Equipe de France : Didier Deschamps est (presque) prophète en son Pays (basque)

Equipe de France : Didier Deschamps est (presque) prophète en son Pays (basque)

REPORTAGE – C’est sous le soleil de Biarritz que l’équipe de France entame sa préparation à l’Euro 2016 via un premier stage de cinq jours. Et forcément, sur place, il est beaucoup question des origines basques du sélectionneur, Didier Deschamps, mais aussi de ce que représente le football dans une ville de rugby.

"BIARRITZ FIERE D’ACCUEILLIR L’EQUIPE DE FRANCE", disent les affiches qui pullulent dans les rues de la ville. Sauf qu'on a appris à se méfier des effets de communication : sur la photo accompagnant ce slogan, quatre des six joueurs mis en avant ne participent pas à ce stage de préparation à l’Euro 2016 au Pays basque. Reste que les places pour les quatre prochains entraînements des Bleus, ouverts au public, ont toutes trouvé preneurs en deux heures mardi dernier. Ce qui indique effectivement un engouement. Là encore, faut-il se méfier des apparences ?

Dans cette ville où un soleil étouffant côtoie les grosses bourrasques du littoral, où les couleurs des bâtisses sont claires et les toits en briques rouges, où les plus jeunes se mêlent aux plus vieux, et où le rugby et le surf sont bien plus ancrés dans la culture locale que le sport intronisé roi à peu près partout ailleurs, il faut bien se garder des conclusions hâtives. Alors on a commencé par aller faire un tour du côté du stade Aguilera, l’antre du Biarritz olympique (BO), où les hommes de Didier Deschamps commenceront à s’entraîner dès mercredi.

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"Bof, nous le foot, c’est pas notre truc, on est très rugby par ici", nous lance, sans surprise, l’un des employés du bar officiel du BO, jouxtant l’enceinte et absolument vide en ce mardi après-midi. Un collègue tempère : "C’est quand même chouette. On va un peu parler de la ville dans les médias pendant quelques jours, c’est bien pour l’image et pour le tourisme. Et puis des enfants du coin vont s’entraîner avec eux demain (mercredi) matin. C’est le rêve, non ? Surtout que ça va peut-être en pousser certains à s’inscrire au foot dans les clubs locaux, qui en ont bien besoin."

Et puis, en quittant le stade du côté de la rue Henri Haget, à l’ombre des tamaris et de l’ancestrale tribune Serge Kampf, on est tombé sur deux octogénaires particulièrement vifs. "Didier Deschamps, il est du coin ! Il a joué au foot ici ! Et son père a joué au rugby au BO !", assure Claude, sous son k-way noir. Face à lui, Maïté abonde : "Des gens de Bayonne (ville voisine où est née le sélectionneur) disent qu’il aurait dû venir dans leur stade. Mais il a choisi le Regina (l’hôtel où logent les Bleus) pour la Thalasso ! Vous les imaginez faire l’aller-retour tous les jours ?"

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Tous deux se disent "fiers" du parcours de l’ex-capitaine des champions du monde 98, étendard du Pays basque dans sa globalité (un point de vue largement partagé en ville), Maïté avouant même être "déçue de ne pas pouvoir le voir en vrai". Quelques minutes plus tard, déboulera un quadragénaire en sueur à la recherche désespérée de places pour assister à un entraînement. "C’est la seule chose qu’on peut leur reprocher, assène Claude. La FFF aurait dû mieux distribuer les places. Les enfants du BO n’en ont pas eu une seule !" Les licenciés du foot ont en effet été privilégiés.

"Moi, je ne connais que les parents de Didier Deschamps"

Cette dualité, on l’a retrouvée en allant traîner du côté du centre-ville, où les gens déplorent tous le fait qu’il y ait "trop d’argent", que les footeux vivent "coupés de la réalité" et que cela déteigne désormais sur le rugby. Les commerçants biarrots, qui pour beaucoup ont décoré leurs devantures de drapeaux, de ballons et de maillots bleus, espèrent surtout que la venue des Bleus leur permettra de "faire du chiffre".

Même aux terrasses, les gens ne se sont pas montrés plus enthousiastes. "Moi, je ne connais que les parents de Didier Deschamps, parce qu'ils viennent manger tous les dimanches dans mon restaurant à Anglet (ville située entre Biarritz et Bayonne, à proximité de laquelle les Bleus ont fait du VTT ce mardi après-midi, ndlr). Des gens adorables", nous a dit un jeune homme. Avant que son compère, pensif, nous avoue : "Deschamps, il y a une semaine, je ne savais même pas qu’il était basque." Finalement, l’équipe de France a bien fait de venir. 

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