Didier Poulmaire : "Le rachat de l'OM ? Un investissement attractif"

Didier Poulmaire : "Le rachat de l'OM ? Un investissement attractif"
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FOOTBALL – Au lendemain de l’officialisation de la mise en vente de l’Olympique de Marseille, Didier Poulmaire, avocat d’affaires spécialisé dans la restructuration des clubs, a analysé pour metronews la situation de l'OM. Si certains estiment le club marseillais comme invendable, l’ancien avocat de Yoann Gourcuff, qui avait évoqué en mars l'intérêt d'un investisseur américain, préfère mettre l’accent sur les nombreux atouts de l’Olympique de Marseille et souhaite mettre les supporters marseillais au cœur du futur projet de reprise.

Pressentie depuis plusieurs mois, la mise en vente de l’Olympique de Marseille a été officialisée mercredi après-midi par Margarita Louis-Dreyfus, la propriétaire de l’OM. Au regard de la situation économique et sportive du club phocéen, sera-t-il complexe de trouver un repreneur fiable ?
Pour moi, ce n’est pas un club qui est difficile à vendre. Au contraire. L’Olympique de Marseille a des atouts que peu de clubs européens ont aujourd’hui. Il a une marque qui rayonne partout en Europe. Il a un stade, récemment rénové, qui est un écrin et qui est capable d’accueillir beaucoup de monde. La localisation du club permet d’attirer beaucoup de joueurs. Ils apprécieront l’environnement et la qualité de vie. En revanche, le club brigue un projet et un dossier de reprise qui doivent être à la hauteur de son histoire et de son palmarès. L’OM a certes besoin d’argent, mais il a surtout besoin d’un projet de qualité qui tient la route. Le foot français a trop souvent eu affaire à ce problème.

Mais compte tenu du climat tendu qui règne à l’OM et dans les tribunes du stade Vélodrome où certains supporters ont voulu pénétrer sur la pelouse lors du dernier match contre Bordeaux, certains investisseurs ne risquent-ils pas d'être freinés ?
Je ne pense pas. Si ce point freine des investisseurs, ils feraient une erreur d’appréciation. Aujourd’hui, la force de l’OM, c’est son public. Prenons l’exemple anglo-saxon où les franchises se constituent en fonction du bassin de population et de supporters. Dans le cas de Marseille, il y a même un double avantage : un bassin de population lié au club qui est très fort, mais vous avez surtout un rayonnement de la marque qui va bien au-delà de la région. Les supporters marseillais sont éparpillés dans toute la France. Je vais à l’encontre des idées reçues, mais les supporters marseillais sont un des actifs forts de l’OM.

"La reprise de l'OM doit permettre de créer un mouvement de socios"

Le fait que l’OM reprenne la main sur les abonnements, gérés depuis des années par les groupes de supporters du club, est-ce susceptible de rassurer un futur actionnaire ?
Oui, c’est un point très positif. Mais cette reprise de l’OM doit permettre d’instituer et de créer un premier mouvement de socios digne de ce nom. Si on ne le fait pas à Marseille, je ne sais pas où on pourra le faire. Je ne dis pas qu’il faut mettre les supporters à la table des négociations mais je pense qu’il serait bon pour l’avenir du club que les supporters et la Mairie, propriétaire du Vélodrome, soient associés à ce projet. Si les différentes parties valident ce projet de reprise, il y a plus de chances d’y arriver que si on leur impose un projet qu’on ne leur a pas présenté. Il y a vraiment moyen d’intéresser et d’associer les supporters à la vie du club. Ce serait une erreur de les laisser de côté.

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Malgré l’officialisation de la mise en vente, l’OM ne doit surtout pas se précipiter dans le choix de son futur investisseur, comme il a pu le faire par le passé…
Je ne dis pas que c’est un dossier difficile, je préfère parler de dossier complexe. La complexité vient du fait que vous avez des paramètres locaux qui sont forts. Vous avez des expériences, notamment celle de Jack Kachkar, qui ont été extrêmement difficiles pour le club. Il est important de ne pas reconduire du Kachkar bis ou du Mammadov bis. L’Olympique de Marseille mérite mieux, de retrouver l’élite, la Champions League. Le football français a besoin de remettre l’OM au niveau auquel il l’a fait rêver. Si la reprise de l’OM échoue, ça pourrait faire du mal au football français. On a besoin, en France et en Europe, de retrouver un OM rayonnant.

"Je suis là pour défendre l'idée que l'OM présente un projet de qualité"

Vous aviez évoqué au mois de mars l’intérêt d’un investisseur américain, Franck Mc Court, ancien propriétaire de la franchise de baseball des Los Angeles Dodgers, pour la reprise de l’OM. A l’heure où l’on se parle, ce dossier a-t-il connu une avancée notable ?
Je travaille avec un certain nombre d’investisseurs et mon activité se concentre sur la restructuration des clubs. Et à cette époque, j’avais proposé une solution, un schéma de transition de reprise qui semblait réunir toutes les conditions. Il peut y avoir un ou plusieurs investisseurs qui rentrent dans ce cas de figure. Le nom de Franck Mc Court avait été évoqué, mais c’est un nom parmi tant d’autres. Il ne m’a jamais dit "Je suis intéressé par l’OM". Dans ma position, je me suis dit que s’il y avait bien un club qui pouvait représenter une belle opportunité pour une personne qui a conscience des contraintes du football, c’était l’OM qui correspond à un très beau dossier d’investissement. Même s’il est malmené sportivement, le club de Marseille reste attractif. On peut se dire qu’a fortiori, si l’OM venait à briller, ça serait un actif valorisable. C’est un investissement attractif, s’il est bien mené. Je suis là pour défendre l’idée que l’OM présente un projet de qualité.

Depuis l’officialisation de la mise en vente de l’OM, de nouveaux investisseurs vous ont-ils fait part de leur intérêt pour le rachat du club ?
J’ai la possibilité d’évoquer ce dossier avec les investisseurs avec qui je travaille, notamment des investisseurs étrangers. Je pense être porteur, tout du moins sur le schéma juridique de transition. Pour l’instant je ne peux pas en dire plus, mais j’ai comme l’impression que le moment est venu d’envisager très sérieusement ce que peut être l’avenir de l’OM. C’est un moment intéressant pour le football français. S’il m’est donné l’opportunité de rencontrer Margarita Louis-Dreyfus, ça serait bon signe. J’espère que ça se présentera.

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