Équipe de France : Didier Deschamps rappelle un Anthony Martial transformé

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FOOTBALL – En vue du déplacement aux Pays-Bas, le 16 novembre, et de la réception de l’Uruguay, le 20, Didier Deschamps, le sélectionneur de l’équipe de France a appelé ce jeudi Anthony Martial, huit mois après la dernière sélection de l’attaquant de Manchester United… Il ne le reconnaîtra peut-être pas.

"Il n’est pas au niveau auquel il devrait être." Habituellement très précautionneux dans ses prises de parole publique, Didier Deschamps, ce 10 novembre 2016, s’était fait particulièrement cinglant, en réponse à une question sur l’absence d’Anthony Martial, jusqu’alors habitué des rassemblements de l’équipe de France depuis un an. Et qui n’est plus revenu que par intermittences ensuite, tandis que son temps de jeu avec Manchester United s’amenuisait... Mais ça, c’était avant. 

Ça fait des mois que vous (les journalistes, ndlr) me demandez d’aligner Martial. J’ai donc laissé Alexis (Sanchez) de côté. Et j’ai vu.José Mourinho fin août

Aujourd’hui, Anthony Martial fête déjà Noël : huit mois après sa dernière sélection, une fade apparition lors d’un match amical Russie-France (1-3), le voici de nouveau convoqué chez les Bleus ce jeudi, jour où The Sun révèle que son club lui propose un nouveau contrat de cinq ans s’élevant à 50 millions d’euros, avec un salaire hebdomadaire de plus de 210.000 euros.

Pour mesurer d’où revient l’attaquant de 22 ans, présenté au début de sa carrière comme le futur homme fort de l’équipe de France (deux ans avant que Kylian Mbappé ne pointe le bout de son nez), il faut se souvenir des déclarations de son entraîneur chez les Red Devils, José Mourinho, qui l’a pris pour cible à maintes reprises dans ses conférences de presse.

Je suis content parce que Martial accomplit désormais des choses qu’il ne pensait pas pouvoir faire avant.José Mourinho fin octobre

Fin août, alors que les deux hommes ne se parlent même plus, et après une embarrassante défaite à West Ham (3-1), le coach portugais déclare ainsi : "Ça fait des mois que vous (les journalistes, ndlr) me demandez d’aligner Martial. J’ai donc laissé Alexis (Sanchez) de côté. Et j’ai vu. Je continue de penser que Martial n’est pas un joueur très concentré..."

Le 29 octobre, radical changement de ton : "Anthony a tout amélioré ! Il a le même talent naturel qu’il y a un an, mais il a amélioré sa façon de penser le foot, l’entraînement et son rôle dans l’équipe. Je suis très content de lui, de ses progrès. Il y a eu des périodes difficiles, pour lui comme pour moi, car je l’ai beaucoup poussé dans ses retranchements. Mais je suis content parce qu’il accomplit désormais des choses qu’il ne pensait pas pouvoir faire avant. Et il prend une autre dimension."

Quand il avait 15 ans, il ne fallait pas avoir peur de le secouer, ou même le brusquer (rires).Armand Garrido, son formateur à l'OL

Cette transformation se traduit en chiffres : de janvier à mai 2018, Martial n’a pas mis un seul but ; cette saison, il lui a fallu six tirs pour marquer quatre fois, et quatre matchs pour marquer cinq fois ces dernières semaines. Mercredi soir, à Turin contre la Juve, on l’a vu assumer un rôle de leader offensif, faisant une différence sur chacune de ses prises de balle. Et, chose plus rare, défendre avec beaucoup d'acharnement.

Ce qu’il s’est passé entre-temps ? L’attaquant est devenu père une seconde fois cet été, et son entraîneur a donc passé beaucoup de temps sur son dos. Interrogé par LCI au moment de son retentissant transfert à Manchester, contre 80 millions d’euros (bonus inclub) à l’âge de 19 ans, à l’été 2015, Armand Garrido, son formateur à l’OL, nous avait déjà livré les ressorts de cette transformation.

Car le problème ne date pas d’hier : "Quand il avait 15 ans, il ne fallait pas avoir peur de le secouer, ou même le brusquer (rires). Il fallait plus être derrière lui que derrière d'autres. C'est un peu dans sa nature, dans sa manière de vivre. Il ne s'affole jamais. Il fallait souvent aller le chercher et le réprimander. Rien n'était jamais grave pour lui. À ce point-là, c'est rare. Quand il voulait, il était au-dessus des autres. Il y a eu des matchs où il était capable d'exploser la défense à lui tout seul et d'autres où ne le voyait pas... On attendait beaucoup de lui. Peut-être trop. Il avait, en tout cas, un vrai problème de régularité. Très souvent, il fallait bien le bouger." Ce que Mourinho a finalement compris à son tour. Charge à Martial, désormais, de faire durer l’état de grâce au-delà de la convalescence de Thomas Lemar, pour espérer s’installer chez les Bleus.

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