Coupe du Monde 2019 - Stéphanie Labbé, la gardienne canadienne empêchée de jouer avec les hommes

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DISCRIMINATION - Lundi 10 juin, le Canada affrontera le Cameroun, dans une affiche du groupe E, à Montpellier. Parmi les joueuses canadiennes, qui se classent au 5ème rang mondial selon le classement de la FIFA, Stéphanie Labbé, une gardienne qui a montré aux hommes qu'elle pouvait être leur égale sur un terrain.

Elle est celle qui a défié les hommes, sur un terrain de football... avant d'en être empêchée par un règlement. Stéphanie Labbé, la gardienne canadienne disputera sa troisième Coupe du Monde, ce lundi 10 juin à Montpellier, face au Cameroun. Une compétition qui arrive au terme d'un cycle très particulier pour la portière canadienne car en 2018, elle s'est confrontée aux hommes sur un terrain avant d'être rattrapée par un règlement qui lui a valu un retour chez les féminines. Elle raconte d'ailleurs son expérience sur Player's Tribune

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En 2018, Stéphanie Labbé, gardienne médaillée olympique de l'équipe canadienne peine un peu à retrouver sa motivation: "Je ne m'amusais plus. J'étais juste un peu perdue. J'ai pensé que j'avais peut-être besoin de changer les choses, de trouver quelque chose de nouveau. Cela semble fou, mais j’ai envisagé de prendre ma retraite pour essayer un sport totalement différent, comme le handball, l’athlétisme ou autre", dit-elle. 

Dans un ultime défi, forte de son expérience, de son talent et de ses médailles, elle décide à 31 ans de montrer aux hommes qu'elle a sa place avec eux. Elle réussi alors à convaincre l'entraîneur du club canadien de Calgary, qui évolue dans l'équivalent du Championnat nord-américain de 4e division, de lui donner sa chance. Bien lui en a pris puisque la championne participe à plusieurs matchs de préparation de la saison 2018, avec quelques appréhensions tout de même. 

Comme elle le raconte dans sa chronique, elle doute dès son premier jour "de pouvoir supporter le volume d'entraînement", incomparable avec ce qu'elle avait connu jusque là. "Je suis forte et solide, mais je me demandais si j'étais physiquement capable de gérer la musculation en plus de la pratique. Le volume était fou (...) Honnêtement, il y avait des jours difficiles où je voulais demander à mon entraîneur de me remplacer parce que j'étais tellement épuisée et que je ne savais pas si j'allais pouvoir récupérer à temps pour pouvoir suivre l'entraînement du gardien", écrit-elle. Mais elle tient bon physiquement et fait ses preuves, au point de participer à plusieurs matches de préparation de la saison 2018 : "j'avais enfin gagné leur respect", dit Stéphanie Labbé. 

"Mon genre est mon genre"

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Puis au moment de signer un contrat, son entraîneur, défait, lui annonce la mauvaise nouvelle : "Les responsables de la ligue se sont opposés à la signature. Je ne pouvais pas jouer parce qu'il s'agissait d'une ligue "basée sur le genre". Je ne pouvais pas être sur la liste parce que j'étais une femme. C'était contre leur règlement (...) J'ai voulu faire appel de la décision, mais la ligue a expliqué que sa décision était ferme. On m'a dit d'aller jouer dans une équipe féminine", écrit-elle encore dans sa tribune.  "C'était difficile bien sûr qu'on me dise que je ne pouvais pas jouer à cause de quelque chose que je ne contrôlais absolument pas", explique Stéphanie Labbé à l'AFP. "Je ne pouvais pas rentrer chez moi, travailler dessus ou le changer, car mon genre est mon genre", rappelle-t-elle.

Malgré ses démarches auprès de la Ligue qui gère ce championnat, une procédure en justice et malgré le soutien de son entraîneur à Calgary ainsi que de ses coéquipiers, elle doit s'avouer vaincue. Mais si elle a fait, depuis, son retour dans un club féminin, en Suède pour la fin de la saison 2018, et depuis mars dans une franchise du Championnat professionnel américain féminin (NWSL), le NC Courage, Labbé a le sentiment d'avoir remporté une victoire. "Etre capable de prouver que vous pouvez jouer à ce niveau et que vous pouvez supporter l'entraînement, c'est très important pour votre propre confiance", rappelle celle qui aura sûrement à cœur de démontrer à la ligue qu'elle a le niveau et sûrement un peu plus, qu'un club de 4e division. 

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