Équipe de France : Didier Deschamps justifie l’absence de Karim Benzema et "n’oublie pas" Éric Cantona

Équipe de France : Didier Deschamps justifie l’absence de Karim Benzema et "n’oublie pas" Éric Cantona
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FOOTBALL – Didier Deschamps, le sélectionneur des Bleus, est longuement revenu, ce lundi, sur le cas Karim Benzema, ainsi que sur « les propos inacceptables » d’Éric Cantona.

Pendant que Manuel Valls créait la surprise (on plaisante) en annonçant sa candidature à la primaire de la gauche depuis Évry, Didier Deschamps, lui, conversait tranquillement avec son ancien coéquipier, Christophe Dugarry, dans les studios de RMC. Le sélectionneur national, ayant troqué le costard pour la veste en cuir, avait le ton apaisé et apaisant de l’homme sûr de son fait, quand il s’est agi d’évoquer, plus longuement que ne le permettent les conférences de presse, le dossier le plus brûlant de cette année 2016 : la mise à l’écart de Karim Benzema.

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L’attaquant du Real Madrid n’est plus réapparu chez les Bleus depuis octobre 2015, et sa mise en examen dans le cadre de l’affaire de la sextape. "Il est sélectionnable, mais une seule personne peut le sélectionner aujourd’hui, c’est moi. Moi, je fais des choix sportifs, que j’assume par rapport à ce que je pense être le mieux pour l’équipe. Je ne discute pas sa qualité. Tu peux penser qu’il a sa place dans le groupe France. Maintenant, savoir ce qui se passera à l’avenir... On s’en est passé à l’Euro et depuis aussi, ce qui n’a pas empêché cette équipe d’être efficace et performante. Aujourd’hui il y a des joueurs que je sélectionne qui répondent à mes attentes et il y a un équilibre dans cette équipe. Je suis attentif à ça", a-t-il argué.

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En clair : Didier Deschamps n’appelle pas Karim Benzema parce qu’il n’a pas, ou plus, besoin de lui. Avant l’Euro, il s’agissait de s’épargner un environnement hostile qui aurait pu déstabiliser son équipe durant le tournoi. Aujourd’hui, l’attaquant paye-t-il ses propos lâchés juste avant le début de la compétition, lorsqu’il avait affirmé que le sélectionneur avait "cédé à une partie raciste de la France" ? "Chacun est libre de dire ce qu’il veut. D’autres m'ont critiqué, comme Gignac ou Lass (Diarra), ça ne m’a pas empêché de les reprendre", a répliqué le coach. Le reprendra-t-il quand l’affaire judiciaire sera terminée ? "Ça ne m’appartient pas. L’avenir le dira."

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On comprend, entre les lignes, que le sélectionneur ne fera plus appel à lui qu’en dernier recours. Et qu’il a la dent dure, très dure. En témoignent ses réponses au sujet d’Éric Cantona, qui l’avait violemment chargé, là encore dans les jours qui avaient précédé l’Euro, l’accusant de ne pas avoir retenu Karim Benzema et Hatem Ben Arfa en raison de leurs "origines nord-africaines", alors que "Deschamps a un nom qui sonne bien français. Personne dans sa famille ne s’est mélangé avec quelqu’un, vous savez. Comme les Mormons en Amérique". Ce lundi, chose rare, DD a bien voulu revenir là-dessus : "Dire que je lui en veux est un faible mot. Je n'oublierai pas. Moi, je suis sélectionneur, je suis prêt à prendre des coups de partout. Après, il y a une limite qu'on ne peut pas franchir, quand on touche à la famille, c'est inacceptable. J'ai pris des dispositions judiciaires et j'irai jusqu'au bout."

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