Coupe du monde 2019 : Valérie Gauvin, le phénix des Bleues

Football
FOOTBALL - Punie et remplaçante au premier match, l'attaquante de l'équipe de France Valérie Gauvin a répondu en ouvrant le score contre la Norvège (2-1), mercredi. Signe d’une force de caractère rare, qui en fait l’un des atouts offensifs principaux de la sélectionneuse Corinne Diacre dans ce Mondial 2019. Portrait.

Les deux fois, son regard l’a trahie pendant "La Marseillaise". Vendredi dernier à Paris, juste avant le coup d’envoi de France-Corée du Sud (4-0), match d’ouverture tant attendu de la Coupe du monde 2019, Valérie Gauvin, assise sur le banc des remplaçantes alors qu’on l’annonçait titulaire, avait les yeux rougis par un certain abattement. Et mercredi, avant le second  match des Bleues, à Nice face à la Norvège (2-1), on y a lu, au contraire, une détermination sans faille.


Changer de visage, l’attaquante de Montpellier et de l’équipe de France, âgée de 23 ans, l’a d’ailleurs fait au cours de ces deux rencontres. Vendredi, elle avait purgé sa frustration en réalisant une "très bonne entrée" (dixit la sélectionneuse Corinne Diacre) ayant permis aux Bleues de prendre le large au tableau d'affichage. Et mercredi, après quarante-cinq premières minutes passées à rater à peu près tout ce qu’elle tentait, elle a fini par ouvrir le score dès la reprise, avant de repartir, au coup de sifflet final, avec le trophée de la meilleure joueuse du match.

Interrogée dans la foulée sur cette capacité à rebondir, Valérie Gauvin a expliqué, dans un sourire plein d’assurance, que cela venait de loin : "Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours eu un mental fort. Je n’ai pas eu un parcours facile. J’ai aussi ma mère, qui a toujours été derrière moi. Quand c’est compliqué, elle me répète qu’il ne faut pas lâcher, quoi qu’il arrive. Du coup, quand j’ai des objectifs, en général, je fais tout pour les atteindre, en me concentrant sur ce que je sais faire."


Arrivée en métropole à l’âge de 4 ans, à Mirande dans le Gers, en provenance de Sainte-Clotilde, à la Réunion, où elle est née, Valérie Gauvin a en effet toujours pu compter sur le soutien inconditionnel de sa maman, qui l’a conduite dans d’innombrables longs trajets jusqu’à Toulouse pour les entraînements et les compétitions durant toute son enfance et son adolescence, entre judo, tennis et football en cumulé.

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Valérie Gauvin après France - Norvège : "J’ai donné le meilleur de moi-même"

C’est à Toulouse, d’ailleurs, que l’explosion survient, quand elle intègre, à 12 ans, le centre de formation du TFC, club au sein duquel elle se fera vite repérer, en remportant une moisson de titres (Coupe Fédérale avec les moins de 13 ans, Championnat de France des moins de 15 ans...) mais surtout en empilant les buts. En avril 2014, alors qu’elle n’a que 17 ans, La Dépêche du Midi lui consacre même un article, titré "la petite Ronaldo", après qu’elle a inscrit 9 buts face à Muret chez les moins de 19 ans.


À l’époque, Valérie Gauvin a déjà joué en D1, et est même déjà devenue la meilleure buteuse de l’équipe première du TFC. Chez les moins de 19 ans, cette année-là, elle ne fait que "dépanner"... Marquant 17 buts en trois matchs, dont sept, trois semaines auparavant, face à Montpellier. Résultat : à l’issue d’une saison 2013-14 qui l’a vue inscrire 32 buts en 20 matchs de D2 (dont elle a été sacrée meilleure joueuse), elle rallie le club héraultais, place forte du football féminin français.

L'armée, c'est mon truc, dès que j'ai du temps je regarde des documentaires sur les bérets verts, les commandos, les militaires, le GIGN.Valérie Gauvin

Les deux années suivantes, en parallèle de ses débuts professionnels, elle décroche un diplôme de DEUST en animation et commercialisation des services sportifs, avant d’obtenir une licence professionnelle en gestion et développement des organisations des services sportifs et de loisirs. Cette détermination à aller au bout de qu’elle entreprend se retrouve, logiquement, sur le terrain, dans cette propension qu'elle a à ne jamais renoncer au combat physique.


C’est sans doute ce qui a poussé Corinne Diacre à l’introniser buteuse titulaire de l’équipe de France dès qu’elle a pris ses fonctions de sélectionneuse, à l’été 2017. Puis à la convoquer pour le Mondial, malgré une saison minée par des blessures à la cuisse puis au genou (5 titularisations, 2 buts). Chez les Bleues, en revanche, son bilan est flatteur : 20 sélections, 10 buts, alors qu’elle a raté un paquet d’occasions face aux Norvégiennes, et lors des matchs de préparation ayant précédé le tournoi.

Ce mental d’acier, elle aurait d’ailleurs souhaité, si elle n’avait pu faire carrière dans le football, en faire profiter... l’armée. "C'est mon truc, dès que j'ai du temps je regarde des documentaires sur les bérets verts, les commandos, les militaires, le GIGN, confiait-elle en effet à L’Equipe. Ma mère aurait bien aimé me voir dans l'armée, et moi j'adore ça depuis toujours. J'ai toujours voulu voler, et j'avais en tête de faire pilote d'avion de chasse. Je regardais les reportages tout le temps, mais j'ai vu que c'était compliqué. Alors j'ai mis ça de côté." Aujourd’hui, personne ne s’en plaindra, pas même les militaires postés devant leur télé. 

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