Coupe du monde 2019 : Corée du Sud, Norvège, Nigeria... que valent les adversaires des Bleues ?

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ADVERSITÉ - Lors du tirage au sort, l'équipe de France a hérité d'un groupe à sa portée avec des adversaires que les Bleues ont déjà battues ou qui seront privées de leur meilleure joueuse. LCI zoome sur les adversaires des Françaises lors de ce premier tour du Mondial avec l'attaquante Eugénie Le Sommer et la légende du foot tricolore Marinette Pichon.

"C'est un groupe relevé mais quand on voit les 23 équipes qualifiées, je ne m'attendais pas à autre chose", confiait la sélectionneuse tricolore Corinne Diacre lors du tirage au sort. "L'idée, c'est de finir premières et d'aller le plus loin possible." Pour sa Coupe du monde, à domicile, l'équipe de France affrontera la Corée du Sud pour le match d'ouverture (le 7 juin à Paris), la Norvège (le 12 juin à Nice) puis le Nigeria (le 17 juin à Rennes). Si cette poule est clairement à la portée des Bleues, cela n'est pas joué d'avance pour autant face à des sélections qu'elles ne veulent surtout pas sous-estimer, sous peine de le payer cash.

"Il faut se méfier de ces trois équipes", nous met en garde la buteuse tricolore Eugénie Le Sommer. "J'ai un peu l'impression qu'il n'y en a pas une au-dessus de l'autre, elles ont toutes un style de jeu très différent. Je les mettrais toutes les trois au même niveau", analyse la joueuse de l'OL. "Sur le papier, on est meilleures qu'elles mais, malgré tout, sur un match elles sont capables de sortir une grosse performance. Il faudra faire attention et bien analyser ces trois équipes pour être prêtes le jour J." 

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Avant d'entrer de plain-pied dans la compétition, à partir du vendredi 7 juin avec un alléchant France-Corée du Sud, LCI décrypte les trois adversaires de l'équipe de France lors de ce premier tour avec l'analyse de l'attaquante des Bleues Eugénie Le Sommer et de l'ancienne footballeuse Marinette Pichon.

La Corée du Sud, le 7 juin à 21h

Premier équipe à défier les Bleues, la Corée du Sud dispute sa troisième Coupe du monde, après deux participations en 2003 et 2015. Dans leur histoire, les "Guerrières Taegeuk" n'ont jamais fait mieux qu'un huitième de finale, battue par la France (0-3) lors de la précédente édition au Canada. Les Sud-Coréennes, 14e nation au classement Fifa, ambitionnent au moins d'égaler cette performance sur le sol français. 

"Jouer la Corée en match d'ouverture, ce ne sera pas si évident", nous prévenait Marinette Pichon, la meilleure buteuse de l'histoire de l'équipe de France (81 réalisations en 112 sélections), femmes et hommes confondus, lors d'un entretien en février dernier. "On connaît la rigueur, l'abnégation et la capacité de cette équipe à subir puis à créer la surprise. C'est un jeu difficile à manier. C'est assez dense, avec un bloc bas qui laisse peu d'espaces et des joueuses qui mouillent le maillot."

Pour tenter d'imiter la performance de leurs homologues masculins, qui s'étaient hissés jusqu'en demi-finale lors de la Coupe du monde 2002 sur les terres, les filles de Yoon Deok-yeo vont s'appuyer sur leur solidité défensive (0 but encaissé lors de la Coupe d'Asie 2018) et la virtuosité de leur meneuse, Ji So-yun. "La Corée du Sud a un style de jeu proche de celui du Japon, il est fait de jeu court en mouvement. Elles ont une excellente joueuse, Ji So-yun, qui évolue à Chelsea et qu'on a affrontée en demi-finale de Ligue des champions avec Lyon", confie à LCI Eugénie Le Sommer, l'attaquante des Bleues. 

Première Sud-Coréenne à évoluer en Premier League en 2014, Ji So-yun a découvert l'équipe nationale à 15 ans dont elle est devenue la meilleure buteuse (54 réalisations). "Notre objectif premier est de passer la phase de groupes", indique la joueuse de 28 ans au site de la Fifa. "Ce ne sera pas facile, mais si nous croyons en nous, nous pourrons y parvenir. Une fois cette étape passée, nous en voudrons encore plus."

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La Norvège, le 12 juin à 21h

"Attention à la Norvège, c'est une équipe qui revient au haut niveau." L'avertissement de Marinette Pichon témoigne de la dangerosité des "Gresshoppene", sans nul doute les adversaires les plus redoutables des Bleues lors de ce premier tour. Les Norvégiennes ont participé à toutes les Coupe du monde depuis 1991 et ont décroché le Graal ultime en 1995. Ces dernières années, elles ont néanmoins connu une période sans faste. Éliminée dès les poules en 2011 et sortie en huitièmes de finale en 2015, la Norvège ne s'est pas qualifiée pour les JO 2012 et 2016. Elle a également déçu lors du dernier Euro aux Pays-Bas.

Mais, contre toute attente et même en l'absence d'Ada Hegerberg, la Ballon d'Or brouillée avec sa Fédération à qui elle reproche un manque d'investissement envers la sélection féminine, la 12e nation mondiale s'est refait la cerise ces derniers mois. Elle a terminé ainsi première de son groupe qualificatif devant les Pays-Bas, qui ne sont pas moins que les championnes d'Europe en titre. 

"La Norvège est une équipe athlétique, basée sur les longs ballons et sur l'impact physique", décrypte pour LCI Eugénie Le Sommer. "Elles jouent dans de grands clubs européens." À l'image de la capitaine Maren Mjelde, qui évolue à Chelsea, à la recrue du Barça Caroline Graham Hansen ou encore à l'ex-attaquante de l'OL, Isabell Herlovsen. "C'est sympa de pouvoir affronter la France en Coupe du monde", confie cette dernière. "La pression, ce sont elles qui l'ont. Nous, on est juste là pour profiter de ce match".

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Le Nigéria, le 17 juin à 21h

C'est peut-être l'équipe la plus abordable du groupe des Bleues. Entraînées depuis janvier 2018 par le Suédois Thomas Dennerby, qui a hissé son équipe nationale à la troisième place du Mondial 2011 en Allemagne, les "Super Falcons" sont plus en retrait que la Corée du Sud et la Norvège sur l'échiquier mondial avec une 39e place au classement Fifa. Toutefois, il ne faut pas les prendre par dessus la jambe. 

"Le Nigeria, c'est un peu l'inconnue", nous assurait Marinette Pichon il y a quelques temps. "On ne sait jamais ce qui peut se passer. Je suis un peu sur la réserve." Quarts de finaliste en 1999, leur meilleur résultat en Coupe du monde, les Nigérianes - 11 fois championnes d'Afrique (en 13 éditions !) - ont disputé tous les tournois mondiaux depuis 1991, seule équipe africaine dans ce cas.

Par le passé, le Nigeria a plutôt bien réussi à l'équipe de France. Les Françaises les avaient corrigées 8-0 en amical l'an dernier. "Mais c'est une équipe nous a aussi mise en difficulté. On les avait jouées à la Coupe du monde en 2011 et on avait gagné 1-0 avec un but à la fin du match", se souvient Eugénie Le Sommer. "C'est une équipe difficile qui met beaucoup d'impact avec des joueuses rapides. Ils ont une bonne attaquante, Asisat Oshoala, qui joue à Barcelone." Meilleure joueuse africaine en 2014, 2016 et 2017. 2014, 2016 et 2017, la buteuse de 24 ans sera un poison permanent pour les filles de Corinne Diacre. 

Elle est d'ailleurs bien décidée à jouer crânement sa chance en France. "J'ai dit à mes coéquipières qu'aucune des équipes qualifiées pour la Coupe du monde n'était là pour faire de la figuration", raconte l'internationale nigériane. "Ce sont des championnes sur leur continent. Ces matches-là, c'est championnes contre championnes. Le groupe est ouvert, mais le niveau sera très élevé."

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