Equipe de France : d'indésirable à titulaire contre la Suède, la rédemption spectaculaire d'Adrien Rabiot

Equipe de France : d'indésirable à titulaire contre la Suède, la rédemption spectaculaire d'Adrien Rabiot
Football

FOOTBALL - Didier Deschamps, le sélectionneur des Bleus, a surpris en convoquant le revenant Adrien Rabiot. Le milieu de la Juventus débutera même le match en Suède de ce samedi 5 septembre. Avec une pression certaine.

Les journalistes présents au Centre technique national du football de Clairefontaine pour capter les images de l'arrivée des Bleus au château lundi 31 août ont remarqué que quelque chose avait changé concernant Adrien Rabiot : pour la première fois depuis qu'il est international, il n'a pas débarqué avec Véronique, sa mère et agente, à un rassemblement. C'est peut-être une simple conséquence du protocole sanitaire lié à l'épidémie de Covid-19. A moins que ce ne soit un choix assumé, une manière symbolique de tourner la page... Quoi qu'il en soit, le milieu de la Juventus débutera vraisemblablement le Suède-France, samedi 5 septembre, en ouverture de la Ligue des nations. Sa dernière sélection datait de mars 2018.

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ADRIEN RABIOT REFUSE D'ÊTRE RÉSERVISTE

Pour mémoire, deux mois plus tard, le sélectionneur, Didier Deschamps, avait choisi, à la surprise générale (Adrien Rabiot a fait partie de toutes les listes en 2017 et 2018), de ne pas inclure celui qui évoluait alors au PSG parmi les 23 joueurs appelés à prendre part à la campagne russe, le reléguant au statut de réserviste. Mais le joueur, vexé, avait refusé de se tenir à disposition en suivant un programme d'entraînement, arguant ensuite, dans une lettre ouverte qui aura fait couler beaucoup d'encre, que ce choix ne répondait à "aucune logique sportive". On connaît la suite : Adrien Rabiot a vu Hugo Lloris soulever la Coupe du monde depuis son lieu de villégiature. Et le coach a pris acte de son refus en le maintenant à l'écart de ses listes suivantes...

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Jusqu'à celle, donc, de cette reprise post-Covid. Ce qui a changé depuis ? "C'est que grâce aux performances qu’il réalise avec son club depuis le début de l’année 2020, cela le positionne de nouveau. Ce qui n’était pas le cas au cours des six premiers mois, et je ne parle pas de la dernière saison au PSG", a répondu le sélectionneur le vendredi 4 septembre. L'intéressé, du reste, n'a pas dit autre chose, la veille en conférence de presse : "Sur ces dernières années j'ai eu des périodes assez compliquées, donc ce n'était pas justifié de revenir en équipe de France", a-t-il en effet considéré. Voilà pour l'aspect purement sportif.

Si vous avez la moindre petite inquiétude sur mon autorité, je peux vous l'enlever dans la seconde, dans le dixième de seconde même.- Didier Deschamps, le 27 août

Reste l'aspect humain, forcément prégnant dans cette affaire. Car on le sait, Didier Deschamps peut avoir la dent dure quand un joueur a une attitude problématique vis-à-vis du groupe : Samir Nasri, voire Karim Benzema, peuvent en témoigner... "Si vous avez la moindre petite inquiétude sur mon autorité, je peux vous l'enlever dans la seconde, dans le dixième de seconde même. Il y a eu d'autres joueurs avec qui y a eu des situations compliquées à un moment, ça ne m'a pas empêché de les rappeler. Si je pense que c'est pour le bien de l'équipe de France", avait expliqué le coach en dévoilant sa dernière liste, le 27 août.

Quand j’entends que je devrais présenter des excuses, je trouve ça un peu bizarre. Il n’y a jamais eu d’affront fait au sélectionneur ou d’agressivité.- Adrien Rabiot, le 3 septembre

"Avec Didier Deschamps, ça se passe très bien. On a eu l’occasion de discuter de ce qu’il s’est passé en 2018. Je préfère garder ce qu'on s'est dit entre nous. C'était une discussion entre sélectionneur et joueur, entre hommes, entre quatre yeux. Mais de mon point de vue, je ne trouve pas qu’il y ait eu de période trouble. Il ne s’est rien passé de personnel entre le sélectionneur et moi. Rien qui ait été mal pris. Quand j’entends que je devrais présenter des excuses, je trouve ça un peu bizarre. Il n’y a jamais eu d’affront fait au sélectionneur ou d’agressivité", a, pour sa part, expliqué Adrien Rabiot.

Ce retour n'est toutefois peut-être pas un cadeau. Le milieu de terrain, devenu un titulaire incontournable à la Juventus (club cher à Didier Deschamps) depuis janvier, après six mois à jouer les doublures de Blaise Matuidi, profite aussi du contexte particulier, et des nombreuses absences à son poste. Il devra cependant confirmer au niveau international, dès ce soir, ce qu'il a peiné à faire lors de ses six premières sélections. "Il reste sur des prestations mitigées en équipe de France et il en a bien conscience", a ainsi pris soin de rappeler Didier Deschamps lors de la conférence de presse de veille de match. Manière de lui mettre gentiment la pression, et de rappeler que ce n'est pas tout d'être appelé. Encore faut-il ne pas se rater. 

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