Décès d'Emiliano Sala : comment Cardiff pourrait tenter de ne pas payer le transfert au prix fort

Football
BRAS DE FER - Au lendemain des funérailles d'Emiliano Sala, la réalité des affaires reprend le dessus. Cardiff envisage un recours pour négligence contre le FC Nantes s'il est établi que le pilote de l'avion qui transportait le footballeur ne disposait pas de licence valable. L'enjeu ? Le paiement des 17 millions d'euros convenus au moment du transfert.

Cardiff ne veut pas payer plein pot pour Emiliano Sala. Alors que les obsèques du footballeur se sont tenues ce samedi 16 février dans son village natale de Progreso, en Argentine, le litige autour du paiement des indemnités du joueur n'est toujours pas réglé. Transféré de Nantes à Cardiff le 19 janvier pour 17 millions d'euros, une somme à payer en trois fois, "Emi" est décédé deux jours plus tard en mer à bord d'un Piper PA-46 Malibu, qui devait le conduire au pays de Galles. Un temps mise de côté, suite à l'émotion suscitée par ce tragique accident, la question du règlement du transfert de l'attaquant argentin alimente désormais la chronique.  


Le club français réclame les 6 millions d'euros, qui correspondent au premier des trois versements. Mais les Gallois, qui ont assuré qu'ils paieront la somme due quand "tous les faits" seront tirés au clair, souhaiteraient éviter de payer la totalité du transfert. Pour ne rien arranger, les Gallois doivent gérer en parallèle la question des droits de succession du joueur et la répartition de son patrimoine. Il est ici question du paiement à sa famille de l'intégralité des salaires promis à Sala durant trois ans et demi. Selon le Sunday Telegraph, le formation de Premier League étudieraient toutes les options juridiques qui s'offrent à elle pour ne pas avoir à verser à l'ancienne équipe de Sala les 17 millions d'euros convenus au moment du transfert.

Ainsi, d'après l'enquête menée en interne par les "Bluebirds", il n'est pas établi formellement que David Ibbotson, le pilote de l'avion, disposait d'une licence lui permettant d'opérer un vol commercial avec des passagers. Les Gallois attendraient les conclusions du premier rapport de l'AAIB, le bureau d'enquête britannique, attendu le 21 février, soit un mois après l'accident, pour engager un recours pour négligence à l'encontre du FC Nantes, considérant que Willie McKay, l'intermédiaire qui a reconnu avoir organisé le vol de Sala mais démenti avoir choisi l'avion ou le pilote, travaillait pour le club français. Cela pourrait déboucher, si la faute nantaise est avérée, sur une décote du transfert. Néanmoins, il faudra encore prouver que les Canaris sont responsables, eux qui ont depuis le début de l'affaire assuré n'avoir rien à voir avec la gestion du vol.

Un transfert artificiellement gonflé ?

Bien décidé à ne pas payer l'intégralité de la somme promise à Nantes, Cardiff entendrait démontrer que le transfert du buteur argentin, bien que traité et officialisé par la Fifa avant sa mort, n'était pas tout à fait finalisé. "Nous pensons que le joueur n'était pas inscrit en Premier League", a avancé Mehmet Dalman, le président du club gallois, au Sunday Telegraph.


Prêt à parer à toute éventualité, Cardiff a aussi sollicité l'aide et les conseils de plusieurs clubs anglais. Le Daily Mail croit savoir qu'un courrier, rédigé par les avocats du club, a été posté il y a plusieurs jours. Celui-ci aurait été motivé par l'email envoyé par Willie McKay à Sala indiquant qu'il s'était servi de l'intérêt d'autres équipes de Premier League - Everton et West Ham sont cités - pour faire monter les enchères. Les Gallois chercheraient donc à savoir si les clubs en question étaient vraiment intéressés. Dans le cas contraire, les dirigeants des "Bluebirds" envisageraient de dénoncer la méthode pratiquée pour ne pas payer les indemnités dues. Un club aurait déjà répondu, niant tout intérêt pour l'Argentin. La bataille juridique entre Nantes et Cardiff s'annonce longue et douloureuse. Tant pis si cela est fait en dépit de la mémoire d'Emiliano Sala.

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