Disparition d'Emiliano Sala : au-delà du drame humain, c'est aussi une histoire de gros sous

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La disparition du footballeur Emiliano Sala

LITIGE - Plus de deux semaines après la disparition de l'avion qui transportait Emiliano Sala de Nantes à Cardiff, la question du règlement de son transfert de Nantes à Cardiff fait couler beaucoup d'encre. Les Canaris réclament le paiement des 17 millions d'euros. Les Gallois, eux, paieront quand "tous les faits" auront été tirés au clair.

L'argent est le nerf de la guerre. Après l'émotion et la désolation suscitées par la disparition de l'avion transportant le footballeur Emiliano Sala et son pilote David Ibbotson au-dessus de la Manche le 21 janvier, dont l'épave a été localisée le 3 février à 67 mètres de profondeur et un corps retrouvé puis identifié comme étant celui de l'attaquant argentin, le foot business reprend ses droits. Transféré de Nantes à Cardiff le 19 janvier pour 17 millions d'euros, à payer en trois fois, l'attaquant argentin a disparu deux jours plus tard en mer à bord du Piper PA-46 Malibu. Il n'a donc pas disputé la moindre rencontre sous ses nouvelles couleurs. 

Pourtant, la question du règlement de son transfert cristallise les tensions entre les intermédiaires impliqués. Mercredi 6 février, BBC Wales a révélé que le FC Nantes a fait pression sur Cardiff en réclamant le paiement du premier versement d'une partie du transfert sous dix jours, menaçant d'une action en justice si la transaction financière n'était pas effectuée dans les délais impartis. Sur le papier, les "Bluebirds" sont obligés de régler leur dette au club français, puisque les trois parties se sont engagées contractuellement. Mais, dans les faits, l'affaire Emiliano Sala est plus sensible et complexe qu'on ne le pense.

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Cardiff paiera "quand ce sera le bon moment"

Dans ce dossier, chaque partie entend faire respecter ses droits. Il faut ainsi comprendre que Cardiff n'est pas opposé au paiement de l'indemnité de transfert d'Emiliano Sala. Mais le club de Premier League a gelé le premier versement dans l'attente d'avancées concrètes dans l'enquête. Le dernier message envoyé par l'Argentin à bord du monomoteur, peu avant sa disparition, laisse penser que l'avion n'était pas forcément en état. Cardiff a d'ailleurs engagé une première bataille, en contestant déjà toute implication dans l'affrètement du Piper PA-46 Malibu. La formation galloise cherche donc à découvrir s'il y a eu une quelconque négligence dans la préparation du vol et à établir, le cas échéant, les responsabilités de chacun.

Il s'agit pour Cardiff d'une manière de couvrir ses arrières financièrement. Et pour cause, l'actuel 18e du championnat anglais a dépensé plus que les 17 millions d'euros hors bonus annoncées pour signer l'attaquant. À cette somme déjà conséquente, l'indemnité de transfert la plus élevée de l'histoire du club, il faut aussi ajouter 17 autres millions, comprenant les bonus, les commissions aux agents et les trois ans de salaire du joueur. Soit un coût total de 34 millions d'euros. Or, l'assurance contractée par les Gallois ne couvrirait que la moitié du montant, représentant ainsi une perte sèche de 17 millions d'euros. 

"Surpris" par l'action de Nantes, Mehmet Dalman, le président gallois, a répété mercredi 6 février que Cardiff attendra la fin de l'enquête avant de prendre en charge le paiement du transfert. "La seule chose que je peux dire, parce que c'est un sujet sensible, c'est que ce qui a été dit (que Cardiff n'a pas effectué le premier versement, ndlr) est vrai", a-t-il déclaré dans les colonnes de L'Équipe. "(Nous paierons) quand nous penserons que ce sera le bon moment. Je ne pense pas que Cardiff ait dit que que nous n'allions pas payer." Déjà en difficulté sportivement et privé de sa recrue, le club craint pour sa santé financière.

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Des créanciers qui s'impatientent

Sauf que, dans le camp d'en face, Nantes ne l'entend pas de cette oreille. Le club français souhaite récupérer les 6 millions d'euros, qui correspondent au premier versement des indemnités dues pour le transfert d'Emiliano Sala. Les documents ayant été traités par la Fifa lundi 21 janvier dans l'après-midi, quelques heures avant l'accident tragique, les Canaris réclament le règlement immédiat de la somme. Une facture a même été envoyée à Cardiff dès l'enregistrement via le logiciel ITMS de l'instance internationale du football. Ce premier versement était prévu avant la fin du mois mais le FCN n'a toujours rien reçu à l'heure où nous écrivons ces lignes. Légitimement, la direction nantaise s'est d'ailleurs entourée de deux avocats pour étudier les recours légaux afin d'obliger la formation galloise d'honorer le paiement, sous peine de porter l'affaire devant la Fifa.

Mais Nantes n'est pas la seule équipe à attendre son dû. Le transfert concerne à la fois Cardiff, Nantes et... Bordeaux, son ancien club (2010-2015). Les Girondins, qui ont cédé l'attaquant pour 1 millions d'euros au club de Loire-Atlantique à l'été 2015, doivent par contrat percevoir 50% de la transaction, soit 8,5 millions d'euros. Ils ont néanmoins démenti les avoir réclamé aux Nantais. Les clubs formateurs de Sala sont aussi dans le droit de récupérer une somme à hauteur de 5% de l'opération entre Nantes et Cardiff. Selon toute vraisemblance, on n'a malheureusement pas fini de parler gros sous. 

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