"La Coupe du monde des Bleus nous donne des idées", confie l'attaquante des Bleues Eugénie Le Sommer à LCI

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ASPIRATIONS - À quelques jours de l'entrée en lice des Bleues dans "leur" Coupe du monde, Eugénie Le Sommer confie à LCI son rêve de soulever le trophée, un an après l'épopée russe victorieuse de la bande à Deschamps. Ambitieuse mais pas prétentieuse, l'attaquante tricolore voit en l'équipe de France un outsider.

Gagner enfin un trophée avec les Bleues, Eugénie Le Sommer en rêve. Meilleure buteuse en activité de l'équipe de France avec 74 buts, la numéro 9 tricolore va disputer sa troisième Coupe du monde après 2011 et 2015. Un an après avoir vu ses comparses masculins "ramener la Coupe à la maison", et 21 ans après le sacre historique de leurs illustres aînés à domicile dans une finale de légende face au Brésil (3-0), elle se laisse le droit de rêver à une première étoile chez les femmes.

Jointe il y a quelques semaines par LCI, l'attaquante de l'OL se livre avant le match d'ouverture de l'équipe de France face à la Corée du Sud, vendredi 7 juin (à 21h, en direct sur TF1) au Parc des Princes. La jeune femme de 30 ans, qui va se marier dans les prochains mois, se confie sur ses ambitions, son rôle dans le groupe et sa relation avec la sélectionneuse Corinne Diacre.

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Cette équipe peut aller très loin- Eugénie LE SOMMER

LCI : Vous venez de gagner votre sixième Ligue des champions avec Lyon. Vous avez tout gagné tous les trophées en club. Il ne vous manque qu'un titre avec les Bleues. Est-ce enfin la bonne année ?

Eugénie LE SOMMER : C'est vrai que j'ai tout gagné avec mon club, et aujourd'hui ce qu'il me manque effectivement c'est un titre avec les Bleues. C'est ce petit manque qui me pousse, à chaque compétition que je dispute avec l'équipe de France, à tout mettre en oeuvre pour ramener enfin un trophée. Ce serait juste formidable de gagner. Je ne suis pas sûre que cela se soit déjà fait auparavant, en tout cas chez les filles. Ce serait une grande fierté. On en est capables, cette équipe peut aller très loin. Mais il nous faudra aussi avoir ce brin de réussite qui nous a souvent fait défaut dans la dernière ligne droite.

LCI : Lors de la précédente édition en 2015 au Canada, vous avez été sorties par l'Allemagne (1-1, 5 t.a.b à 4) en quarts de finale. Gardez-vous encore aujourd'hui cette élimination en travers de la gorge ?

Eugénie LE SOMMER : On était déçues de perdre ce quart de finale, surtout de la manière dont cela s'est fait. Selon moi, il y avait une petite injustice parce que ce penalty sifflé à la 83e minute était contestable. On a été très touchées par cette élimination. On avait une équipe pour aller très loin. On méritait mieux. Maintenant, c'est une autre compétition qui commence. On va jouer à la maison. Il faudra être performantes. Cela va se jouer sur des détails donc il faudra qu'on soit préparées à toutes les éventualités et tous les scénarios possibles. Il faut qu'on ait le moins d'incertitudes le jour J.

LCI : Corinne Diacre a déclaré que la France n'était "absolument pas favorite" malgré de belles performances de votre équipe ces derniers mois. Partagez-vous l'analyse de votre sélectionneuse ?

Eugénie LE SOMMER : Elle a entièrement raison, nous ne sommes pas favorites. Il y a d'autres nations devant nous. Nous, on fait partie des outsiders. Il ne faut pas oublier que notre palmarès est vierge. On a remporté des matches de préparation et on sait tous la valeur que cela a. Parfois, ça ne veut rien dire. Je me rappelle qu'en 2015 on avait battu les États-Unis (2-0). C'était une victoire énorme en match de préparation. Mais cela ne nous a pas empêchées d'être éliminées en quart de finale à la Coupe du monde. Je repense aussi à la SheBelieves Cup qu'on a gagné en 2017 avec un tournoi très relevé avec les États-Unis, l'Allemagne et l'Angleterre. Derrière, on s'est qualifiée difficilement pour l'Euro avant de se faire sortir en quarts là aussi. On a une équipe performante. On a un peu d'expérience mais pas autant que certaines équipes. On est des outsiders.

LCI : Enviez-vous tout de même les Bleus, champions du monde l'été dernier en Russie ?

Eugénie LE SOMMER : Ce n'est pas de l'envie mais cela nous donne des idées. On aimerait bien être à notre tour à leur place et connaître ce qu'ils ont vécu. Ça avait l'air d'être des émotions énormes. Et puis quelle fierté ce serait de gagner la Coupe du monde à la maison. C'est le plus beau trophée qu'on peut gagner en étant joueuse de football. C'est un rêve absolu.

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Le groupe est sain, tout le monde est à l'écoute- Eugénie LE SOMMER

LCI : Comment vit le groupe depuis le début de la préparation ?

Eugénie LE SOMMER : Le groupe vit bien. Cela se voit sur et en dehors du terrain. Il est sain, tout le monde est à l'écoute. C'est important pour une équipe de bien s'entendre et de se dire les choses quand il le faut. On l'a vu en 2018 avec les garçons, c'est peut-être ce qui leur a permis d'aller au bout. C'est une force supplémentaire si on peut s'appuyer sur un groupe uni et solide.

LCI : On vous sait proche de Corinne Diacre. Qu'apporte-t-elle à l'équipe au quotidien ? 

Eugénie LE SOMMER : Son mot d'ordre, c'est la rigueur. C'est quelqu'un qui est très rigoureuse. Sur le terrain, cela s'est vu et se voit. En dehors, elle a posé un cadre mais, malgré tout, on est assez libres à l'intérieur de ce cadre. Elle a aussi apporté une touche tactique supplémentaire. On travaille vraiment tactiquement et collectivement, que ce soit offensivement ou défensivement, pour savoir ce que la coéquipière va faire et ainsi mieux se comprendre entre nous sur le terrain. Elle a établi des bases solides. Maintenant, à nous de nous appuyer là-dessus pour poser notre jeu et gagner nos matches.

LCI : De part votre expérience, vous a-t-elle confié un rôle précis dans le groupe ?

Eugénie LE SOMMER : Elle ne m'a pas donnée de rôle précis. C'est moi qui prend mes responsabilités et essaie de conseiller les plus jeunes à l'approche de cette Coupe du monde. En tant que vice-capitaine, mon rôle se fait naturellement de part mon expérience et mon âge. Que ce soit Amandine (Henry) ou moi, on fait le relai entre le staff technique et les joueuses. On essaie de leur faire remonter ce qui doit l'être pour faire évoluer les choses et améliorer la vie et l'entente au sein du groupe. La coach est très à l'écoute de ce qu'on peut lui dire, elle considère chaque remarque pour nous mettre dans les meilleures conditions.

Je la prends même si je ne marque pas - Eugénie LE SOMMER

LCI : Lors de cette Coupe du monde, vous allez pouvoir battre le record de buts de Marinette Pichon en équipe de France (81 en 112 sélections). Vous en êtes à 74. Est-ce que vous y pensez ? 

Eugénie LE SOMMER : C'est un objectif qui est dans le coin de ma tête. Ce serait vous mentir que vous dire le contraire. Je suis une attaquante, j'aime marquer et je m'en rapproche petit à petit. Ce serait beau et une fierté de le battre. Mais je n'ai pas envie de me tromper d'objectif, de faire passer mon cas personnel avant celui de l'équipe. Ce n'est pas le plus important de battre ce record ou de finir meilleure buteuse de la compétition. Après, bien sûr, si je peux marquer, je ne me gênerais pas.

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LCI : Seriez-vous prête, comme Giroud ou Guivarc'h, à gagner la Coupe du monde sans marquer ?

Eugénie LE SOMMER : Je la prends même si je ne marque pas (rires). Je serais forcément un peu déçue parce que j'aime ça mais la victoire primera forcément sur le reste. Le football, c'est un sportif collectif. Le plus important, c'est de gagner toutes ensemble. Si je ne mets pas de but mais qu'on soulève le trophée avec les filles le 7 juillet à Lyon, ça me va très bien. 

LCI : Savez-vous déjà si cette Coupe du monde sera votre dernière en Bleue ?

Eugénie LE SOMMER : Je ne sais pas quand j'arrêterai. Je n'ai pas encore décidé. Peut-être que ça ne viendra pas de moi. Aujourd'hui, je ne me fixe pas encore d'objectifs de fin de carrière. Je vois comment je me sens au jour le jour, saison après saison. Il y a tellement de choses qui peuvent se passer aussi. Parfois c'est le corps qui dit stop, parfois c'est la tête. Ce n'est pas le cas donc je continue mon petit bonhomme de chemin. J'essaie d'aller le plus loin possible. On verra le moment venu.

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