Coupe du monde 2019 : dans les bars, on commence à vibrer pour les bleues

Football
AMBIANCE BLEUE - Pour le premier match des Bleues en Coupe du monde (victoire 4-0 contre la Corée du Sud vendredi soir au Parc des Princes), LCI a fait la tournée des bars sur les Grands boulevards à Paris. Les filles font-elle autant recette que les garçons ? Reportage.

Les écrans géants sont de sortie, les bars affichent “Women’s World Cup - France vs South Korea” à la craie sur leurs ardoises, la bière coule à flot sur les Grands Boulevards. A première vue, on se croirait revivre la Coupe du Monde de l’été dernier. Mais après avoir traversé le Café Oz, on ne peut que noter la présence majoritairement féminine de l’assemblée. Sur les écrans, des images du parc des princes sous un ciel gris défilent dans le brouhaha des discussions. A 21h, réglé comme une horloge, le barman allument les haut-parleurs et sort le public de sa torpeur. Ça crie timidement dans le bar, la chanteuse Jain vient d’entrer sur le terrain pour lancer la compétition. Toutes les filles ont les yeux rivés sur les chorégraphies colorées du numéro d’ouverture. Dans le coin le plus reculé, un groupe de garçons entame un plateau de tapas sans jamais lever la tête vers les télévisions.

"On espère tous revivre l’engouement de l’été dernier"

Clémence, Yossra et Nolwenn par contre, se trémoussent et chantent à l’arrivée du refrain. Collègues de travail, elles attendaient avec impatience de se retrouver après leur journée pour encourager les Bleues. “L’année dernière, beaucoup plus de monde de la boîte avait suivi” note Clémence, t-shirt bleu blanc rouge sur le dos. “D’ailleurs on a relancé une plateforme de pronostics, et on a aussi beaucoup moins de réponse”, regrette-elle. “C’est pas forcément du désintérêt pour le foot féminin”, relativise Yossra. Selon elle, “les gens étaient occupés, il fait moins beau, il faut juste le temps que ça prenne mais on espère tous revivre l’engouement de l’été dernier”. Leur pronostic : 2-0 pour la France ! “Moi je dis même 3-1”, lance Nolwenn. Les équipes entrent dans le parc des princes. Les trois copines se réjouissent des gradins noirs de monde et du choix d’arbitres exclusivement féminines sur ce match. “J’espère que les Bleus regardent !” lâche Clémence. C’est l’heure de la Marseillaise, elles s’époumonent, une main en l’air, l’autre sur le téléphone pour filmer le coup d’envoi.


Sur la table d’à côté, une bande de six crient sur tous les inconscients qui s’arrêtent dans leur champ de vision. Maillot de foot ou t-shirt bleu, maquillage et collier de fleurs tricolores, la troupe est venue préparée. “Autant que l’été dernier !” assure Véronique, “mais il y avait plus d’ambiance”. Pour Elisa, ce n’est qu’une question de temps : “Dès le prochain match, il y aura trois fois plus de monde dans les bars” assure-t-elle. “La ferveur vient avec les victoires, ça va prendre, le foot féminin s’est beaucoup développé en quelques années”, continue la jeune femme. En tout cas, elle comme Véronique n’imaginent pas une seconde que leurs joueuses puissent perdre ce soir. Et voit bien les Bleues remporter, elles aussi, une étoile. “C’est ce qu’on leur souhaite en tout cas !” s’exclame Elisa. Comme pour leur donner raison, Eugénie Le Sommer vient de marquer, à la neuvième minute. Le serveur sonne le gong, embrassades et hurlements de loup dans le bar.

“Allez Amandine !”... “Ah non, c’était Eugénie je crois”

Le match bat son plein, les actions n’arrêtent pas et l’enthousiasme gagne même les plus timides. Le but refusé de Mbock met le public en émoi, qui hue longuement la décision de l’arbitre. 35ème minute, 45ème minute, doublé de Renard : c’est la liesse générale quand sonne le début de la mi-temps. Les cris de joies se mêlent aux chants des supporters, tout le monde sourit à pleines dents. Sauf nos mangeurs de tapas, qui ont déguerpi en quête d’un autre bar.


Derrière le comptoir, Biba espère que cette coupe du monde va enfin changer les avis sur le foot féminin. “Je suis brésilienne, et même dans notre pays, alors qu’on adore le foot, personne regarde les nanas”, regrette-t-elle. Accoudés au comptoir, Erwan et Mickael ne ratent pourtant pas une miette du spectacle. “Allez Amandine !”, s’exclame régulièrement le premier. “Ah non, c’était Eugénie je crois”, se rattrape-t-il. Les deux acolytes avouent ne pas du tout avoir suivi la coupe du monde des Bleus l’été dernier. “Mais bon là, on s’est dit que ça pouvait être cool”, explique Erwan en haussant les épaules. Mickael est plus modéré. “Il m’a demandé de venir”, finit-il par lâcher en souriant. 


De l’autre côté du boulevard, l’ambiance est celle d’un vendredi soir habituel dans le quartier. Au Sullivan’s, si les télévisions sont toutes branchées sur le match, on entend surtout la musique et rares sont les personnes captivées par ce France - Corée du Sud. Cent mètres plus loin, au Corcoran’s, c’est bien plus animé ! Mais les gens ne vibrent pas pour le foot : c’est concert ce soir. Direction le Balrock, auto-proclamé QG du sport à Paris. 32 écrans tapissent les murs, impossible de rater le match. Depuis les banquettes, chacun garde un oeil sur les tentatives de notre équipe de France pour marquer, mais le temps semble long. Les actions manquées font râler les commentateurs amateurs, qui partagent leurs petites analyses.


Alors que l’euphorie collective semble être retombée, le but de la capitaine Amandine Henry est accueilli par des cris de joie et de fierté à la 85ème minute. Les “Allez les bleues, allez les bleues” se répondent entre les différents étages du bar. A quelques secondes de la fin, l’audience se tend de nouveau. “Un cinquième, un cinquième”, s’exclament certains sans que le chant prenne. Coup de sifflet final, la France l’emporte 4-0, un tonnerre d'applaudissements fait écho au tremblement des gradins dans les haut-parleurs. Pendant de longues minutes, les Français encensent leurs championnes, augurant le meilleur pour la prochaine rencontre contre la Norvège, mercredi prochain.

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