facile de tout mettre sur le dos de la mairie après sa décision de ne plus subventionner le club. Si je découvre des irrégularités, il n’est pas impossible que le parquet, à ma demande, se penche sur les responsabilités des uns et des autres."

En clair : le déficit réel, pour l'instant estimé à au moins 200.000 euros, est sans doute d’une bien plus grande ampleur. En attendant qu’on en sache plus, le licenciement pour motif économique de onze salariés sera, lui aussi entériné ce jeudi. Parmi eux, l’entraîneur et son adjoint, quatre joueurs et des employés administratifs. Kader Hassan, milieu de terrain du CRUFC arrivé l’année dernière, envisage déjà de porter l’affaire devant le conseil des prud’hommes : "Au total, avec les salaires, les primes et les frais, le club me doit 15.000 euros et une année de contrat, j’avais signé pour deux ans. N'étant plus payé, j’ai rompu mon contrat mais, de ce fait, je ne peux pas toucher d’indemnités chômage. Je suis dans une situation très précaire."

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