Equipe de France - Deschamps : "Les gens vont me prendre pour un fada"

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FOOTBALL - Alors que l'équipe de France reste sur deux défaites cinglantes à domicile contre la Belgique (3-4) et le Brésil (1-3), Didier Deschamps s’est voulu réaliste, vendredi après-midi en conférence de presse. Le sélectionneur des Bleus attend une réaction en Albanie, samedi (coup d'envoi à 18 heures), "pour bien finir" la saison.

Que retenez-vous de la saison qui s’achève et quels sont les axes de progrès pour l’Euro ?
Il y a un dernier match. Le bilan, on le fait après le dernier match, ça aura une incidence sur le bilan. On aura eu dix matches, avec de grandes nations pour être dans la difficulté, et dans nos matches de poule, cela s’est plutôt bien passé. C’est vrai que quand on sort d’une défaite contre la Belgique 4-3 et le Brésil 3-1, on a du mal à trouver des points positifs. Depuis le début de l’année avec ces deux défaites, on n’a pas été aussi performants qu’à l’automne. Si je me mets à dire qu’on a progressé, en France on va me prendre pour un fada mais on a rencontré deux équipes nettement supérieures (Brésil et Belgique) . On a un dernier match pour bien finir.

Paul Pogba va effectuer son retour et vous avez déclaré cette semaine qu’avec lui "ça change(ait) beaucoup de choses". Est-ce qu’on n’attend pas trop de lui ?
C’est vous qui faites et qui défaites. C’est un joueur important qui dépend du collectif. Je ne lui en demande pas trop. Après, ça peut être excessif, dans un sens comme dans l’autre. C’est un joueur du présent, jeune, qui a été performant en Coupe du monde avec l’équipe de France. Je ne lui en demande pas plus qu’à un autre mais il a un profil et un jeu qui peuvent bonifier l’équipe même s’il n’est pas seul. En valeur individuelle, c’est un plus.

"Le danger de changer du club ? Cela dépend d'où ils vont..."

Il y a deux ans, la tournée en Amérique du Sud avait plombé le moral du groupe. Ne craignez-vous pas un scénario similaire en cas de contre-performance samedi ?
Avant, on nous faisait remonter à 5 ans en arrière (le fiasco du Mondial-2010, ndlr), on a éliminé ça, c’est déjà pas mal. Quand on sort d’une contre-performance, l’idéal c’est de rebondir derrière, collectivement et individuellement. Il faut se focaliser uniquement sur le match et cette équipe d’Albanie, qui a beaucoup de qualités et l’a prouvé à Rennes au match aller où elle nous a fait souffrir.

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De nombreux Bleus sont susceptibles de changer de clubs cet été. Y a-t-il un danger pour l’équipe de France avant l’Euro et en discutez-vous avec eux ?
C’est un risque individuel pour eux. Cela dépend où ils vont et la situation sportive dans laquelle ils peuvent se trouver. Ils le savent. J’en ai discuté avec certains. Dans l’année qui nous amènera à l’Euro, il y a un choix sportif important à faire. Il ne suffit pas d’avoir du temps de jeu, il faut aussi être performant. En janvier 2016 et sur les 5 mois qui précéderont le Championnat d’Europe, c’est important de garder un rythme. Parce que qui dit rythme dit confiance, automatismes.

"Les gens peuvent regarder notre première période et basculer sur les filles"

En quoi la vie commune du groupe à la Coupe du monde est-elle utile pour la préparation de l’Euro et quels sont les progrès encore à faire d’ici là ?
Il n’y a rien qui remplace le vécu. A travers une grande compétition comme la Coupe du monde, il y a ce qu’on a fait sur le terrain et la vie de groupe parce qu’on est resté six semaines ensemble. Les joueurs se connaissent et s’apprécient. Ils ont des habitudes et des lignes directrices sur l’entraînement et la vie de groupe. De ce côté-là, je n’ai pas à intervenir et si je n’interviens pas c’est plutôt bon signe. En ce qui concerne les progrès, on vient de perdre 4-3 contre la Belgique, on en a pris 3 contre le Brésil. Si je me mets à dire qu’on a progressé, en France on va me prendre pour un fada. Ce n’est pas la meilleure période pour dire qu’on a fait des progrès. On en a surtout à faire.

Vous allez jouer quasiment au même moment que l’équipe de France féminine...
On souhaitait jouer à 17 heures et ce n’était pas possible. On est désolé. Les gens peuvent regarder notre première période et après ils peuvent basculer (sur l’autre match, ndlr).

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