Ce qui sépare encore le PSG du FC Barcelone

Ce qui sépare encore le PSG du FC Barcelone

LIGUE DES CHAMPIONS - Racheté par le Qatar en 2011 avec l'ambition de devenir un mastodonte européen, comment le PSG est-il perçu du côté de Barcelone ? Quels progrès a-t-il accompli depuis son élimination au Camp Nou en quarts de finale il y a bientôt deux ans ? Qu'est-ce qui le sépare encore de l'ogre catalan ? Les directeurs marketing des deux clubs, sollicités par metronews, offrent des réponses bien concrètes à toutes ces questions.

C'est un monument du football qui se dresse sur la route du PSG mercredi soir. Mais aussi un modèle. Depuis son arrivée aux commandes du club de la capitale, à l'été 2011, le Qatar s'applique à mettre en avant la qualité du jeu, à multiplier les actions sociales à échelle locale et à construire une grande équipe omnisports. Exactement comme le FC Barcelone, auquel il s'apprête à disputer la première place du groupe F en Ligue des champions. Mais au-delà des considérations purement sportives, un autre match, tout aussi disputé, se joue sur le terrain du marketing. Une manière très concrète de mesurer le chemin parcouru par Paris et ce qui sépare encore ces deux clubs.

Car si, ces deux dernières années, le PSG n'a perdu aucun de ses trois matches face à l'ogre catalan, "en termes de notoriété, on est encore très loin", assure à metronews une source proche de la direction parisienne. Pour bâtir une équipe capable de faire jeu égal avec le Barça sur le long terme, le mécénat n'est plus une solution viable. Avec l'instauration du fair-play financier en mai 2014, cela passe même nécessairement par l'augmentation des recettes. Celles du PSG ont accru de 60% depuis son élimination à Barcelone en quart de finale de l'édition 2013.

"Vous connaissez Line ?"

Cela n'a pas échappé au directeur marketing du club catalan, le Français Laurent Colette . "Paris a fait d'énormes progrès. Le match de ce soir sera considéré comme un affrontement entre deux grands clubs, ce qui n'était pas forcément le cas il y a deux ans, nous confie-t-il. Le PSG est devenu une marque mondiale. Jouer contre lui, c'est comme affronter Chelsea ou le Bayern. C'est l'équivalent d'une demi-finale de Ligue des champions, l'une des plus belles affiches que peut proposer la scène européenne. Ça correspond totalement à ce qu'attend le public."

Dans le cadre d'une conférence à l'Institut européen de journalisme de Paris, son homologue du PSG, Michel Mimran, nous explique ainsi le phénomène : "Ce qui apporte le plus de rêve et donc de business au PSG, c'est être porteur d'une marque. Il faut faire feu de tout bois. Toute histoire est racontable en marketing. Profiter des tensions d'un grand match est très intéressant pour animer une communauté et dépasser le sport."

Internet a un rôle majeur. "En deux ans, le nombre de fans de notre page Facebook a été multiplié par 15, d'un million à 15 millions", poursuit Mimran. Un chiffre à comparer aux 60 millions de fans du FC Barcelone, club n°1 dans le monde en la matière. Ainsi, quand Paris se targue de compter "deux pages Facebook en 8 langues, 9 comptes Twitter et 6 applications", le Barça peut difficilement énumérer ses 40 comptes sur divers réseaux sociaux. "Vous connaissez Line, le Whatsapp japonais ?", nous interroge Colette. Le supporter/consommateur peut désormais aussi bien se trouver dans un stade qu'à l'autre bout du monde.

"La notoriété du PSG ne rattrapera jamais celle du Barça"

Toutefois, le levier d'exposition le plus déterminant reste la Ligue des champions et ses chocs majuscules. À titre d'exemple, la victoire (3-2) du PSG contre Barcelone lors du match aller le 30 septembre a eu des retombées gargantuesques. "Diffusion dans plus de 50 marchés et sur 115 chaînes différentes, soit le 3e match le plus diffusé à l'international cette saison", détaille Pierre-Emmanuel Davin, directeur de Repucom France, leader mondial des études dédiées au sport.

Dit autrement : une victoire parisienne en terre catalane vaudrait beaucoup plus que trois points. Ce serait un autre pas de géant, et non des moindres. "Le jour où nous gagnerons à Barcelone, nous pourrons dire que nous sommes à leur niveau", résume Javier Pastore. Même s'il faut bien distinguer deux aspects. Si Paris peut nourrir l'ambition de remporter le plus beau trophée du football de clubs et devenir, un jour, le plus riche du monde en terme de revenus, Mimran lui-même se montre catégorique : "La notoriété du PSG ne rattrapera jamais celle du Barça, ni même celle de Chelsea." La preuve que le temps est bien plus précieux que l'argent.

Lire aussi : "Pour les supporters du Barça, le PSG, c'est comme Chelsea ou le Bayern Munich" , notre interview complète de Laurent Colette, directeur marketing du FC Barcelone, qui livre les clés de la stratégie commerciale du club catalan ainsi que son point de vue sur les fulgurants progrès parisiens.

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