Coupe du monde 2019 : comment le football américain est-il devenu le meilleur du monde ?

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La Coupe du monde féminine de football 2019

SUCCESS STORY - Tenantes du titre, les Américaines sont les grandes favorites de cette Coupe du monde 2019. Pour toutes les équipes, les coéquipières d'Alex Morgan sont la référence, la sélection à imiter et égaler. Pour quelles raisons ? Comment les Etats-Unis ont-ils construit leur succès ?

Trois fois championnes du monde (1991, 1999, 2015) et quatre fois championnes olympiques (1996, 2004, 2008, 2012), les Etats-Unis sont LA référence mondiale féminine du football. Leurs joueuses sont des stars, leur professionnalisme loué, et leur régularité, redoutable, puisqu'elles n'ont jamais terminé au-delà de la troisième place lors d'un Mondial. Cette année encore, elles arrivent en France avec le statut de favorite. Pourquoi les joueuses américaines sont-elles devenues les exemples à suivre ? Comment la sélection en est-elle arrivée là ? 

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Le plus grand vivier de joueuses

Sur les 30,1 millions de joueuses recensées dans le monde, licenciées ou non, 15,9 millions sont Nord-Américaines (Etats-Unis et Canada confondus). De quoi voir l'avenir avec sérénité pour la sélection nationale. "Ce qui frappe le plus, c'est la masse impressionnante de femmes qui jouent aux Etats-Unis dès le plus jeune âge à travers tout le pays", constate auprès de l'AFP l'Anglais Mark Parsons, entraîneur du club du championnat professionnel féminin de Portland.

Un système universitaire qui pousse à l'égalité

Le football américain puise sa force dans le système universitaire depuis qu'une loi promulguée en 1972, baptisée "Title IX", oblige les universités à créer des programmes sportifs dédiés exclusivement aux étudiantes. "Le 'Title IX' a offert plus d'opportunités aux femmes de faire du sport et a mis en place un environnement compétitif pour les joueuses, ce qui a permis au final à l'équipe national d'exceller", analyse également pour l'AFP Amanda Duffy, présidente de la NWSL (Ligue pro féminine aux USA). "Il y a actuellement 400, voire 500 équipes pour des joueuses de 18 à 22 ans, nulle part ailleurs dans le monde on voit ça", souligne Mark Parsons. Selon le technicien anglais, la domination américaine vient aussi de l'état d'esprit instillé dès l'enfance : "On apprend ici aux enfants, dès le plus jeune âge, que tout ce qui importe, c'est gagner".

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Professionnelles depuis 2001

Deux ans après le sacre à domicile des Etats-Unis en 1999, le football est entré dans l'ère professionnelle avec un premier championnat opposant huit équipes, la Women's United Soccer Association. Cette tentative n'a duré que trois saisons mais elle a précédé la naissance de la WPS en 2008, puis de la NWSL en 2013. En 2018, la NWSL a battu pour la cinquième année consécutive son record de fréquentation (650.564 spectateurs par saison), soit une progression de 73% par rapport à 2013.

"Plus de 50 joueuses ayant participé à la Coupe du monde 2015 évoluaient dans notre championnat. On table sur le même chiffre cette année en France, cela montre le niveau de notre championnat. Ça profite à tout le monde, à notre équipe nationale aussi" estime Amanda Duffy. 

De meilleurs résultats que les hommes

Les Américaines ont toujours eu, et de loin, de meilleurs résultats que leurs homologues masculins. Dominateurs dans leur région du monde, avec 6 Gold Cups à leur tableau de chasse, ces derniers affichent pour meilleur résultat un quart de finale de Coupe du monde en 2002, si on excepte la demi-finale de 1930 lors d'une première édition expérimentale. Ils ont même échoué à se qualifier pour la dernière Coupe du monde en Russie. "Les filles se sont mises au football car elles n'avaient pas ce que les garçons avaient avec le football américain, le basket et le baseball", estime l'ancienne internationale Brandi Chastain (192 sélections). "Le 'soccer' est devenu notre sport et on a tout fait pour en profiter au maximum", conclut-elle.

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