EDITO - Equipe de France : et sinon, on joue quand ?

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FOOTBALL - A un an de l'Euro 2016, l'équipe de France reste mystérieuse quant à son niveau et surtout ses intentions de jeu. Les systèmes tactiques se multiplient mais ne modifient pas ce constat : les Bleus ne sont a priori pas façonnés pour emballer une rencontre.

La défaite logique encaissée dimanche soir contre la Belgique (4-3) ne pousse pas Didier Deschamps à l'alarmisme. Comme il l'a confié après la rencontre, l'entraîneur des Bleus n'est "pas trop inquiet." Son équipe a encaissé sept buts lors de ses deux dernières sorties au Stade de France (défaite 3-1 contre le Brésil à la fin mars) mais "DD" préfère rester confiant, croire que ses Bleus ont une belle "marge de progression".

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Evidemment, quand il s'agit de savoir dans quels secteurs ses Bleus peuvent progresser, "La Desch" devient moins loquace. Il faut dire qu'on ne lui pose pas forcément la question. Après cette rencontre amicale pré-vacances (il en reste une samedi contre l'Albanie), on pourrait être tenté de réduire l'échec face aux Belges à un manque d'envie. Ce serait un peu trompeur et "DD" lui-même n'a pas voulu emprunter ce chemin. C'eut été, il est vrai, un peu malencontreux pour lui de tenir un tel discours, eu égard à l'autorité qu'il est censé avoir auprès de son groupe.

Valbuena, l'éternel abandonné

Non, Deschamps s'est voulu honnête en évoquant la différence de niveau de jeu entre cette Belgique ( deuxième au classement Fifa ) et la France (neuvième). Mais, bien sûr, il n'est pas entré dans les détails. Tant pis, on fera le compte-rendu de ce qu'il a manqué aux Tricolores sans lui. A commencer par cette absence classique d'idée directrice dans la création du jeu. Une nouvelle fois délaissée au seul Mathieu Valbuena, l'initiative tricolore a paru bien pâle face à des Belges si complets et collectifs.

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Mobile et inspiré à la passe, le Moscovite n'a pas pu rivaliser face au rouleau compresseur adverse, emmené par un Radja Nainggolan des grands soirs. Il faut dire que le milieu de l'AS Roma a pu compter sur un esprit d'équipe et un mouvement fréquent de ses partenaires, ce qui fut loin d'être le cas côté français. L'entrejeu composé de Yohan Cabaye, Blaise Matuidi et Moussa Sissoko n'a jamais réussi (voire même essayé) la moindre accélération par une passe verticale ou une montée imprévue. Il manquait Paul Pogba, a-t-on lu partout, mais même avec le finaliste battu de la dernière Ligue des champions dans ses rangs, cette France à la sauce Deschamps n'a pas toujours su se montrer entreprenante dans le jeu, loin s'en faut.

Un grand match en trois ans

Qu'elle soit disposée en 4-3-3, 4-4-2 losange ou 4-2-3-1 (elle est passée du premier au troisième dimanche), l'équipe de France ne semble pas intéressée par l'idée d'emballer une rencontre. Multiplier les passes, varier le jeu, surprendre son adversaire ou encore réaliser un pressing de tous les instants reflète moins son ADN que cette perpétuelle réflexion tactique qui pousse, sinon à l'attentisme, à réagir avant d'agir. Sous Didier Deschamps, elle n'a d'ailleurs réussi qu'un seul grand match : le barrage retour contre l'Ukraine (3-0), où même Karim Benzema s'était plié à l'obligation du pressing intensif. Une anomalie dans le parcours de Bleus de "DD".

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Capable d'être compacte, rigoureuse en défense et inspirée sur quelques contre-attaques imaginées individuellement (on l'a très bien vu lors du récent Mondial), cette sélection tricolore ne sait (ne veut ?) toujours pas imposer un style à l'adversaire. Difficile, dans ces conditions, de savoir ce qu'elle vaut vraiment puisque ses résultats dépendent quasi-uniquement, du coup, de la qualité des adversaires qu'elle rencontre. Et à l'Euro 2016, une compétition au niveau plus homogène que la Coupe du monde, elle ne défiera a priori aucune équipe aussi faible que l'Equateur, le Honduras ou encore le Nigeria... S'assoir sur le panache et l'audace au profit d'une dictature du résultat très aléatoire, voilà le triste héritage laissé par Aimé Jacquet. Et ce n'est pas prêt de changer.

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