Coupe du monde 2019 : le fabuleux destin de Formiga, doyenne du Mondial

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La Coupe du monde féminine de football 2019

VÉTÉRANE - À 41 ans, Formiga fait partie des 23 joueuses brésiliennes qui affronteront la France, en huitièmes de finale, dimanche 23 juin au Havre. La milieu du PSG, première joueuse à participer à sept phases finales du tournoi, est la joueuse la plus âgée à disputer un match de Coupe du monde. Pourtant, rien ne prédestinait la petite fille de Salvador de Bahia à une telle carrière.

Il n'y a pas d'âge pour jouer une Coupe du monde. Du haut de ses 41 ans, Formiga figure dans la liste des 23 joueuses brésiliennes retenues pour disputer le Mondial, du 7 juin au 7 juillet. En France, Miraildes Maciel Mota dite Formiga participera à sa septième phase finale d'une compétition qu'elle n'a pas manquée depuis 1995. La milieu de Seleção est devenue la joueuse la plus âgée à disputer une rencontre lors d'un Mondial face à la Jamaïque (3-0). Un record de longévité sportive détenu jusqu'alors par l'Américaine Christie Rampone, 40 ans et 11 jours, au Canada en 2015.

Plus vieille buteuse de la compétition (37 ans, 3 mois et 6 jours en 2015), record qu'elle aura là aussi l'occasion d'améliorer sur les pelouses françaises durant l'été, l'infatigable milieu est, par ricochet, la deuxième joueuse de champ la plus âgée à participer à une Coupe du monde, tout sexe confondu, après le Camerounais Roger Milla (42 ans et 39 jours en 1994). Une longévité qu'elle doit à sa passion sans limite pour le football. "Je n'ai pas envie d'arrêter. J'aime les défis, et les obstacles sur ma route me motivent encore davantage", confiait l'internationale brésilienne au site de la Fifa en novembre 2018. 

Une mentalité de guerrière depuis l'enfance

Côté défis et obstacles, la légende du football féminin a plutôt été servie. Sa trajectoire témoigne de toutes les difficultés qu'une femme peut être en mesure d'affronter dans une société brésilienne où le machisme est très présent. Née le 3 mars 1978 dans un quartier pauvre de Salvador de Bahia, Miraildes a souffert des discriminations liées à sa couleur de peau et à sa condition de femme. Et même lorsqu'elle pensait avoir trouvé un refuge dans le football, sa famille n'a pas accepté de la voir pratiquer un sport "de garçon". En particulier ses frères et sœurs, qui l'ont battue pour qu'elle arrête de jouer au ballon.

Mais le contexte familial et sociétal hostile n'a pas ébranlé sa détermination. Formiga - son surnom ("la fourmi", en français) dont elle a hérité à ses 12 ans par une jeune fan, en référence à sa capacité à organiser le jeu de son équipe - s'est battue pour réaliser son rêve. Révélée à l'âge de 15 ans en première division brésilienne, elle a intégré en toute logique l'équipe nationale du Brésil, deux ans plus tard, à 17 ans.

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Joueuse qui a servi le plus longtemps la Seleção, la quadra d'1m74 a disputé six Jeux olympiques (1996, 2000, 2004, 2008, 2012 et 2016), elle est la seule à avoir disputé toutes les éditions du tournoi olympique féminin depuis sa création en 1996, pour deux médailles d'argent à Athènes 2004 et Pékin 2008. Pourtant, malgré le duo en or qu'elle forme avec Marta depuis 2003 et sa participation à six Coupe du monde, la triple championne des Jeux panaméricains (2003, 2007 et 2015) n'a jamais remporté le Graal ultime. Elle a échoué en demi-finale du Mondial 1999 et en finale en 2007. En 2016, l'échec aux Jeux de Rio l'avait poussée à prendre sa retraite, à 38 ans... Avant qu'elle ne change d'avis par amour pour son pays.

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Un retour "à la Zizou" avec le Brésil

Au mois de  mars 2018, à l'image de Zinedine Zidane revenu en équipe de France en 2005, Formiga est sortie de sa retraite internationale pour aider le Brésil à se qualifier pour la Coupe du monde 2019. "J'étais sortie de ma retraite par nécessité. La Seleção n'avait personne à mon poste, en tout cas personne capable d'évoluer dans un registre comparable au mien. Le sélectionneur m'a dit qu'il avait besoin de moi. Il fallait absolument que la Seleção valide son billet", expliquait-elle pour justifier son retour. Mais, une fois la mission remplie, elle ne devait pas continuer. "À l'époque, je n'avais aucune intention de poursuivre au-delà et de disputer la Coupe du monde, mais je suis quelqu'un qui aime repousser les limites..." 

Des limites qu'elle repousse aussi en club. Première joueuse à intégrer, avec Marta, le Musée du football brésilien de Sao Paulo en 2015, qui n'était composé que d'hommes, dont Pelé, Socrates ou Rivaldo, la capitaine du PSG a récemment prolongé son bail jusqu'en 2020. Ce qui veut dire que la joueuse qui compte autant de poumons que d'années au compteur va entamer sa 26e saison professionnelle, soit une de plus qu'une autre légende du ballon rond, le portier parisien Gianluigi Buffon (41 ans). 

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Car, malgré ses 41 printemps depuis mars, Formiga a conservé la fraîcheur de ses 20 ans sur le terrain. Aujourd'hui, celle qui est venue à Paris pour accomplir l'un de ses rêves, disputer la Ligue des champions, aimerait franchir l'ultime étape. "Nous pouvons gagner cette Coupe du monde, j'en suis persuadée", assurait-elle il y a quelques mois. À coup sûr, un titre mondial la ferait rejoindre Marta, seule joueuse au "Hall of Fame" du football brésilien. Et faire d'elle, à tout jamais, une immortelle.

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