Comme le PSG a ses "Qatarix ", Manchester City a-t-il ses "Emiratix" ?

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LIGUE DES CHAMPIONS – Lui aussi racheté il y a quelques années par un fonds souverain du Golfe persique, Manchester City pousse-t-il la ressemblance avec le PSG jusqu’à drainer un tout nouveau public, arrivé opportunément sur le tard ? Et cela a-t-il un lien avec le fait qu’ESPN a récemment classé l’Etihad Stadium parmi les pires ambiances d’Angleterre ? Eclairage depuis les rues sombres de la ville.

Discutez avec des supporters du PSG et vous sombrerez toujours, plus ou moins rapidement, dans une certaine nostalgie. Le sujet est d’ailleurs devenu si important que le club lui-même tente de redonner vie aux tribunes endormies du Parc des Princes en fournissant une aide logistique aux abonnés dans les virages. C’est à cela qu’on a pensé quand on a lu sur le site d’ ESPN que les fans anglais classaient Manchester City parmi les pires ambiances de Premier League. De la même manière que Paris a ses "Qatarix", ces supporters mous du genou mais pleins aux as qui se sont découvert un amour pour le club quand celui-ci a été racheté et s’est mis à gagner, City aurait donc aussi ses "Emiratix"? L’affaire est un peu plus complexe.

"Il n’y a pas énormément de nouveaux supporters qui se sont mis à aimer Manchester City depuis que le club est devenu très riche, nous assure ainsi Sam Lee, suiveur assidu des Citizens pour l'antenne locale du site Goal.com. C’est simplement inévitable de voir de très jeunes fans s’attacher au club au moment où il se met à gagner des titres. Mais ça ne représente qu’une minorité. On ne peut pas dire que ces gens-là soient aussi nombreux qu’au Parc des Princes."

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Sylvain Distin, qui a joué au PSG de 2000 à 2002 puis à Manchester City de 2002 à 2007, c’est-à-dire avant que les deux clubs ne soient rachetés, partage ce point de vue. Pour lui aussi, l’atmosphère et l’attachement sont liés aux seuls résultats. "Aujourd’hui, City a changé de monde. J’ai aussi joué à Maine Road (l’ancien stade de City, détruit en 2003, ndlr) et j’ai aimé ça parce que les supporters étaient beaucoup plus proches du terrain. C’était un stade à l’ancienne. Mais à l’Etihad, l’ambiance se construit d’année en année, avec les titres", pointe le défenseur.

Lequel se refuse à comparer l’enceinte mancuniene avec le "nouveau" Parc des Princes. "C’est très différent. Paris, c’était lié à des questions de sécurité des supporters. A Manchester, il n’y a pas eu d’interdictions de stade ou quoi que ce soit de ce genre. C’était simplement un nouveau stade. Il fallait recréer une ambiance et ça s’est fait au fur et à mesure", insiste-t-il. Une acceptation du temps qui passe qui n’explique toutefois pas pourquoi l’ambiance à l’Etihad déçoit, elle aussi.

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"Ce qui nous inquiète, c’est le prix des billets qui a beaucoup augmenté pour le match de ce mardi soir. Les moins chers coûtent 60 livres (environ 75 euros) et c’est vraiment beaucoup pour les supporters de la classe ouvrière qui compensent la base traditionnelle du public de City. Il y a donc surtout un conflit par rapport au fait que le club privilégie maintenant ces fans qui ont les moyens de venir et qui, eux, sont arrivés en même temps que les succès récents", nous aiguille David, crâne chauve et bedaine apparente sous son maillot un peu trop moulant de Manchester City.

Ce supporter de 47 ans, qui a connu Maine Road et vu naître l’Etihad, poursuit : "L’ambiance à l’Etihad est devenu un problème mais c’est pareil dans beaucoup de stades en Angleterre. Et on ne peut pas dire que l’Etihad soit un stade très bruyant. Le truc, c’est que beaucoup de sièges restent vides. Enfin, vous verrez ce mardi que, même si le stade n’est pas rempli, il y aura quand même une atmosphère grandiose. En Premier League, ce n’est souvent pas le cas. C’est comme dans tous les clubs : s’il y a un gros match très excitant, l’ambiance suivra, sinon, il n’y a pas vraiment d’électricité dans l’air." Faut-il en déduire que même les vieux de la vieille se sont embourgeoisés à City ? Une fois encore, David relativise en souriant : "Il y a une vraie culture du supporterisme ici. Mais les Européens sur-estiment les ambiances des stades anglais. Ce n’est pas toujours si bruyant que ça." 

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