Coupe du monde 2019 : si elles sont sacrées, les Bleues toucheront des primes 10 fois inférieures à leurs homologues masculins

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La Coupe du monde féminine de football 2019

DOTATION - Selon leur résultat final, les joueuses de l'équipe de France se partageront 30% de la dotation allouée par la Fifa après la Coupe du monde. En cas de victoire, les Françaises toucheront environ 40.000 euros. Dix fois moins environ que la gratification perçue par les Bleus en Russie l'été dernier.

Emmanuel Macron leur a donné rendez-vous en finale, le 7 juillet à Lyon. Si elles répondent à l'appel du président de la République, le même qu'il avait formulé aux Bleus de Didier Deschamps l'été dernier, et en viennent à soulever leur première Coupe du monde, les filles de Corinne Diacre repartiront donc avec le trophée mais aussi une très belle récompense pécuniaire reversée par la Fédération française de football (FFF). En effet, la Fifa va attribuer une dotation à chaque nation en fonction de ses résultats.

Le budget alloué pour gratifier les fédérations - et par ricochet les sélections - a doublé par rapport à la précédente édition en 2015 au Canada. Les 24 équipes qualifiées se partageront 26,6 millions d'euros du prize-money, comme annoncé par le président de la Fifa, Gianni Infantino, en octobre dernier. Les vainqueures empocheront 3,5 millions d'euros, tandis que les finalistes se consoleront avec 2,3 millions d'euros. Enfin, les sélections éliminées dès le premier tour ne percevront que 667.000 euros. 

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40.000 euros, dix fois moins que les Bleus

Quoiqu'il arrive, les 23 Bleues et leur staff toucheront le même pourcentage que les garçons l'été dernier en Russie, soit 30% de la somme reversée par la Fifa à la Fédération française de football à l'issue du tournoi. Ainsi, si elles cousent leur première étoile sur le maillot tricolore, la délégation bleue se partagera, avec les membres du staff technique, 1,1 millions d'euros selon le mode de calcul acté par le président de la FFF, Noël Le Graët. Cela équivaut à environ 40.000 euros pour chacune des 23 footballeuses. Une gratification en hausse par rapport au Mondial 2015 au Canada, où 30.000 euros étaient promis aux Françaises en cas de sacre, soit l'équivalent de deux mois de salaire brut pour les mieux payées du groupe. Quarts-de-finalistes, elles avaient empoché 12.000 euros par tête. 

Bien que cette récompense soit considérable à l'échelle de notre société, l'écart de primes entre les Bleues et les Bleus demeure important. L'été dernier, les joueurs de Deschamps s'étaient partagés 30% des 33,8 millions d'euros offerts aux champions du monde, soit 11,4 millions d'euros. Chacun des 23 Français avait touché près de 400.000 euros de primes reversés en partie à des associations caritatives ou associations. 

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Cette différence peut surprendre, quand le dotation a doublé en quatre ans pour les filles et augmenté de seulement 9% pour les garçons, mais s'explique notamment par des droits TV inférieurs et des revenus de merchandising moins importants. D'ailleurs, du côté des Bleues, cette disparité au niveau des primes ne choque pas plus que cela. "Si on rapporte autant que les hommes, je n'ai aucun souci pour qu'on gagne autant. Mais mathématiquement, si on fait les comptes, je ne suis pas sûre qu'on rapporte autant que les hommes", expliquait lundi à la presse Gaëtane Thiney, l'une des cadres du vestiaire tricolore, soulignant là que les deux sélections n'évoluent pas tout à fait dans le même monde. "Les primes sont ce qu'elles sont. Franchement, les conditions dans lesquelles on évolue au quotidien sont vraiment au top. Pour moi, ce que la Fédération nous donne, c'est la meilleure des choses. Je pense d'ailleurs qu'il n'y a pas eu de négociations car le président (Le Graët) a toujours été très juste avec nous."

Ailleurs dans le monde, l'égalité des rémunérations demeure un motif de grogne chez les joueuses. En Australie, un syndicat représentant à la fois les sélections masculines et féminines a exigé, de la part de la Fifa, une augmentation de la dotation (64 millions d'euros au lieu des 33 millions prévus) de la Coupe du monde. En Norvège, la sélection féminine a obtenu le soutien de son homologue masculine, qui a baissé ses indemnités pour arriver à la parité. Mais c'est surtout aux États-Unis que les voix s'élèvent pour réclamer une stricte égalité entre les femmes et les hommes. En 2014, la sélection masculine avait perçu 4,7 millions d'euros pour avoir atteint les huitièmes de finale du Mondial au Brésil. Un an plus tard, au Canada, les Américaines n'avaient touché "que" 1,5 million d'euros après avoir remporté leur troisième Coupe du monde. Preuve du travail qu'il reste encore à accomplir pour combler ce fossé.

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