De la lumière au dopage, la carrière semée d’embûches de Samir Nasri

De la lumière au dopage, la carrière semée d’embûches de Samir Nasri

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PORTRAIT - Très vite considéré comme un des plus grands talents de sa génération, Samir Nasri (30 ans), qui vient d'être officiellement suspendu 6 mois pour dopage, aura eu bien du mal à assumer ce statut de future star du foot français. En 13 ans de carrière, il aura alterné le très bon et le moins bon, accompagné de plusieurs polémiques. Retour sur la carrière en dents de scies, et désormais entre parenthèses, d'un joueur au talent exceptionnel mais pas toujours exploité.

Depuis son plus jeune âge, il était présenté comme la future star du football français. Beaucoup l'avaient même inscrit dans la longue lignée des "nouveaux Zidane", au côté des Mourad Meghni et autres Yoann Gourcuff. Plus de treize ans après des débuts remplis d'espoirs, Samir Nasri n’a pas réellement concrétisé les attentes qu’il suscitait. Retour sur l'itinéraire compliqué d'une des plus grandes promesses du football français.


A bientôt 31 ans, le milieu offensif à la technique soyeuse est dans une passe difficile. D'abord sur le pur plan sportif. Il devrait traverser la deuxième partie de saison 2017-2018 sans club, après avoir résilié à l’amiable son contrat à Antalyaspor, où il a notamment côtoyé la légende camerounaise Samuel Eto’o et son pote de la génération 1987, Jérémy Ménez, parti depuis au Mexique.

Pire, selon son avocat, cité dans le quotidien britannique The Telegraph dimanche 25 février, il a écopé d’une suspension de six mois pour dopage. Une information confirmée ce mardi par l’UEFA. Une sanction pour le moins clémente, quand on sait que l’ancien Phocéen risquait plus de 4 ans de suspension pour une violation possible du règlement antidopage.

La nouvelle merveille du Vél'

Pourtant, tout avait commencé comme dans un conte de fées, un certain soir de septembre 2004. Sous la tunique de l’Olympique de Marseille, le "minot" de seulement 17 ans, qui a grandi dans le quartier de la Gavotte-Peyret à Septèmes-les-Vallons, tout près de Marseille, entre à la place de Bruno Cheyrou, face au FC Sochaux. Cinq mois plus tard, devenu entre temps le nouveau chouchou du Vélodrome, il inscrit son premier but avec l’OM, lors d’un succès face au Lille OSC (2-1).


En quatre saisons au sein de la formation phocéenne, Nasri dispute un total de 166 matchs toutes compétitions confondues, pour 12 buts et 29 passes décisives, mais offre surtout une farandole de gestes techniques qui enchantent les supporters marseillais. Très vite, les recruteurs européens n’ont d’yeux que pour la pépite marseillaise et le sélectionneur de l’équipe de France de l’époque, Raymond Domenech, décide de le convoquer avec les grands pour jouer contre la Lituanie et l’Autriche, contre laquelle il honorera sa première sélection en Bleu (1-0), à 19 ans, huit mois et deux jours.

Un passage anglais mitigé

Un an plus tard, le meneur de jeu cède aux sirènes d’Arsenal contre un chèque de 16,8 millions d’euros. Dès son premier match, il permet à son équipe d’arracher la victoire face à West Brom (1-0) grâce à un but inscrit d’entrée. Utilisé comme milieu offensif gauche par Arsène Wenger, Nasri se rend très vite indispensable et dispute 126 matchs avec les Gunners, pour 27 buts et 16 passes décisives. Des performances qui lui vaudront d’être nommé parmi les six prétendants au titre de meilleur joueur de l’année en Premier League, à la fin de l’exercice 2010-2011.


Après trois saisons à Londres, il décide de rejoindre Manchester City, où il jouera 176 rencontres pour 27 buts et 40 passes décisives. Important dès son arrivée, il va progressivement perdre sa place à causes de blessures à répétition et d’une concurrence accrue dans le domaine offensif. Il décide alors de partir en prêt au FC Séville à l’été 2016 pour se relancer. Après une demi-saison très encourageante, il vit une fin d’exercice un peu plus compliquée, plombée de nouveau par des problèmes physiques. Vient alors une expérience express à Antalyaspor, où il n’évoluera que quelques mois.

Nasri et les Bleus, une histoire d'amour complexe

Avec le maillot frappé du coq, Nasri va cumuler 41 sélections pour 5 buts, enchaînant des performances en dents de scie avant de faire parler de lui en célébrant le but face à l'Angleterre durant le premier match de groupe des Bleus à l’Euro-2012 (1-1) en mettant son index sur sa bouche et en s’en prenant aux journalistes français, critiques à son égard. Quelques jours plus tard, après l’élimination des Bleus face à l’Espagne en quart de finale (2-0), il récidive en insultant un journaliste en zone mixte. 


Une attitude qui lui vaudra trois matchs de suspension et qui entraînera plusieurs mois de mise à l’écart des Bleus avant son mea-culpa en avril 2013. Malgré un retour en Bleu en mai de la même année, le petit prince marseillais ne figure plus parmi les premiers choix de Didier Deschamps, en place depuis 2012. Ce dernier décidera de se passer de lui pour le Mondial 2014, au grand dam du joueur - et de sa compagne - qui décidera en août 2014 de mettre un terme à sa carrière internationale.


Alors qu’il cherchait à se relancer notamment du côté de Las Palmas après son départ d’Antalyaspor, la probable suspension de six mois infligée par l’UEFA pourrait donner un sérieux coup de frein à sa carrière, déjà sur la pente descendante.

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