"C'est honteux !" : le coup de gueule de Laurent Blanc à la mi-temps de Lorient-PSG (2-1)

Football

LIGUE 1 - Si Paris a su redresser la barre en seconde période pour aller arracher une victoire très importante à Lorient samedi, il le doit à la colère de son entraîneur durant la pause. L'intéressé et des témoins racontent.

Il y a cette théorie qui circule dans le foot, selon laquelle un entraîneur ne servirait à rien, à part, peut-être, à jouer les attachés de presse. Au plus haut niveau, les joueurs seraient assez chevronnés pour s'auto-gérer, quoi qu'on leur dise. Concernant Laurent Blanc, le coach du PSG, ce serait même pire  : le technicien serait incapable de galvaniser ses hommes par la voix, ou même essayer. Mais la victoire (2-1) de Paris à Lorient , qui s'est dessinée en seconde période, après un premier acte catastrophique, est venue tordre le cou à ces deux idées reçues.

On avait d'abord vu tempêter Laurent Blanc devant son banc durant ces 45 premières minutes insipides, ce qui n'arrive pas si souvent. Puis l'on a été surpris de constater, durant la pause, que l'adjoint de l'entraîneur parisien, Jean-Louis Gasset, au verbe habituellement haut, est resté assis sur le banc, seul et silencieux, tandis que Nasser Al-Khelaïfi et Olivier Létang, le président et le directeur sportif du club de la capitale, se sont, eux, rendus dans le vestiaire. Signes que l'heure était grave. Enfin, on a aperçu Edinson Cavani, de rage, frapper une porte avec son poing avant de rallier la pelouse. L'Uruguayen sera l'auteur du but de l'égalisation un quart d'heure plus tard.

Que s'est-il donc dit durant cette pause qui a remis le PSG à l'endroit ? "Le coach nous a demandé de montrer un autre visage. On a tous pris conscience qu’il fallait réagir", a simplement raconté le milieu de terrain Blaise Matuidi. Avant que Blanc lui-même ne donne plus de détails. "Je pense sincèrement que la première mi-temps a été d'une faiblesse incroyable, la pire depuis que je suis entraîneur du PSG, a-t-il confié. Vous ne pouvez pas accepter un tel niveau de jeu, il fallait avoir une réaction collective, être conscient de la réalité des choses, et c'est ce que je leur ai dit."

Bahebeck : "Le coach a crié que c'était honteux"

Évidemment, diplomatie oblige, le coach ne pouvait pas non tout dévoiler. Il n'a, par exemple, pas expliqué l'absence de son adjoint. "Pour bien connaître Jean-Louis, quand il s'isole de la sorte, c'est pour se calmer. Il sait qu'il peut très vite monter dans les tours et prononcer des paroles qu'il pourrait regretter", a expliqué Franck Sauzée, qui commentait le match pour Canal+. "Les joueurs sont parfois moins motivés", a aussi lâché un Laurent Blanc encore passablement agacé en conférence de presse après la rencontre.

C'était effectivement déjà arrivé à Reims (2-2), Evian (0-0) ou Toulouse (1-1) cette saison. Mais les errements lorientais, alors qu'il était crucial de mettre la pression sur l'OM à une semaine du Clasico, auront, eux, fait déborder le vase. "Le ton est monté, a avoué Jean-Christophe Bahebeck, auteur du but de la victoire. En première mi-temps, ce n'était pas le PSG. On ne doit pas montrer ça. Le coach nous a recadrés et ça nous a fait du bien. Je me rappelle qu’à un moment il a crié : 'C’est honteux !' Là je me suis dit : 'Ça commence à être grave quand même.' Si le coach a dit que c'était honteux..." Si même Laurent Blanc a dit que c'était honteux...

Lire et commenter