Coupe du monde 2019 : la décontraction, l'arme fatale du "Team USA" ?

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EN TOUTE DÉTENTE - Avant leur demi-finale contre l'Angleterre, un choc au sommet ce mardi soir à Lyon, les Américaines jouent une nouvelle fois la carte de la décontraction, comme depuis le début de la Coupe du monde. Mais la frontière entre confiance en soi et arrogance est parfois mince.

Leurs conférences de presse sont des "shows" où on rit volontiers, leurs matches sont "fun", et on les croise dans les couloirs de leur hôtel comme n'importe quels clients. Les Américaines font preuve d'une déconcertante décontraction depuis le début de la Coupe du monde. Leur manière à elles d'échapper à la pression ? Leur arrivée à Lyon avant leur demi-finale contre l'Angleterre ce mardi (à 21h, en direct sur TF1 et en live commenté sur LCI) ne déroge pas à la règle. La reconnaissance du stade ? Elle s'est faite pieds nus pour la star Alex Morgan, pendant que trois coéquipières esquissaient quelques pas de danse.

Lundi 1er juillet, en marge du point presse organisé à leur hôtel, c'est l'autre vedette de l'équipe, Megan Rapinoe, que l'on pouvait croiser au bar de l'établissement, sweater gris et short noir, elle qui boycotte l'hymne national et a fermement renouvelé ses positions ces derniers jours contre le président américain Donald Trump, en affirmant notamment qu'elle ne se rendrait pas à la Maison Blanche après la compétition. Le genre de déclarations qui pourrait semer le trouble dans une autre sélection mais qui n'a pas l'air de déranger outre mesure son équipe, qui poursuit son chemin comme si de rien n'était.

La visite impromptue à l'hôtel des Anglaises

Le staff de l'équipe américaine s'est même permis d'aller visiter l'hôtel lyonnais où s'installera la "Team USA" si elle accède à la finale le 7 juillet. Cela tombe mal, c'est celui où résident actuellement les "Lionesses", leurs adversaires en demie. Leur sélectionneur Phil Neville n'a pas franchement apprécié les manières de l'encadrement américain. "Je me suis juste demandé ce qu'ils faisaient là. Ce n'est pas vraiment le protocole habituel. Je ne voudrais pas que mon équipe fasse cela. Je ne le ferais pas et je ne l'autoriserais pas. C'est leur problème", a-t-il gentiment taclé. Rien de choquant pour la sélectionneuse américaine Jill Ellis : "Je crois que tout le monde fait ça. C'est important d'anticiper pour mon équipe et mon administratrice. Cela n'a rien à voir avec de l'arrogance, c'est simplement de la préparation et de l'anticipation pour le staff, c'est tout à fait habituel".

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Ce procès en arrogance revient régulièrement depuis le début du Mondial, après le 13-0 infligé à la Thaïlande - et les célébrations qui sont allées avec - lors de leur premier match dans la compétition, un record en Coupe du monde. La sélection américaine s'en est toujours défendue, assure respecter tous ses adversaires, et revendique presque sa manière décomplexée d'aborder la pression de la Coupe du monde. Les coéquipières d'Alex Morgan et Megan Rapinoe sont-elles si sûres de leurs forces ? "J'appellerais plutôt ça de la foi (en nous, ndlr), je le caractériserais comme de l'optimisme sur notre capacité à gagner, notre capacité à nous adapter tactiquement. Nous devons faire ça pour gagner", a expliqué l'attaquante Christen Press, doublure d'Alex Morgan.

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La "positive attitude" des Américaines

Amandine Henry, l'une des rares Bleues à avoir évolué de l'autre côté de l'Atlantique, chez les Portland Thorns, avait rendu compte auprès de l'AFP de cette "positive attitude" des Américaines, loin des règles strictes qui régissent la vie de groupe des Françaises dans les grands tournois. À Portland, "quand on partait en mise au vert, on pouvait aller se faire des restos, sortir de l'hôtel. C'était libre, en fait. Ça permet de décompresser mentalement", racontait la capitaine tricolore. "Là-bas, ils s'en fichent de la façon dont on se prépare. Le plus important, c'est sur le terrain. C'est un management complètement ouvert, tandis qu'en France, on aime bien contrôler ce que la joueuse mange, à quelle heure elle dort..." remarquait la milieu de Lyon. Mais ce sont les Américaines qui ont sorti la France en quarts (2-1), après un match "fun", comme l'a décrit la milieu Rose Lavelle en zone mixte.

Les triples championnes du monde et quadruples médaillées d'or aux Jeux olympiques préparent maintenant leur demi-finale de Coupe du monde sans trop de stress, visiblement. Megan Rapinoe a fini par quitter le bar de son hôtel après quelques minutes. Pendant ce temps, une petite bande de coéquipières revenait de la piscine en peignoirs. En riant.

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