Coupe du monde 2019 : les championnes du monde américaines se rendront-elles à la Maison Blanche ?

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FOOTBALL – À peine la sélection américaine avait-elle décroché son quatrième titre mondial, en battant les Pays-Bas dimanche soir à Lyon (2-0), que la question brûlait déjà sur toutes les lèvres : le "Team USA" sera-t-il convié à la Maison Blanche comme le veut la tradition, malgré les critiques émises par Megan Rapinoe contre Donald Trump ?

"Pssh ! Je n’irai pas à la putain de Maison Blanche. Non. On ne sera pas invitées. J’en doute", avait taclé Megan Rapinoe, l’attaquante star et capitaine de l’équipe féminine de football des États-Unis, en marge d’une séance photo pour un magazine le 26 juin dernier, à deux jours du quart de finale de Coupe du monde face aux Bleues. Dès le mois de mai, du reste, la joueuse avait expliqué à Sports Illustrated : "Hors de question que j’y aille. Je ne vais pas faire semblant et passer du temps avec un Président qui est contre tout ce que je défends, et tant de choses que je suis."

La question lui avait été posée parce que la tradition veut que les championnes et champions américains soient reçus à la Maison Blanche par le président du pays après un titre mondial. Sur le moment, Donald Trump avait donc eu beau jeu de répliquer que "Megan devrait d'abord GAGNER avant de PARLER !". 

Un peu moins de deux semaines plus tard, nous y voilà : dimanche, le "Team USA" a battu les Pays-Bas (2-0) en finale et a soulevé sa quatrième Coupe du monde, Megan Rapinoe ouvrant même le score. "Félicitations à l'équipe féminine américaine pour sa victoire", a tweeté Donald Trump dans la foulée. Puis de conclure : "L'Amérique est fière de vous toutes !"

Ce qui marque, outre-Atlantique, le point de départ d’un véritable feuilleton : iront-elles ou n’iront-elles pas ? La question a immédiatement été (re)posée à Megan Rapinoe, sacrée dimanche meilleure joueuse et meilleure buteuse du Mondial, laquelle a réaffirmé qu'elle comptait boycotter l'invitation à la Maison Blanche et a souligné qu'"au moins" la défenseuse Ali Krieger ferait de même. Une Alli Krieger qui, durant la compétition, avait elle aussi pris position en déclarant sur l’antenne de CNN : "Je refuse de respecter un homme qui ne mérite aucun respect."

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Présente en conférence de presse au côté de sa capitaine quelques minutes après le coup de sifflet final, la sélectionneuse Jill Ellis a, elle, entrepris de prendre un peu plus de hauteur : "Nous n'avons pas encore été invitées. Je ne sais pas encore comment ça va se passer, mais je ne vais pas prendre de pari là-dessus (rires)." Il n’est effectivement pas exclu que le Président veuille s’épargner une séquence embarrassante et renonce de lui-même à l’invitation. Mais dans le cas contraire,  qui semble se profiler depuis que Donald Trump a lancé sur Twitter qu'il inviterait "toute l'ÉQUIPE qu'elle gagne ou qu'elle perde" en réponse à l'attaque de Megan Rapinoe, que se passerait-il ? Peut-on imaginer une délégation s’y rendre, sans les contestataires, comme cela s’est vu dans d’autres sports ces derniers mois ?

A priori non, si l’on se fie aux réponses données par certaines joueuses à cette épineuse question dimanche soir dans les entrailles du Parc OL. "Ça dépend de chacune d’entre nous, mais de toute évidence, nous donnerons une réponse collective", a ainsi annoncé l’attaquante Alex Morgan. Avant qu’Allie Long ne vienne confirmer à son tour cette grosse tendance : "Je crois que Megan a déjà annoncé qu’elle n’y allait pas. Donc nous, on reste derrière elle. On se lève et on se bat ensemble." Ce que Megan Rapinoe avait, du reste, déjà dit elle-même à sa manière en recevant son trophée de meilleure joueuse : "Ma voix est peut-être plus forte que celle des autres mais nous sommes toutes ensemble. On est juste un groupe de femmes fières, fortes et déterminées, ayant la volonté de changer le monde autour d’elles."

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