Déconfinement : maintenant que toute l'Europe rejoue, quelle reprise pour la Ligue 1 ?

Déconfinement : maintenant que toute l'Europe rejoue, quelle reprise pour la Ligue 1 ?
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FOOTBALL - Dans la foulée de l'Allemagne et de l'Espagne, l'Angleterre et l'Italie ont à leur tour annoncé jeudi la reprise de leurs championnats au mois de juin. Ce qui met la France dans l'embarras.

"On est vraiment trop cons." C'est le constat dressé par le président de l'Olympique lyonnais (OL), Jean-Michel Aulas, cette semaine dans les colonnes de L'Equipe, le "on" faisant ici référence à la France et à sa décision de mettre fin à la saison 2019-20 de Ligue 1, contre laquelle le dirigeant mène une lutte de longue haleine, alors que l'essentiel des autres pays européens a préféré attendre, jusqu'à décider de mener à son terme, à partir de juin, l'exercice interrompu par le Covid-19.

En cause en France : le processus décisionnel. Du côté de la Ligue de football professionnel (LFP), on a en effet brandi pendant un mois la déclaration gouvernementale du 30 avril ("La saison de football ne pourra pas reprendre", dixit Edouard Philippe) pour affirmer que l'Etat avait rendu "impossible" la reprise des championnats. Mais jeudi 29 mai, le Premier ministre a renvoyé ce ballon brûlant, lâchant : "Il ne m'appartient pas de me prononcer sur des décisions des ligues et fédérations."

Le débat dépasse, cependant, celui de la seule responsabilité. En Angleterre et en Allemagne, notamment, des voix politiques ont porté pour asséner qu'un week-end de football serait bon pour le moral de la nation. Pendant qu'en France, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a glissé que le sport "ne sera pas prioritaire", s'attirant certaines foudres du monde sportif... Alors, déficit de lobbying, ou exception culturelle d'une France moins passionnée de football ? Peut-être les deux.

Vers une réouverture des stades le 22 juin ?

Quoi qu'il en soit, le résultat est là. Moins touchée que d'autres par le Covid-19, l'Allemagne avait tracé la route il y a dix jours et les trois journées disputées depuis ont montré que, malgré le huis-clos et les célébrations avec les coudes, le football pouvait se faire une place dans l'après-confinement. Puis, avec l'Espagne, l'Angleterre et l'Italie, qui ont tour à tour annoncé une reprise de leurs championnats courant juin, ce sont en revanche trois des pays les plus durement frappés par la pandémie qui vont recommencer à jouer, laissant la Ligue 1 comme seul championnat majeur définitivement interrompu.

La Ligue des champions 2019-20 devant, a priori, elle aussi se terminer en août, le PSG et l'OL, toujours engagés, ont de quoi s'inquiéter d'un différentiel physique par rapport à leurs adversaires. Une certitude : les stades français pourraient théoriquement rouvrir à partir du 22 juin, date fixée par l'exécutif pour un nouveau point d'étape, y compris dans les zones aujourd'hui classées orange, ce qui est valable pour les salles de sport, les gymnases ou les piscines. 

La "dernière suggestion" de Jean-Michel Aulas

Une brèche dans laquelle s'est déjà engouffré l'OL de Jean-Michel Aulas, via un communiqué publié jeudi 28 mai au soir. Le club "attend désormais la confirmation que des rencontres amicales pourront bien être organisées à partir du 22 juin comme annoncé ce jeudi soir". Puis, ce vendredi 29 mai, dans Le Parisien, le président fait "une dernière suggestion : autorisez-nous à nous entraîner le 2 juin, pour ceux qui le souhaitent, et commençons les matchs amicaux en juillet. Si le conseil scientifique ou des statistiques de la pandémie au 15 juin ne le permettent pas, on réformera cette décision".

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Concrètement, Jean-Michel Aulas envisage, à condition que les entraînements soient autorisés le 2 juin, une reprise qui prendrait la forme d'un tournoi amical organisé en juillet. "Il est fondamental que les clubs français puissent commencer à jouer à huis clos début juillet, comme leurs concurrents européens. Il faut autoriser au moins quatre clubs à jouer, les trois qui jouent les finales de coupes nationales, Paris, Saint-Etienne et Lyon. Je rajoute Lille, qui est intéressé par un rôle de partenaire. Ces quatre clubs sont candidats pour jouer en juillet. Il y en aura d'autres, Nantes est intéressé", anticipe-t-il.

Une "reprise en août avec une partie du public"

Une énième demande qui restera lettre morte ? Pas sûr. La reprise chez tous nos voisins européens pèse à présent. Surtout, rappelons que le directeur général de la LFP, Didier Quillot, mis publiquement devant ses responsabilités jeudi par Edouard Philippe, avait, à maintes reprises ces dernières semaines, déclaré dans la presse que ce serait "une difficulté pour les clubs si la France était la seule à avoir pris cette décision (d'arrêter la saison)"... Le ballon, plus que jamais, se trouve dans son camp. 

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La LFP, du reste, a souligné, dans son communiqué, publié peu après celui de l'OL, que "le contexte sanitaire s’améliore mais, le Premier ministre l’a rappelé, la prudence prévaut.  Avec les nouvelles annonces du gouvernement, les entraînements vont pouvoir reprendre courant juin et les clubs vont ainsi préparer au mieux la saison prochaine. La très bonne nouvelle dans les déclarations du Premier ministre, c’est que l’on peut espérer désormais une reprise en août avec une partie du public".

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