Equipe de France : "Après l'attentat de 1995, gagner était une mission", se souvient Vincent Guérin

Equipe de France : "Après l'attentat de 1995, gagner était une mission", se souvient Vincent Guérin

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INTERVIEW – Les joueurs de l'équipe de France joue mardi soir à Wembley une rencontre amicale face à l'Angleterre. Un moment bien futile au regard des attentats qui ont touché de plein fouet Paris et Saint-Denis, le vendredi 13 novembre. Il y a vingt ans, comme eux, Vincent Guérin disputait un match de qualification pour l'Euro 96, moins d'un mois après l'attentat à la bombe de Saint-Michel. Il nous raconte ces instants forcément particuliers.

Vincent Guérin, l'ancien milieu de terrain international (19 sél.) faisait partie de l'équipe de France qui, vingt-deux jours après l'attentat du RER B perpétré le 25 juillet 1995 à la station Saint-Michel, affrontait la Pologne en qualification à l'Euro 96 au Parc des Princes. Alors que les Bleus joue en Angleterre, ce mardi en amical, soit quatre jours après les attentats de Paris et de Saint-Denis, nous lui avons demandé dans quelles dispositions psychologiques se trouvait un joueur de foot dans un tel contexte.


Vous aussi en 1995 aviez dû jouer une rencontre malgré l'attentat du RER B à la station Saint-Michel qui avait fait 8 morts et 117 blessés. Un joueur professionnel peut-il faire abstraction d'un attentat ?
Même si on est footballeur, on n'en reste pas moins homme et on est évidemment perturbés par ces tragédies. Ça m'est arrivé en 1995 et je me souviens aussi de notre réaction après l'attentat à la bombe à Manchester au tout début de l'Euro en 1996 (revendiqué par l'IRA, ndlr). Là, en plus, nos femmes étaient présentes en Angleterre, mais fort heureusement, il n'y avait pas eu de décès (212 blessés, ndlr). Ce genre d'événement fait forcément gamberger mais il ne faut pas non plus se poser trop de questions. La vie doit reprendre ses droits.


Tous les joueurs étaient-ils sur la même longueur d'ondes ?
Il y avait des discussions entre nous mais oui, la cause commune, c'était de continuer à jouer malgré tout. On s'était dit qu'après l'attentat, il fallait honorer la mémoire de ceux qui étaient partis et gagner cette rencontre pour eux (les Bleus arrachèrent le nul 1-1 à la 86e, ndlr). C'était un devoir, une mission.

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Vous souvenez-vous de ce qu'avait pu dire Aimé Jacquet, alors sélectionneur des Bleus, pour motiver les troupes ?
Non. On a surtout parlé entre nous, joueurs, et on n'est pas resté là-dessus très longtemps. L'objectif, c'était d'évacuer le plus rapidement possible ce dramatique événement pour rebondir et aller de l'avant. Il fallait continuer à vivre, c'était le credo qu'on se répétait à l'époque.

Les joueurs actuels peuvent-ils avoir la tête à jouer au football ?
Il faut parvenir à renouer avec son quotidien sans pour autant occulter ce qui s'est passé. Il ne faut pas vivre sous le diktat de ces fous. Et globalement, les sportifs ont cette force de caractère qui leur permet de basculer rapidement vers l'avenir. 

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