France-Islande : comment les Vikings en sont arrivés à ne plus faire peur

Football

À L'ARRÊT - Quart de finaliste surprise du dernier championnat d'Europe en France, l'Islande retrouve les Bleus ce lundi (à 20h45) au Stade de France dans le cadre des éliminatoires à l'Euro 2020. Les Vikings vivent depuis plusieurs mois une crise de résultats, loin de l'euphorie de l'été 2016.

Deux ans après, l'Islande est de retour en France. Les Vikings avaient enchanté l'été 2016, grâce à leur combativité hors norme et leur ferveur populaire, en atteignant les quarts de finale pour le premier Euro de leur histoire. La sélection de cette île de moins de 350.000 habitants avait renversé l'Angleterre (2-1) en huitièmes de finale avant d'être stoppée au tour suivant par la France (5-2), future finaliste de la compétition. Dans la foulée de son parcours inattendu, exploit remarquable pour un "Petit Poucet", le petit pays volcanique avait décroché la première qualification de son histoire pour un Mondial, en s'adjugeant la première place de son groupe devant la Croatie, finaliste face aux Bleus, l'Ukraine et la Turquie. 

"C'était la première participation de l'Islande à la Coupe du monde et l'équipe a eu une chance de se qualifier pour les huitièmes de finale jusqu'à la toute fin du dernier match de la phase de poules", se remémorait en octobre dernier Kristján Jónsson, journaliste au Morgunblaðið, l'un des quotidiens les plus tirés d'Islande, interrogé par LCI. "Si les supporters étaient satisfaits de la prestation globale de l'équipe, les joueurs eux étaient un peu déçus car ils auraient voulu sortir de leur groupe."

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Tombés lors du tirage au sort dans la "poule de la mort", avec l'Argentine, le Nigeria et la Croatie, les Nordiques avaient été éliminés dès le premier tour. Après avoir accroché l'Albiceleste (1-1) lors du premier match de Coupe du monde de leur histoire, marqué par un penalty de Lionel Messi repoussé par le gardien Hannes Halldórsson, ils avaient été battus par les Super Eagles (2-0) et les Vatreni (2-1).

Un nouveau cycle post-Mondial

Après le Mondial, un nouveau cycle s'est enclenché. Certes, l'effectif n'a guère évolué. Neuf titulaires du quart de finale de l'Euro 2016 sont du voyage en France cette semaine. La faute sans doute à un vivier qui peine à se renouveler avec seulement 23.000 licenciés. Mais si ça n'a pas bougé au pied, il y a eu du changement à la tête du volcan. Heimir Hallgrímsson, promu co-sélectionneur en 2014 avec Lagerbäck avant de prendre seul les rênes de l'Islande après l'Euro 2016, a quitté son poste en juillet dernier en dépit de la volonté de sa Fédération de le voir prolonger. Erik Hamrén, sélectionneur de la Suède de 2009 à 2016, lui a finalement succédé avec l'ambition, sans renier le passé, d'enclencher une nouvelle dynamique.

Ses premiers mois à la tête des "Garçons" ("Strákarnir okkar" en VO) n'ont pas été faciles avec, pour débuter, une humiliation à Saint-Gall face à la Suisse (6-0), une première depuis le 6 octobre 2001 contre le Danemark. "Pour sa première sur le banc, l'équipe a fait un match terrible", concède le journaliste islandais, Kristján Jónsson, qui trouve toutefois des circonstances atténuantes. "Il manquait des joueurs clés comme Jóhann Guðmundsson, Alfreð Finnbogason (le premier buteur islandais de l'histoire en Mondial, ndlr) ou encore le capitaine Aron Gunnarsson, qui est le leader de l'équipe et très important au milieu." Trois jours plus tard, les Islandais se sont à nouveau inclinés à domicile face à la Belgique (3-0).

Deux déculottés qui ont laissé quelques traces. "Les gens sont inquiets notamment après le 6-0 concédé en Suisse. Les Islandais ont pratiquement abandonné et ça ne leur ressemble pas. C'est inhabituel", estime Kristján Jónsson. "Après concernant la Belgique, on savait que c'était une équipe beaucoup plus forte. L'Islande n'avait pas beaucoup de chances." Si un nul en amical (2-2) en France a redonné du baume au cœur à tout un pays, la suite n'a pas été plus reluisante contre la Suisse (1-2) et en Belgique (2-0).

Une victoire pour stopper la série noire

Incapables de gagner depuis le 14 janvier 2018, et un succès face à la modeste équipe d'Indonésie (4-1), les Islandais a enchaîné douze matches (neuf défaites et trois nuls) sans triompher. "L'Islande est dans le creux de la vague mais les rencontres cette année ont aussi été difficiles. Lors des cinq derniers matches, l'équipe a affronté cinq équipes supposément plus fortes : l'Argentine, le Nigéria, la Croatie, la Suisse et la Belgique", analysait en fin d'année le journaliste au Morgunblaðið. Les "Strákarnir okkar" ont finalement attendu plus d'un an pour regoûter à la victoire le 22 mars lors de leur premier match des éliminatoires à l'Euro 2020 mais ont peiné pour venir à bout d'Andorre (0-2), 132e nation mondiale au classement Fifa.

Au-delà de cette panne inquiétante de résultats, c'est l'état d'esprit de l'équipe qui est remis en question. Où sont passées la solidité et la solidarité qui faisaient la force de l'Islande jusqu'alors ? Pas vraiment rassurant à l'heure de retrouver les Bleus, ce lundi soir (20h45) dans le cadre des éliminatoires à l'Euro 2020. "Il y a un profond respect des Islandais pour la France. Encore plus après leur victoire en Coupe du monde", avouait Jónsson. "Les joueurs français sont bien connus en Islande, notamment ceux qui évoluent en Angleterre chaque week-end." Après avoir accroché les Bleus en octobre dernier, les Vikings auront à cœur de ramener du Stade de France un résultat du même acabit. Histoire de repartir du bon pied.

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