Le foot français a-t-il un problème avec la CAN ?

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COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS – Alors que la compétition s'ouvre ce samedi au Gabon, elle fait surtout grincer des dents en Ligue 1. Car entre l'absence des joueurs africains en plein milieu de saison et un regard parfois ethnocentré jeté sur ce continent, la CAN reste un point de friction dans le football français. Éléments d'explication.

Un petit relent de "Françafrique". Quand le foot tricolore évoque la CAN, c'est souvent pour émettre sur cette compétition un avis négatif, voire condescendant. Car la grand-messe du football africain, qui se déroule tous les deux ans en janvier, embête les clubs de Ligue 1. Car le Championnat de France est premier fournisseur européen,  avec cette année 34 joueurs envoyés au Gabon (sans compter les 17 fournis par la L2), contre 22 pour la Premier League, 14 pour la Serie A, 10 pour la Liga et 7 pour la Bundesliga. Un tribut lourd à porter pour certaines équipes durant la compétition (du 14 janvier au 5 février) - Lille perd par exemple 5 éléments, Angers 4 ou Metz 3 -, qui explique les éternelles réticences observées çà et là. 

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"A mon époque, on te faisait comprendre que si tu partais, un autre joueur aura pris ta place dans l'équipe à ton retour, confiait à LCI lors de la précédente édition Rigobert Song, l'ancien international camerounais (137 sélections entre 1993 et 2010) passé par Metz et Lens. Mais maintenant que la CAN est au calendrier de la Fifa, il faut que les clubs comprennent qu'un joueur ne peut pas décliner la sélection sans être sanctionné". Evènement majeur en Afrique, cette compétition est en effet l'équivalent d'un Euro ou d'une Copa America, mais reste encore sous-évaluée dans l'Hexagone.

A l'étranger, je n'ai jamais entendu des équipes se plaindre de voir partir leurs joueurs en milieu de saison"- Habib Beye

"Moi, j'entendais que le niveau n'était pas génial, alors que c'est complètement faux, nous confiait de son côté l'ancien défenseur marseillais Habib Beye, qui a disputé la compétition à quatre reprises avec le Sénégal (2002, 2004, 2006 et 2008). Les clubs ont toujours été bien contents de pouvoir y repérer des jeunes joueurs et les acheter pour pas cher". Longtemps chasse gardée du foot français, les talents africains s'exportent pourtant désormais un peu plus en Europe, sans forcément passer par la case L1. Ce qui a permis de faire évoluer la vision du public européen sur la CAN.

De l'affaire des "quotas" en Bleu, au "joueur typique africain" de Sagnol...

"A l'étranger, je n'ai jamais entendu des équipes se plaindre de voir partir leurs joueurs en milieu de saison. Eux, ils anticipent lorsqu'ils recrutent un Africain, détaillait encore Beye, qui a longtemps joué en Angleterre. J'ai l'impression que c'est surtout un problème français par rapport au foot africain. On n’est pas loin du manque de respect". Un constat toujours valable en 2017, et qui fait remonter à la surface quelques récentes polémiques dans le foot tricolore sur la question africaine. 

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L'interprétation des propos de Willy Sagnol est "totalement erronée"

Du sélectionneur Laurent Blanc, qui en 2011 plaidait pour "des quotas" au sein des équipes de France et avait déclaré lors d'une réunion à la FFF :  "On a l'impression qu'on forme vraiment le même prototype de joueurs: grands, costauds, puissants. (...) Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants? Les Blacks. Et c'est comme ça". En passant par la sortie très controversée de Willy Sagnol fin 2014, durant laquelle celui qui entraînait alors Bordeaux avait évoqué "le joueur typique africain", "physique" et "pas cher", en opposition aux "Nordiques" plus "intelligents" et "disciplinés"... 

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