Disparition d'Emiliano Sala : qui est David Mearns, l'explorateur marin qui a retrouvé l'épave de l'avion ?

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PORTRAIT - Après une journée sur la zone de recherches, au large de Guernesey, David Mearns a retrouvé l'épave de l'avion transportant le footballeur argentin Emiliano Sala et son pilote. L'océanographe, qui a déjà découvert plusieurs épaves de navires célèbres, a mené les opérations à la demande de la famille du joueur.

David Mearns est devenu le visage de l'espoir pour la famille d'Emiliano Sala. Pour retrouver la trace du buteur argentin et de son pilote David Ibbotson, les proches de l'attaquant de Cardiff ont fait confiance à l'Anglo-américain de 61 ans. Ce spécialiste de la recherche d'épaves en mer a été mandaté pour diriger les recherches privées au large des îles anglo-normandes, après l'abandon officiel des recherches coordonnées par la police de Guernesey, le jeudi 24 janvier.


Dimanche 3 février au soir, treize jours après la mystérieuse disparition du Piper PA-46 Malibu au-dessus de la Manche, le dirigeant de la société Blue Water Recoveries a mis fin au suspense. Le scientifique marin a indiqué sur son compte Twitter que l'épave du monomoteur avait été découverte par le FPV Morven, son navire équipé d'un sonar à balayage latéral. 

Un CV plutôt bien rempli

Diplômé de géologie et de biologie marine, David Mearns est à la fois un océanographe, un historien et un aventurier. L'explorateur des fonds marins est aussi connu pour être un "chasseur d'épaves", estimé et réputé, qui a aidé à résoudre un certain nombre de grands mystères maritimes. En 2001, il a retrouvé l'un des plus grands navires de guerre britannique, le HMS Hood, torpillé par le Bismarck en mai 1941 avec 1418 hommes à son bord. Avec sa société Blue Water Recoveries, il a localisé en 2008 le croiseur léger australien, HMAS Sydney, coulé le 19 novembre 1941 avec son équipage de 645 hommes. Parmi ses références, il compte également la découverte du Nau Esméralda, vaisseau amiral de la flotte dirigée par Vasco de Gama lors de son deuxième voyage dans les Indes entre 1502 et 1503, qui a sombré après une grosse tempête. Mearns et son équipe l'ont identifié dans les eaux d'Oman en 2015.

Dans sa carrière, "l'écumeur des mers" a aussi joué un rôle déterminant dans des recherches qui ont défié les probabilités. Il a participé à la localisation du SS Rio Grande, l'épave la plus profonde jamais découverte. Le navire de ravitaillement allemand de la Seconde Guerre mondiale, coulé en 1944, a été découvert à 5762 mètres de profondeur dans l'Atlantique sud en 1996.

Un aventurier en quête de trésors

Vétéran de la recherche sous-marine, David Mearns a sillonné dans tous les océans du monde et a voyagé dans plus de 50 pays. En 2000, il expliquait au quotidien Le Parisien vivre de la revente des métaux comme l'aluminium, l'étain ou le cuivre trouvés sur les navires de marchandises qui participaient à l'effort de guerre, en accord avec le propriétaire du bateau. "Remonter un chargement de 4000 tonnes d'aluminium pur, ça veut dire empocher près de 130 millions de francs (19 millions d'euros, ndlr)", racontait le "chasseur de trésors", tout en assurant que "l'intérêt historique d'une épave (était) la chose la plus importante à (ses) yeux."

À la recherche du vol MH370

Sur son site internet, le lauréat du Maritime Media Awards 2018 revendique un taux de réussite de 89%. À l'affût de "gros coups", il a fait la Une en 2017, trois ans après le crash du vol MH370 de la Malaysia Airlines. Il révélait être en discussion avec des proches des 239 passagers disparus pour relancer les recherches. Il estimait qu'il était "inexcusable que l'avion ne soit pas localisé quand (les enquêteurs) savent où regarder et que la technologie est disponible". 

"(C'était) la même chose avec le (HMAS) Sydney. Les gens disaient que c'était 'l'épave introuvable", racontait-il dans l'émission australienne Studio 10 pour étayer son propos. "Ce n'était pas une aiguille dans une botte de foin parce que personne ne savait pas où était la botte de foin, mais à la fin, j'ai retrouvé le Kormoran en 64 heures et le Sydney en 67 heures. Nous avons trouvé les deux navires en un week-end en regardant au bon endroit et avec la bonne technologie". Il l'a de nouveau prouvé en retrouvant, en moins d'une journée, l'épave de l'avion transportant le footballeur argentin Emiliano Sala au large de Guernesey.

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