Des têtes à en perdre la tête, l'ex-star anglaise Alan Shearer met en avant les risques du football pour le cerveau

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SANTÉ MENTALE - L'ancien avant-centre de l'équipe d'Angleterre et de Newcastle Alan Shearer a révélé avoir de graves problèmes de mémoire. Après avoir pratiqué une batterie d'examens aux résultats "angoissants", il a confié craindre pour sa santé en raison des nombreuses têtes réalisées durant sa carrière.

Peut-on perdre la tête en jouant au football ? C'est ce que redoute Alan Shearer. Connue pour son jeu de tête, qui a très souvent fait mouche outre-Manche, l'ancienne gloire de Newcastle et Blackburn s'est greffée à un débat qui jusqu'ici animait surtout le monde universitaire. La vedette de l'équipe d'Angleterre des années 90 a témoigné à titre personnel de sa situation.

Interrogé par le Daily Mirror, l'ancienne légende des Three Lions a confié craindre pour sa santé après avoir pratiqué une batterie d'examens. "Les résultats des examens sont plutôt angoissants. J'ai une mémoire effroyable, je ne sais pas si c'est parce que je n'écoute pas, mais j'ai vraiment une mémoire très faible", a raconté l'attaquant des Magpies, désormais âgé de 47 ans. "Quand vous devenez joueur de foot professionnel, vous vous attendez, plus tard dans votre vie, à avoir les problèmes de dos, genou ou cheville que je rencontre. Mais jamais je n'ai pensé que le football pouvait être lié à des maladies du cerveau", a-t-il poursuivi.

Il faut être certain que le football n'est pas un sport qui tueAlan SHEARER, ancien footballeur professionnel

"C'est pour ça que des recherches doivent être faites", a plaidé Alan Shearer, l'homme aux 260 buts en 18 saisons de Premier League (le championnat d'Angleterre, ndlr), arguant que les "autorités" du football avait été "réticentes à chercher des réponses". "Pour chaque but que j'ai marqué de la tête, j'en ai réalisé mille à l'entraînement. Cela me met donc en danger s'il y a un lien" entre têtes et problèmes au cerveau", s'est-il inquiété dans les colonnes du quotidien britannique avant de dire tout haut le fond de sa pensée. "C'est un sport dur, c'est un sport brillant, mais il faut être certain que ce n'est pas un jeu qui tue."

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Le jeu de tête, une bombe à retardement ?

Une enquête de la Fédération anglaise ouverte

En février, une étude réalisée par l'University College London Hospital et l'Hôpital national britannique de neurologie et neurochirurgie avait montré que les risques pour les footballeurs de contracter une maladie neurologique pouvant provoquer une démence sont plus élevés que pour le commun des mortels. En septembre 2016, une étude de l'Université écossaise de Stirling démontrait, elle, que le jeu de tête pouvait avoir un impact significatif sur les fonctions de la mémoire et du cerveau. En mai, la Fédération anglaise avait autorisé l'ouverture d'une étude sur les possibles liens entre jeu de tête et lésions cérébrales.

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