Crash d'avion de Chapecoense : "Personne n'a réalisé ce qui se passait", raconte un survivant

Crash d'avion de Chapecoense : "Personne n'a réalisé ce qui se passait", raconte un survivant
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RÉCIT - Rafael Henzel fait partie des six survivants de cette tragédie qui a fait 71 morts le 28 novembre dernier. Et à L'Équipe, ce journaliste brésilien raconte comment il a vécu ce drame et comment il tente de se reconstruire depuis.

Son état de santé

Rentré au Brésil mi-décembre, le commentateur de Radio Oeste (43 ans) poursuit sa convalescence, entouré de sa famille et ses proches. "Je suis bien, dans la mesure du possible, raconte ainsi au quotidien sportif Rafael Henzel. Les sept côtes fracturées sont en train de cicatriser. Ma pneumonie est guérie, mes poumons son OK". Le journaliste confie aussi qu'il pourra même reprendre son travail d'ici peu et que les cicatrices qui entourent désormais son œil droit sont "comme un trophée".

Une reconstruction psycologique

Evidemment traumatisé par la tragédie à laquelle il a suvécu, Rafael Henzel assure pourtant n'avoir "pas fait de cauchemard de l'accident". Par contre, il confie être "parfois à fleur de peau et très ému" lorsqu'il rencontre des amis ou qu'il revoit "un but de Chapeco (le surnom de Chapecoense, ndlr)" qu'il a commenté. Evoquant un "miracle" pour expliquer sa survie, Henzel estime que "Dieu était présent sur cette coline (lieu du crash en Colombie, ndlr) et qu'il a sauvé six personnes". 

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L'accident

Racontant combien l'ambiance était joyeuse durant ce vol qui devait amener Chapecoense jusqu'à Medellin pour disputer la finale de la Copa Sudamericana (l'équivalent de la Ligue Europa en Amérique du Sud), Rafael Henzel évoque des passagers "heureux jusqu'au bout". "Ceux qui sont morts n'ont rien senti, estime-t-il. Le choc était inattendu et tellement fort que personne n'a souffert, n'a réalisé ce qui se passait". Le journaliste se souvient tout de même que les lumières de l'avion se sont éteintes, mais qu'il n'y a "pas eu de messages d'alerte de la part du pilote, les masques à oxygène ne sont pas tombés, on a été pris par surprise". Quant aux conditions de cette tragédie, due à un manque de carburant dans l'appareil, Henzel réclame évidemment justice. "Si l'équipage n'avait pas les ressources pour faire le plein, pourquoi n'ont-ils pas demandé aux passagers de participer ? On aurait pu se cotiser. On aurait pu réunir 10.000 dollars pour faire une escale, s'emporte-t-il encore. Rien ne justifiait de risquer la vie de tous ces gens. C'est révoltant !".

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