Coupe de France : comment les "petits" se préparent à affronter les pros

Coupe de France : comment les "petits" se préparent à affronter les pros

FOOTBALL - Épernay, Sarreguemines, Annecy ou Volvic : ces clubs amateurs vont vivre, dimanche, leur petit moment de gloire, en affrontant un club professionnel. Alors même s'il faut se mettre au travail pendant les fêtes, tous les acteurs redoublent d'intensité. Metronews donne la parole à ceux qui comptent bien créer la surprise.

A cette époque de l'année, ils restent plus souvent en famille, enchaînant les repas copieux et arrosés. Depuis Noël, pourtant, les joueurs amateurs toujours en lice en Coupe de France, dont les 32es de finale se jouent ce week-end, ne chôment pas. "Les joueurs font l'effort facilement, avec beaucoup de plaisir", assure Rodrigue Ramirez entraîneur d'Épernay (CFA2), qui accueille Montpellier dimanche. "Il faut être fou furieux pour se mettre une murge le jour de l'an à trois jours du match", souligne Stéphane Martino, coach de Saint-Jean Beaulieu, Petit Poucet de la compétition (7e division) avant d'affronter Monaco. Plutôt que des joueurs qui rechignent à s'entraîner, Jean-Rémi Ferraton, entraîneur de Volvic (6e division) et futur adversaire d'Ajaccio (Ligue 2), a plutôt assisté à des demi-miracles. "Tout le monde est à l'entraînement, les blessés oublient leurs petites douleurs, il n'y a pas un seul absent !, sourit-il. Les joueurs veulent montrer qu'ils méritent de participer."

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Depuis que le rendez-vous est pris avec un gros, les entraînements seraient donc plus sérieux, comme si la "Vieille Dame" servait de moteur à ces amateurs qui rêvent en grand. La plupart des coachs, pourtant, optent pour une semaine normale, afin de ne pas sacraliser cet événement plus qu'il ne l'est déjà, ce qui crisperait les joueurs. A Épernay, l'entraîneur a néanmoins modifié son programme. "On a notamment fait des exercices qui se rapprochent du rugby pour le côté contact, solidarité et don de soi, explique Ramirez. Ce sont les valeurs qui transpirent du rugby, un peu moins visibles dans le foot. Ça change de d'habitude, afin que les joueurs se souviennent de toute cette préparation, pas seulement du match si l'aventure se termine." Côté tactique, avantage est donné… aux amateurs. Plus facile, en effet, de récupérer des vidéos quand l'adversaire apparaît tous les week-ends sur le petit écran, tandis que les pensionnaires de CFA sont rarement suivis, à l'exception de certaines télés locales.

"Aborder le match en voulant le gagner"

Se pose ensuite une question : "Ce match est-il une fête ou le joue-t-on pour gagner ?", résume Jean-Rémi Ferraton, à Volvic. "Certains ont fait toute la carrière au club et n'auront sans doute plus jamais la chance de jouer contre une D1, poursuit l'entraîneur d'Épernay. Mais on préfère respecter une logique sportive, en faisant le maximum tout en profitant de ce moment." Sébastien Meyer n'a pas hésité une seconde. Au tour précédent, son équipe de Sarreguemines a éliminé les pros de Dijon (2-1), 2e de L2. "On avait abordé le match en voulant le gagner, se souvient-il. L'an dernier, on avait affronté Auxerre et on avait trop joué pour se faire plaisir et ne pas avoir de regrets. Là, on avait établi un plan de jeu, appuyé sur des vidéos. On va faire pareil contre Valenciennes, avec une émulation supérieure, un stade rempli. L'appétit vient en mangeant et on espère regoûter à ces émotions."

A Annecy, l'entraîneur Michel Poinsignon s'attend à un derby chaud face à Évian-Thonon-Gaillard (qui joue ses matchs à domicile à… Annecy), "devant un public qu'on n'a pas l'habitude d'avoir". Mais, dit-il, "participer pour participer, ça ne m'intéresse pas. Ce match, c'est une récompense mais pas non plus une fin en soi. Oui, on espère faire un exploit, comme tous les clubs amateurs. Pour ça, il faut qu'on soit à 200 % et qu'Évian soit moins bon."

"Pourquoi pas nous?"

Et si la fameuse "magie de la Coupe" opérait ? Et si, comme chaque année ou presque, une bande d'irréductibles footballeurs se jouait de professionnels. A Sarreguemines, où un exploit a déjà eu lieu, Meyer vante "un groupe de garçons talentueux, qui n'ont pas eu leur chance en centre de formation, et de belles individualités offensives" pour expliquer cette performance. Ailleurs, on attend des adversaires un peu trop tranquilles et pas habitués à des conditions de jeu parfois plus rudimentaires, une ambiance folle pour sublimer les joueurs, une rencontre sans pression.

Rodrigue Ramirez, à Épernay, résume : "Moi, depuis que j'ai 6 ans (il en a 35) et que je joue au foot, je regarde la Coupe. Je vois des équipes amateurs qui battent une, puis deux et trois équipes pros. On se met à leur place et quand on est sur le terrain, on se dit : « Pourquoi pas nous ? » Un joueur amateur, même s'il affronte le PSG, il est obligé de s'imaginer ça." Histoire de prolonger un peu plus le rêve.

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