Comment les joueurs étrangers apprennent-ils (ou pas) à parler si bien le français ?

Football
LV2 - A l’instar de Kevin Trapp, le gardien du PSG, presque bilingue, comme on a pu s’en apercevoir dimanche lors du clasico face à Marseille, de nombreux sportifs étrangers arrivent à maîtriser la langue de Molière. Pour en arriver là, les clubs français mettent en place des cours particuliers pour les joueurs. Le but : s’intégrer rapidement au collectif et à la vie locale.

"Le football est un langage universel", entend-on souvent sur les pelouses de l’hexagone. Mais pour les joueurs étrangers, l’arrivée dans un nouveau club s’accompagne souvent des problèmes de communication. "Nous proposons aux joueurs 50 heures de cours dans la saison avec, s'ils le souhaitent, la possibilité d’en faire davantage. Ils sont attachés à apprendre le français, non seulement pour leur intégration dans l’effectif, mais aussi pour leur vie quotidienne", explique-t-on au Stade Rennais où cohabitent 14 nationalités.

Priorité au rugby

La problématique est similaire au rugby, amplifiée même par le nombre accru de joueurs étrangers débarquant dans les clubs professionnels. Du côté de Grenoble, par exemple, deux cours par semaine, pendant toute la saison, sont dispensés aux joueurs du FCG. "Ils sont répartis en plusieurs groupes de niveau : débutant, intermédiaire ou expert", détaille Sarah Kermen, formatrice FLE (Français langue étrangère), qui s’occupe, avec une autre collègue, des rugbymen isérois depuis maintenant quatre ans.


"Apprendre le français n’est pas leur priorité. La première chose, c’est le rugby", relate-t-elle. Du coup l’humeur en cours dépend forcément des résultats ou de la forme du moment. "Il y a des périodes plus difficiles, liées à ce qui se passe sur le terrain, où les joueurs sont un peu moins présents", reconnaît la formatrice. Pour ces élèves pas comme les autres, les méthodes d’apprentissages sont singulières : "on fait beaucoup de jeu, de vidéo, il faut que cela soit ludique pour capter leur attention. Les cours sont principalement orientés sur l’oral", raconte Sarah Kermen.

Rythme d’apprentissage différent selon les joueurs

Pour alléger des séances "intenses", les formatrices doivent donc proposer des formats d’apprentissages différents : "nous sommes allés à la rencontre de collégiens qui apprenaient l’anglais. Les joueurs du FCG répondaient en français pendant que leurs jeunes interlocuteurs leur posaient des questions en anglais". Une expérience mémorable, non seulement pour les joueurs mais aussi pour les jeunes Grenoblois.

Le rythme d’apprentissage est différent selon les joueurs. "Ceux qui viennent de l’Est, avec un alphabet différent mettent un peu plus de temps que ceux qui parlent une langue latine", précise-t-on dans le club breton. Ainsi, il n'a fallu que "six ou sept mois" à Pedro Henrique, le milieu de terrain brésilien pour bien parler la langue de Molière.

Du côté de Grenoble, le Sud-Africain Charles McLeod ou l'Australien Henry Vanderglas font partie des bons élèves, "mais globalement, au bout d’un an et demi, les joueurs peuvent tenir une discussion normale en français", rapporte la formatrice. Au-delà du français, certains clubs poussent même le zèle à faire apprendre aux joueurs les langues régionales. À Bastia par exemple, le coach de l'époque, Frédéric Hantz, avait instauré des cours de corse obligatoire pour toutes les recrues du Sporting.

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