Après l'élimination, l'heure est à la remise en question

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BILAN - Vendredi soir au Parc des Princes, les Bleues ont fait leurs adieux à "leur" compétition, leur Coupe du monde à la maison. Défaites par les Américaines 2 buts à 1, les joueuses de l’équipe de France sont donc éliminées en quarts de finale, deux étapes avant l’objectif qu’elles s’étaient fixé : la finale. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné sur le terrain et en dehors ? Comment envisager l'avenir ?

Elles ne verront même pas le Groupama Stadium de Lyon, l'enceinte qui accueillera les demies-finale et la finale de cette Coupe du monde. C'était pourtant leur objectif : jouer la finale de ce Mondial à domicile, le 7 juillet prochain. Mais les Bleues ont buté sur des Américaines pas meilleures qu'elles, mais bien plus réalistes, ce vendredi sur la pelouse du Parc des Princes (2-1). Au lendemain de cette défaite, l'heure est au bilan, et à l'analyse des défaillances de cette équipe et de sa sélectionneuse Corinne Diacre. 

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Les choix de Corinne Diacre

Corinne Diacre a été nommée à la tête de l'équipe de France en août 2017 pour créer un déclic, après quatre éliminations coup sur coup en quarts de finale dans les grands tournois. "Le président m’a fixé l’objectif d’aller en finale. C’est le contrat qui a été établi. Pour moi, ça serait vraiment un échec" de ne pas y être, avait-elle déclaré le soir de l’annonce de sa liste, le 2 mai dernier. Toutefois, en dépit d'un résultat décevant, Corinne Diacre, dont le contrat court jusqu'à 2021, ne devrait pas être démise de ses fonctions.

Mais visiblement, la méthode intransigeante et "à la dure" de la sélectionneuse n’a pas porté ses fruits auprès des joueuses. Avec d'autres, comme avec Wendie Renard  (à qui Diacre, au moment de son arrivée, avait retiré le brassard de capitaine au profit d'Amandine Henry), le courant ne passe tout simplement pas. Avant le huitième de finale face au Brésil, alors que Diacre est interrogée sur la défenseuse, meilleure buteuse de l’équipe avec 3 réalisations, elle réplique ironiquement : "Vous comptez le csc aussi ?", en référence au but marqué contre son camp parRenard face à la Norvège. La joueuse, qui n'aurait aussi jamais digéré les remarques de la coach sur son manque d'éducation, le lui rend bien : elle est la seule à s'être opposée publiquement à la sélectionneuse. Après une pique de Diacre à propos de Marie-Antoinette Katoto, qu'elle n'a pas sélectionnée pour ce Mondial, Renard avait répliqué en conférence de presse : "C’a aurait été mieux qu’on lave le linge sale entre nous". 

Marie-Antoinette Katoto, l'attaquante du PSG, et Kheira Hamraoui, la milieue de terrain du FC Barcelone, sont d'ailleurs les deux noms qui reviennent en boucle depuis l'élimination des Bleues vendredi soir. Les deux joueuses n'avaient pas été retenues par la sélectionneuse pour ne pas perturber "l'équilibre et la bonne entente du groupe", mais l'efficacité devant le but de la meilleure buteuse de D1 (22 réalisations) aurait pu être un atout dans cette attaque bleue en berne, et la puissance de la seconde au milieu de terrain aurait aussi pu être un atout.

Enfin, Corinne Diacre a eu des difficultés à trouver le onze idéal. Face aux Brésiliennes, elle avait sorti Gaëtane Thiney, après un début de tournoi raté. En quart, elle a de nouveau changé de pied en relançant Thiney, sans succès. Elle a également testé le 4-4-2 face au Brésil, avant de revenir à son schéma fétiche en 4-3-2-1. Ses choix tardifs, en matière de coaching, lui ont également été reprochés. Lors des deux derniers matchs, elle a attendu le dernier quart d'heure pour faire ses premiers changements. Face à des Américaines plus athlétiques mais dans le doute juste avant le but de Renard, on a senti un collectif émoussé qui ne demandait pourtant qu'à reprendre un second souffle. 

Une équipe en manque d'efficacité

Les talents des joueuses ne se sont pas pleinement exprimés lors de cette compétition. Les cadres, notamment, n'ont pas toutes tenu leur rôle de leader. C'est le cas de Gaëtane Thiney, écarté pour le huitième face au Brésil après un mauvais début de Mondial, ou encore de la buteuse Eugénie Le Sommer, bien en-deçà des attentes pour sa troisième Coupe du monde à 30 ans.

Le fait que la défenseuse Wendie Renard termine meilleure buteuse des Bleues exprime bien ces défaillances offensives. Avec 4 buts, elle termine loin devant Valérie Gauvin, Amandine Henry et Eugénie Le Sommer (2 buts).

L'équipe de France aura toutefois réussi à créer l’engouement autour d'elle. En attestent les audiences télé. Leur quart de finale a été suivi par 11,8 millions de téléspectateurs, leur huitième de finale par près de 12 millions.

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Quel avenir ?

Avec cette défaite en quarts de finale, la France tire un trait sur les Jeux olympiques de Tokyo 2020, dont la qualification était réservée aux trois meilleures nations européennes de ce Mondial.  "Quand vous voyez le nombre d’équipe européennes encore engagées dans ce Mondial, même une demi-finale n’aurait pas suffi. On n’a pas beaucoup de regrets" a réagi Corinne Diacre après l'élimination des Bleues. Leur prochaine grande compétition sera donc l’Euro 2021 en Angleterre.

D’ici là, l’équipe sera sûrement très différente. Plusieurs joueuses devraient en effet réfléchir à leur avenir chez les Bleues, parmi lesquelles Gaëtane Thiney (33 ans), Sarah Bouhaddi (32 ans), Eugénie Le Sommer (30 ans) ou Amandine Henry (29 ans).

Elise Bussaglia (33 ans) a elle annoncé avant le Mondial qu’il s’agissait de son dernier sous le maillot bleu.

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