Coupe du monde : surutilisée, contestée ... bilan très contrasté pour l'assistance vidéo après les huitièmes de finale

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CONSTAT - Alors que les quarts de finale du Mondial 2019 débutent jeudi 27 mai avec Norvège-Angleterre, la compétition, spectaculaire et riche en buts, a été marquée par l'utilisation à outrance de l'assistance vidéo. Un usage qui présente le défaut de ralentir lourdement le jeu... et de ne pas évacuer les polémiques arbitrales.

Le match d’ouverture entre la France et la Corée du Sud le 7 juin dernier (4-0) avait annoncé la couleur. Avec un but justement refusé à Griedge Mbock pour un hors-jeu de quelques centimètres, le VAR s'était immédiatement imposé comme l’acteur majeur de cette Coupe du monde, pour le meilleur et pour le pire.


En tout, des matchs de poules à l’intégralité des huitièmes de finale disputés durant la compétition, l'arbitre central a fait appel 23 fois au VAR, en 44 matchs, soit plus d'un match sur deux. En comparaison, lors du Mondial 2018 en Russie, si 455 incidents avaient été analysés par des arbitres assistants vidéo, seulement 20 avaient fait l’objet d’un appel de la part du directeur du jeu, soit moins d'une fois sur trois.

Les Camerounaises dépitées

Dans le cas du Mondial 2019, de nombreuses décisions appuyées par le VAR ont été fortement contestées par les équipes en étant victimes. L’exemple le plus marquant en date, celui des Camerounaises qui, avant la pause face à l’Angleterre (3-0), ont concédé un deuxième but, initialement refusé pour hors-jeu puis validé par le VAR. Le tout avant que cette dernière ne leur refuse un but d’Ajara Nchout au retour des vestiaires. À chaque fois, les Lionnes Indomptables ont longuement contesté ces décisions, arrêtant le jeu pendant quelques minutes.


"A un moment donné, la plupart d'entre nous ne voulaient même plus jouer, on voulait laisser le match aux Anglaises. Mais comme on jouait pour notre pays, on s'est dit qu'on allait défendre nos couleurs jusqu'à la fin bien que l'arbitre ait continué à faire son sale boulot", a déploré en zone mixte la Camerounaise Raissa Feudjio. Et d’ajouter : "Depuis le début de la compétition, on ne fait que se plaindre des arbitres. S'il y a le VAR c'est pour tout le monde, mais là, on a l'impression qu'ils sont contre les pays africains et c'est honteux pour une Coupe du monde."

Outre la sélection camerounaise, l’Allemagne, par la voix de sa sélectionneuse Martina Voss-Tecklenburg, a exprimé son mécontentement concernant l’utilisation de l’assistance vidéo : "Les nombreuses interruptions sont émotionnellement difficiles. Peut-être qu'on va arriver à un processus où tout va aller un peu plus vite, la communication et la décision."


Victimes d'un penalty très généreux accordé aux Pays-Bas en toute fin de match en huitième de finale (2-1) causé par une main involontaire de Kumagai dans la surface et confirmé par le VAR, les Japonaises déplorent cette décision mais l'acceptent avec philosophie, à l'instar de la sélectionneuse du Japon, Asako Takakura : "Le VAR existe. Parfois, des décisions cruelles ont été prises dans d'autres matches. Aujourd'hui contre nous, j'en suis vraiment désolée. Il  faut regarder de l'avant et accepter cette décision."

Je dois admettre que quelques erreurs ont été commises.Pierluigi Collina, responsable de l'arbitrage à la FIFA.

Pour les Bleues, hôtes de la compétition, les décisions assistées du VAR ont été le lot quotidien de leurs rencontres. Ainsi, après le but refusé face à la Corée, les Françaises se sont vues accorder un penalty face à la Norvège (2-1), avant un autre contre le Nigeria, donné à retirer à Wendie Renard grâce à la vidéo (1-0).


Interrogé sur le sujet avant les huitièmes de finale, Pierluigi Collina, longtemps considéré comme le meilleur arbitre du monde et désormais responsable de l’arbitrage à la FIFA, a concédé quelques erreurs commises lors du tournoi : "Je suis très heureux que le VAR ait très bien fonctionné jusqu'à présent. Après la Coupe du Monde de la FIFA 2018, nos arbitres ont commencé à s'entraîner avec cet outil. (…) Je dois admettre cependant que quelques erreurs ont été commises, et bien que cela soit compréhensible, cela n’aurait pas dû se produire, et je le regrette."

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