Deschamps, l'ultralucide

Deschamps, l'ultralucide

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EQUIPE DE FRANCE - A deux mois de la Coupe du monde, metronews était allé à la rencontre de Didier Deschamps. Ambitions, liste des joueurs qu'il emmènera au Brésil... le sectionneur nous avait tenu un discours déterminé, sans fard ni paillettes.

Il n'est pas là pour vendre du rêve. Lorsque vous interrogez Didier Deschamps sur les objectifs des Bleus au Brésil, il lâche : "Gagner le premier match face au Honduras le 15 juin". Pas de langue de bois travaillée ou de prudence exacerbée, DD cultive juste ce réalisme italien qu'il a fait sien à la Juventus Turin, du temps où il était milieu de terrain. Quitte à paraître aussi froid que les montagnes du Piémont. "Vous dire que la France va être championne du monde, ce serait mentir, explique celui qui a brandi le fameux trophée en 1998. La réalité, c'est que l'on n'est pas dans le Top 8 mondial."

Un constat qui n'émousse pourtant pas cette obsession de la victoire qui caractérise le sélectionneur. "Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas battre une équipe plus forte que nous, rappelle-t-il. On l'a montré face à l'Ukraine, on est capable du meilleur comme du pire". Deux matches de barrages en novembre dernier qui ont envoyé les Bleus au Brésil (défaite 2-0 à Kiev et victoire 3-0 au Stade de France). Deux rencontres qui ont changé la trajectoire de ce groupe. "Jusque-là, les joueurs n'avaient pas forcément un lien positif avec l'équipe de France. Là ils l'ont", estime le sélectionneur.

"Je ne suis pas plus à l'abri de problèmes disciplinaires que me prédécesseurs"

Un acte fondateur sur lequel Deschamps compte s'appuyer pour la Coupe du monde . "On part là-bas avec le devoir de vivre et de faire vivre au public français de belles émotions", confie celui qui a gardé de l'OM, club où il a joué et entraîné, ce rapport passionné que Marseille nourrit avec le football. Même si très rapidement, le pragmatisme transalpin reprend ses droits : "Les joueurs vont aussi devoir beaucoup donner dans leur engagement et leur enthousiasme à représenter la France".

Car Deschamps sait que les fantômes de Knysna, cette "trace indélébile" comme il l'a définie, planent toujours au-dessus des Bleus. "Je ne suis pas plus à l'abri de problèmes disciplinaires que mes prédécesseurs", prévient-il. D'où toute la minutie qu'il a pris à choisir les joueurs qu'il emmènera au Brésil et dont il donnera l'identité mardi soir. Des décisions basées sur leurs performances mais aussi sur leur capacité à se fondre dans un collectif durant un mois de compétition. "Je vais faire des malheureux, mais j'ai des choix d'hommes à faire, anticipe Deschamps. C'est ma responsabilité, je l'assume." En toute lucidité.


 

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