États-Unis - Pays-Bas : enfin "le moment de briller" pour la Lyonnaise Shanice van de Sanden ?

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FOOTBALL – Opposées aux intraitables Américaines dimanche (17h sur TF1) en finale de la Coupe du monde 2019 à Lyon, les Néerlandaises compteront beaucoup sur la régionale de l’étape, Shanice van de Sanden, qui s’épanouit à l’OL depuis 2017. Portrait.

C’est un paradoxe en cette année 2019 où le prestigieux New York Times a désigné l’Olympique lyonnais version féminine comme étant "l’équipe la plus dominante de la planète au XXIe siècle", tous sports collectifs confondus, et alors que la finale de la Coupe du monde 2019 se joue à Lyon (dimanche à 17h sur TF1 et en direct commenté sur notre site) : sur l’ensemble des effectifs des deux dernières nations encore en lice pour soulever le trophée, les États-Unis et les Pays-Bas, on ne compte qu’une seule Lyonnaise : l’emblématique attaquante néerlandaise Shanice van de Sanden.

C'est la Coupe du monde et c'est ma ville, c'est dingue ! Ça donne beaucoup de confiance quand on a le stade avec soi, quand je suis arrivée tout le monde criait mon nom.- Shanice van de Sanden

Laquelle évolue à l’OL depuis 2017, comme un poisson dans l’eau. En a témoigné son "Je suis de retour à la maison !" posté sur Instagram aussitôt acquise la qualification pour les demi-finales, s’étant aussi toutes deux tenues à Lyon. Puis sa déclaration, au micro de TF1, consécutive à la victoire (1-0 a.p) des Oranjevrouwen, au Parc OL, face à la Suède en demie : "C'est vraiment un rêve, c'est incroyable, en plus c'est la Coupe du monde et c'est ma ville, c'est dingue ! Ça donne beaucoup de confiance quand on a le stade avec soi, quand je suis arrivée tout le monde criait mon nom. Ça donne ce petit plus."

Pourtant, sa sélectionneuse, Sarina Wiegman qui, la veille, déclarait : "C’est un magnifique stade à Lyon, j’ai vu Shanice y jouer en Ligue des champions, j’ai aimé l’ambiance", n’a pas tenu compte de cette proximité affective pour dessiner son onze de départ. Face à la Suède, Shanice van de Sanden a en effet démarré sur le banc, pour la première fois depuis le coup d’envoi du Mondial, la faute à une inefficacité chronique ayant atteint son paroxysme en 8es face à l’Italie (2-0), lors duquel les acclamations saluant habituellement chacune de ses accélérations ont fini par se changer en sifflets.

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Résultat : son entrée en cours de jeu, mercredi face à la Suède, a fait basculer la demi-finale en prolongation, l’attaquante manquant même de peu de plier l’affaire à la toute fin du temps réglementaire d’une puissante frappe du droit, avant de créer des brèches dans la profondeur et de faire remonter tout le bloc de son équipe par ses chevauchées dans les espaces (ce qui aura offert à Groenen une fenêtre pour inscrire de but la victoire à la 99e minute), puis de sauver sur sa ligne une frappe suédoise sur corner à la 115e. Excusez du peu.

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La veille de cette rencontre, Shanice van de Sanden lâchait ces propos, presque prémonitoires : "Si je ne fais rien de bien pendant trois matchs, il se peut que la sélectionneuse me remplace. Mais je pense que même pendant une rencontre où je joue mal, il y a toujours un 'moment Sjaan'." Sjaan étant son surnom, cela révèle un des traits dominant de sa personnalité : un positivisme forcené, qui se conjugue à une très grande confiance en elle, et la rend sans doute plus attachante qu'une autre.

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Ce caractère, elle l’a forgé durant ses jeunes années dans sa ville natale d’Utrecht, au sein d’une famille d’origine surinamienne de six enfants nés de trois pères différents. Une situation qui lui a donné, très tôt, le sens des responsabilités et l’a, par exemple, conduite, dès l’enfance, à faire la tournée des journaux de son quartier sur son vélo pour aider sa mère financièrement. Le football ? Il est arrivé tard dans sa vie quand, à l’âge de 12 ans, un voisin l’a inscrite sans lui demander son avis au petit club du coin. Soit quatre petites années avant que le grand public ne la voie disputer l’Euro 2009 avec l’équipe nationale A, et huit avant le sacre européen à domicile de 2017.

On me reproche de vouloir attirer l'attention mais en fait, je suis comme ça, j'aime les choses un peu à part, faire des choses spéciales.- Shanice van de Sanden

Ensuite, c’est donc à Lyon qu’elle s’est épanouie, remportant tous les trophées possibles et imaginables, et distribuant deux puis trois passes décisives lors des deux dernières finales de la Ligue des champions. Mais c’est moins la joueuse que le personnage qui en fait une figure centrale de l’OL, parmi les plus populaires aux yeux des supporters. On parle bien sûr de ses coupes de cheveux peroxydées spectaculaires, très régulièrement modifiées par de nouveau motifs, du rouge à lèvres rouge vif qu’elle arbore à chaque match, de son sempiternel sourire immaculé, de ses nombreuses prises de risques ballon au pied, ou de sa célébration façon Memphis Depay (une main derrière l'oreille). En somme, d’une extravagance certaine. Et assumée.

"Je suis une vraie expressive. Ça, c’est Sjaan, dit-elle en parlant encore d’elle à la 3e personne. Certains trouveront ça exagéré, mais c’est comme ça que je me comporte en dehors du foot. On me reproche de vouloir attirer l'attention mais en fait, je suis comme ça, j'aime les choses un peu à part, faire des choses spéciales. Je suis ouverte, même envers les inconnus, et j'aime apprendre à connaître de nouveaux gens. J’essaye toujours d’aider et d’être positive." 

Dimanche, alors que sa remplaçante Lineth Beerensteyn n’a pas du tout convaincu mercredi face aux Suédoises, et tandis que l’attaquante star Lieke Martens n’en finit plus de traîner une encombrante blessure à un orteil, c’est donc sur elle que se porteront les attentes du peuple batave, qui espère bien que l’environnement familier du Parc OL, cette fois, l’aidera à ouvrir son compteur buts dans ce Mondial. Dont le slogan, "le moment de briller", n'a jamais paru devoir tant s'appliquer à la dernière Lyonnaise du tournoi.

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