Équipe de France : la sélectionneuse Corinne Diacre attaquée sur tous les fronts

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FOOTBALL – Tandis que la défenseuse tricolore Wendie Renard révèle dans une autobiographie comment sa relation avec Corinne Diacre s’est dégradée et règle ses comptes, Megan Rapinoe, en marge de la réception de son Ballon d'or, a elle aussi sévèrement critiquée la sélectionneuse des Bleues.

Si le Mondial à domicile a offert au foot féminin une exposition inédite cet été, il s'est conclu, côté français, dans une certaine crispation, autour de la sélectionneuse Corinne Diacre. Laquelle, critiquée durant le tournoi pour la froideur et l’inconséquence de sa communication, avait, en outre, cru bon, dans les jours qui ont suivi l’élimination en quarts de finale face aux championnes du monde américaine, de critiquer publiquement son attaquante Eugénie Le Sommer, accusée sur TF1 de ne pas avoir respecté les consignes tactiques...

Il avait ensuite fallu, au moment d’aborder les éliminatoires de l’Euro 2021 à la rentrée, déminer le terrain, Corinne Diacre étant allée, chose rare, jusqu’à faire amende honorable début septembre. "Je continue à apprendre les codes et les règles de la communication. Personne n'est infaillible, on peut tous faire des erreurs", avait-elle concédé. "Qui ne commet pas d'erreur dans la communication, même au niveau de nos dirigeants ?" Sauf que la communication n’était vraisemblablement que la partie émergée de l’iceberg, comme en témoignent les nouvelles critiques récemment émises à son encontre.

Je n’ai pas compris le système tactique de l’équipe de France face à nous. Mais je suis reconnaissante envers la personne qui l’a mis en place.- Megan Rapinoe, Ballon d'or 2019

Ainsi, en recevant son Ballon d’or lundi, Megan Rapinoe, attaquante star des États-Unis et meilleure joueuse de la Coupe du monde en France (passée par Lyon de 2013 à 2014), a pris la peine, dans un entretien publié mardi par France Football, de dézinguer la sélectionneuse des Bleues sans même la nommer. 

Jugez plutôt : "Eugénie (Le Sommer) et Amel (Majri) font partie de mes joueuses favorites. Je ne comprends toujours pas pourquoi Eugénie a évolué à gauche lors de la Coupe du monde. Elle devait être positionnée plein axe car elle est tellement créative. Ce qui aurait libéré la place pour Amel qui rongeait son frein comme arrière gauche. Je n’ai pas compris le système tactique de l’équipe de France face à nous. Mais je suis reconnaissante envers la personne qui l’a mis en place." Des critiques déjà émises par bien des observateurs, mais jamais pas une adversaire.

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Surtout que l’actuelle meilleure joueuse du monde en a remis une louche concernant la mentalité des Bleues : "Les Françaises ont tellement peur de perdre qu’elles ne s’autorisent pas à gagner. Relax, les filles ! Elles ont peut-être besoin de se détendre ou d’être dirigées par un(e) coach plus débridé(e)." Megan Rapinoe a enfin, dans ce même entretien, considéré Wendie Renard comme "un phénomène absolu", ce qui n’est sans doute pas un hasard au regard du contexte.

Je vous ai dit bonjour, je ne vous ai pas manqué de respect, mais je ne vous donne plus mon visage.- Wendie Renard à Corinne Diacre début 20218

En effet, l’Américaine, comme à peu près tout le monde dans le milieu du football, n’ignore pas que la défenseuse centrale française et la sélectionneuse ne s’apprécient guère. Le conflit larvé avait d’ailleurs ressurgi durant le dernier Mondial et les deux femmes semblaient avoir enterré la hache de guerre. 

"Avec Wendie, on échange beaucoup. On n’a pas toujours été d’accord sur tout, ça fait partie de la vie d’un groupe", avait alors expliqué Corinne Diacre. "Wendie est complètement concentrée sur le jeu, le groupe. C’est quelqu’un de très compétiteur, elle le montre sur le terrain avec des capacités athlétiques qui nous servent beaucoup. Elle commande la défense avec son expérience." Wendie Renard, moins prolixe et plus froide, s'était, elle, contentée d'un : "On discute s'il faut discuter sur le terrain, et en dehors chaque personne fait sa vie."

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Dans Mon Étoile, son autobiographie qui sort ce mercredi (ed. Talent Sport), Wendie Renard livre des détails montrant pourtant qu’un point de non-retour a été atteint, et ce depuis de longs mois. Depuis, en fait, la prise de fonctions de Corinne Diacre, en septembre 2017, moment où la sélectionneuse décide de retirer à Wendie Renard le brassard de capitaine qu’elle porte depuis 2013. 

Décision qu'elle lui a annoncée en ces termes, peut-on lire dans cette autobiographie : "On souhaitait te voir par rapport au brassard, je trouve que tu es à 40% de tes capacités en équipe de France. A Lyon, tu te balades, le niveau est facile, en Coupe d’Europe aussi, mais le niveau international, tu ne l’as pas encore franchi." Sur ce moment, la joueuse écrit : "Je tombe des nues, sonnée. Quatre ans de capitanat balayée en moins de cinq minutes." Mais ce n’est pas tout.

J'ai beaucoup souffert de sa brutalité.- Wendie Renard sur Corinne Diacre

Dans son livre, Wendie Renard raconte cette autre anecdote : "Lors du premier rassemblement de 2018, j'arrive regonflée à bloc. Pour lui dire bonjour, je tends la main à la coach. Je vois immédiatement un changement sur son visage. Elle lâche :’Il va falloir que tu rentres vite dans le rang si tu ne veux pas rester chez toi.’ Après lui avoir fait répéter sa phrase, je lui réponds simplement : ‘Je ne savais pas qu'il fallait faire la bise à la sélectionneuse pour venir en équipe de France. Je vous ai dit bonjour, je ne vous ai pas manqué de respect, mais je ne vous donne plus mon visage.’ Cette décision n'a pas été facile à prendre, j'ai hésité jusqu'à la dernière minute. Mais j'ai beaucoup souffert de son désaveu et de sa brutalité."

Ces révélations auront-elles des conséquences concrètes ? Dit autrement : Corinne Diacre ira-t-elle, cette fois, jusqu’à se passer des services d’une des meilleures défenseuses du monde, qui plus est dans la fleur de l’âge (29 ans) ? Pas forcément, si l’on s’en tient encore à cette autobiographie de Wendie renard, où l’on peut aussi lire : "Ce que je raconte, c'est depuis le début. On a eu plusieurs entretiens, je suis passée à autre chose. (…) J'aime ce pays, j'aime ce maillot. Je l'ai toujours défendu et je continuerai à le faire si j'ai le niveau." Reste, donc, à savoir ce qu’en pense la sélectionneuse.

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