Courbis-Anigo, on dirait le Sud

Courbis-Anigo, on dirait le Sud

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LIGUE 1 - Ils se connaissent très bien et leurs retrouvailles, ce vendredi soir à la Mosson à l'occasion de Montpellier-Marseille, s'annoncent forcément très chaudes. Retour sur les histoires de Rolland Courbis et José Anigo, qui disent à la fois beaucoup du sud de la France et de leur secteur d'activité.

De Montpellier à Marseille, le métier d'entraîneur est une question d'urgence. L'environnement a beau ne pas y être le même, le coach reste le premier fusible en cas de mauvais résultats et la victoire ne se savoure jamais bien longtemps au regard d'une hypothétique prochaine défaite. Mais derrière la fonction, il y a les hommes et, tandis que les deux clubs s'affrontent ce vendredi soir à la Mosson, leurs histoires invitent à arrêter le chronomètre pour prendre le temps de raconter. Car les deux techniciens qui seront opposés, l'Héraultais Rolland Courbis et l'Olympien José Anigo, se connaissent comme leurs poches pour avoir suivi des trajectoires parallèles qui, à certains moments, sont parvenues à se croiser. Avec de persistants chants de cigale en fond sonore.

C'est Le Parisien, dans son édition de ce vendredi , qui recueille les anecdotes fourmillant le long de ces deux chemins. Le premier témoignage est celui de Lucky Visciano, conseiller du président d'Endoume en 1991-92, l'année où ce club de quartier a frôlé l'accession en Ligue 2. De Rolland Courbis, l'entraîneur d'alors, débarqué de Toulon avec de premières casseroles judiciaires et sportives accrochées à lui, il dit : "On ne pouvait pas le payer, c'est plutôt lui qui donnait de l'argent à tous." C'est là que le désormais célèbre "coach Courbis" met en application ses méthodes novatrices, comme les footings avec une bouée remplie de sable autour des hanches pour se sentir léger le jour du match. José Anigo est le libéro de cette équipe.

"Contrairement à Anigo, Courbis exerce une vraie fascination sur les bandits"

"On s'est connus bien avant Endoume, aiguille cependant l'actuel entraîneur montpelliérain. En 6e et en 5e, j'allais au collège Nord, à quelques centaines de mètres de chez José, originaire de Consolat." Cela ne pouvait que commencer à l'OM, où ils furent tous deux successivement joueurs puis entraîneurs. Des sortes de cautions locales. Le sulfureux Richard Deruda, condamné notamment pour braquages, est un ami commun de longue date. Son fils Thomas, footballeur professionnel éphémère, est ainsi passé par... l'OM et Montpellier. Courbis et Anigo ont même essayé de le caser à Arles-Avignon en 2011, par l'entremise de Laurent Paganelli. Mais l'histoire a mal fini pour le joueur, trop limité, et le papa s'est fâché avec les deux "tuteurs".

Ces derniers ne jouent toutefois pas dans la même cour. Anigo est un ami d'enfance de Deruda et c'est en tant qu'enfant de cité qu'il a côtoyé quelques voyous. "Contrairement à lui, Courbis exerce une vraie fascination sur les bandits", note un connaisseur du milieu. Jean-Louis Fargette, dit "le parrain du Var", les frères Perletto, le Corse Dominique Rutily, assassiné sous ses yeux en 1995 et dont le frère Alexandre est un proche, Francis le Belge, dont il a fait jouer le neveu, François Vanverberghe, à Toulon... Tous ont côtoyé "Rolland". "Un type drôle. Et malin", estime Anigo. Pour qui "la différence entre les bons entraîneurs et les autres se situe dans le fait d'apporter un plus, dans une forme de charisme. Ça, ça ne s'apprend pas". Ni dans le Sud ni ailleurs.

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